Des échanges de tirs à la frontière entre le Liban et Israël font craindre une escalade

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Capture d'écran de la télévision libanaise Al-Manar montrant de la fumée blanche après des tirs de missiles, près du village libanais de Manour Al-Ras (sud). (AFP)
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Le nord d’Israël a été la cible dimanche de tirs de missiles antichars du Hezbollah, qui ont entraîné une riposte de l’armée israélienne sur le sud du Liban, faisant craindre une escalade entre l’Etat hébreu et le mouvement chiite libanais.

« Des missiles antichars ont été tirés du Liban vers une base et des véhicules militaires. Des cibles ont été touchées », a indiqué l’armée israélienne dans un communiqué.

Le Hezbollah libanais, qui avait promis une riposte à une attaque de drone attribuée à Israël il y a tout juste une semaine, a lui affirmé avoir « détruit » un « véhicule militaire » de l’armée israélienne dans le secteur d’Avivim, dans le nord de l’Etat hébreu, selon sa chaîne TV Al-Manar. Le mouvement chiite a évoqué « des morts et des blessés », mais n’a fourni aucune précision à ce sujet.

L’armée israélienne n’a pas fait état de blessés, ni fourni davantage de détails sur les tirs antichars, mais a demandé à la population vivant dans un périmètre de 4 kilomètres de la frontière libanaise de rester chez elle et d’ouvrir les abris antibombes.

Les militaires israéliens ont aussi bloqué l’accès à la frontière à des journalistes voulant s’approcher.

L’armée israélienne a surtout lancé une riposte avec « des tirs en direction de « la source des frappes » du Hezbollah, dans le sud du Liban, selon un communiqué de l’armée.

D’après l’agence nationale libanaise ANI, « les périphéries de la localité de Maroun al-Ras, dans le secteur de Bint Jbeil, sont la cible de bombardements de l’ennemi israélien qui se poursuivent de manière sporadique ».

Cette localité libanaise se trouve juste en face du village israélien d’Avivim (nord), cible de tirs de missiles antichars d’après l’armée israélienne.

La chaîne du Hezbollah Al-Manar a montré des images de Maroun al-Ras, avec des colonnes de fumée blanche s’élevant au-dessus d’un paysage ponctué de champs et de hameaux.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s’est immédiatement entretenu par téléphone avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et avec un conseiller du président français Emmanuel Macron pour demander « l’intervention des Etats-Unis, de la France et de la communauté internationale face aux développements » à la frontière.

La Finul, force de maintien de la paix de l’ONU déployée dans le sud du Liban à la frontière avec Israël, a elle appelé dimanche à « la plus grande retenue ».

Drones, missiles, menaces

Ces échanges de tirs interviennent sur fond de tensions croissantes entre Israël et le Hezbollah, qui a accusé la semaine dernière l’Etat hébreu d’avoir mené des frappes de drones dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth.

Cette « attaque » a été présentée par le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah comme « le premier acte d’agression » d’Israël au Liban depuis la guerre dévastatrice de 2006 entre l’Etat hébreu et le mouvement chiite armé qui avait fait en 33 jours 1.200 morts côté libanais et 160 côté israélien. 

Le président libanais Michel Aoun avait de son côté évoqué une « déclaration de guerre ».

Dans le même temps, un cadre du Hezbollah, Naïm Qassem, avait toutefois assuré que « l’atmosphère » n’était « pas à la guerre » mais plutôt à une « riposte à une agression ».

De son côté, Israël avait « dévoilé » un plan de l’Iran, via son allié du Hezbollah libanais, visant à transformer des roquettes en missiles de précision pouvant frapper Israël. L’Etat hébreu avait indiqué tenir pour « responsable » le Liban, le Hezbollah opérant sur son territoire.

Selon l’armée israélienne, l’Iran a tenté entre 2013 et 2015 de transporter des missiles de son sol jusqu’au Liban, via la Syrie. Mais des « opérations israéliennes » ont freiné ce projet et Téhéran a modifié son approche en 2016 afin non pas de transporter des missiles, mais de « convertir » des roquettes en missile de haute précision.

« Nous sommes déterminés à empêcher nos ennemis de posséder des armes de destruction (…) et je leur dis: +dir balak+ (Prenez garde, en arabe) », a récemment déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, actuellement en campagne pour les législatives du 17 septembre, qui s’annoncent âprement disputées.

Son principal rival, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, a renchéri samedi soir sur Twitter en appelant le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, à avoir « pitié » du Liban. « Ne pousse pas Tsahal (l’armée israélienne, NDLR) à le ramener à l’Age de pierre », a-t-il écrit.