Iran : Trump renforce les sanctions, mais fait l’éloge de la retenue militaire

Le président américain Donald Trump répond aux questions des journalistes depuis le Bureau ovale. (AFP)
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Les États-Unis ont renforcé vendredi les sanctions contre la Banque centrale iranienne, présentées par Donald Trump comme « les plus sévères jamais imposées à un pays », mais le président américain a aussi défendu la « retenue » militaire après les attaques en Arabie saoudite.


Mise à jour 20/09/2019, 21h22

Les États-Unis ont annoncé vendredi l’envoi de renforts militaires dans la région du Golfe après les attaques en Arabie saoudite attribuées à l’Iran et après l’annonce de sanctions renforcés contre la Banque centrale iranienne, présentées par Donald Trump comme «les plus sévères jamais imposées à un pays».


« On vient juste de sanctionner la banque nationale d’Iran. Cela vient juste de se faire », a lancé le président américain dans le bureau Ovale. « Il s’agit de leur système bancaire central, et c’est des sanctions au plus haut niveau. »

À ses côtés, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a expliqué qu’il s’agissait de cibler « la dernière source de revenus de la Banque centrale d’Iran et du Fonds national de développement, c’est-à-dire leur fonds souverain qui sera ainsi coupé de notre système bancaire ».

« Cela signifie qu’il n’y aura plus d’argent qui ira aux Gardiens de la révolution », l’armée d’élite du pouvoir iranien, « pour financer le terrorisme », a-t-il ajouté.

Ces nouvelles mesures punitives viennent dans le sillage des attaques de samedi dernier contre des installations pétrolières en Arabie saoudite qui, selon Washington, ont été menées par les Iraniens, ce que Téhéran dément. Le président américain avait annoncé dès jeudi que de nouvelles sanctions étaient imminentes, dans le cadre de représailles.

Donald Trump devait réunir vendredi après-midi ses principaux ministres et conseillers pour étudier les différentes options, y compris militaires, pour compléter la réponse américaine à ces attaques.

« Il n’y a jamais eu de pays plus préparé » que les États-Unis à mener des frappes militaires, a-t-il prévenu. « Ce serait la solution de facilité pour moi », « frapper 15 sites majeurs en Iran », « cela ne prendrait qu’une minute » et « ce serait une très mauvaise journée pour l’Iran », a-t-il ajouté.

« Mais ce n’est pas ce que je privilégie, si possible », a-t-il dit.

Le milliardaire républicain a au contraire estimé que la meilleure manière « d’afficher la force » des États-Unis était de « faire preuve d’un peu de retenue ». « La retenue est une bonne chose », a-t-il insisté, assurant avoir fait « changer d’avis à beaucoup de monde » sur le sujet.

Dans le détail, le Trésor américain vise désormais la Banque centrale iranienne et le fonds souverain de l’Iran pour avoir « fourni des milliards de dollars aux Gardiens de la révolution, à sa Force Qods » chargée des opérations extérieures, « et à leur allié terroriste, le Hezbollah » libanais. Ces trois entités sont classées comme « organisations terroristes » par Washington.

La Banque centrale ainsi que l’essentiel des établissements financiers iraniens sont déjà frappés par des sanctions américaines depuis novembre 2018, après le retrait des États-Unis, décidé par Donald Trump, de l’accord sur le nucléaire iranien.

Certains « faucons » de Washington plaidaient toutefois pour que les motifs des sanctions contre la Banque centrale, jusqu’ici liés aux activités nucléaires de Téhéran, soient élargis au financement du terrorisme, afin que ces mesures soient plus difficiles à démanteler en cas d’élection en 2020 d’un président démocrate davantage enclin à renouer le dialogue avec l’Iran sur la question atomique.

Le gouverneur de la Banque centrale d’Iran a lui déjà été personnellement placé en mai 2018 sur la liste noire américaine pour financement du terrorisme.

« Cela prouve à Téhéran que les sanctions américaines ne cesseront pas à moins que l’Iran change de comportement » et « arrête de financer le terrorisme », s’est pour sa part réjoui Behnam Ben Taleblu, de la Foundation for Defense of Democracies, un cercle de réflexion qui plaide pour une « pression maximale » contre le régime iranien.