Les rebelles Houthis du Yémen se disent prêts à la paix avec l’Arabie saoudite

Les Houthis ont revendiqué haut et fort les attaques du 14 septembre contre les installations pétrolières saoudiennes dans l’est du pays qui ont eu pour conséquence de couper par deux la production de pétrole du royaume, premier exportateur du monde, et de provoquer une flambée des prix. [AFP]
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Contre toute attente, les rebelles Houthis du Yémen ont annoncé vendredi soir être prêts à la paix, en arrêtant les attaques contre l’Arabie saoudite, au moment où leur allié iranien fait face à d’énormes pressions pour son implication présumée dans des attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes.

Un de leurs hauts dirigeants a affirmé que les Houthis envisageaient l’arrêt de toutes les attaques contre le royaume saoudien dans le cadre d’une initiative de paix destinée à mettre fin à un conflit de cinq ans.

Dans un discours à l’occasion de l’anniversaire de la prise par les rebelles de la capitale Sanaa le 21 septembre 2014, le président du Conseil politique des Houthis (équivalent au président de la République), Mehdi Machat, a indiqué que ceux-ci envisageaient «l’arrêt de toutes les attaques contre le territoire de l’Arabie saoudite», en espérant que « ce geste aura pour réponse un geste plus fort » de la part des Saoudiens.

Il s’agit, selon M. Machat, dont les propos ont été rapportés par la télévision Al-Massirah des rebelles, d’une initiative «pour parvenir à la paix par le biais de négociations sérieuses en vue d’achever une réconciliation nationale globale qui n’exclut personne».

L’initiative vise, a-t-il ajouté, à «préserver le sang des Yéménites et à parvenir à une amnistie générale».

Elle engage les rebelles à «cesser toutes les attaques contre le territoire saoudien par des drones, des missiles balistiques et d’autres moyens».

Les Houthis ont revendiqué haut et fort les attaques du 14 septembre contre les installations pétrolières saoudiennes dans l’est du pays qui ont eu pour conséquence de couper par deux la production de pétrole du royaume, premier exportateur du monde, et de provoquer une flambée des prix.

Au-delà, cela a ravivé les craintes d’un affrontement militaire entre les États-Unis et l’Iran, accusé par les États-Unis d’être responsable de ces attaques.

L’annonce yéménite est en totale contradiction avec la posture prise jusqu’ici par les Houthis qui étaient dans une position de défiance et qui ont menacé ces derniers jours de lancer de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Conciliants

«Nous attendons de cette initiative une meilleure réponse qui comporte l’arrêt de toutes les attaques et tous les raids aériens de nos territoires», par la Coalition militaire dirigée par l’Arabie, a ajouté le dirigeant rebelle.

«Poursuive la guerre est dans l’intérêt de personne», a ajouté le dirigeant rebelle, en demandant la réouverture de l’aéroport international de Sanaa et l’accès libre au port stratégique de Hodeïda dans l’ouest du Yémen, essentiel pour l’arrivée de l’assistance humanitaire et les importations générales du pays.

Les attaques revendiquées par les rebelles Houthis ont provoqué des incendies dans deux sites dans l’est du royaume saoudien: l’usine d’Abqaiq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais. Elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, soit environ 6 % de l’approvisionnement mondial.

L’attaque a été qualifiée d’«acte de guerre» par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo qui a été envoyé par le président Donald Trump dans la région pour sonder les dirigeants saoudiens et des Émirats sur une possible riposte à l’Iran.

Grands dommages

L’Arabie saoudite a montré pour la première fois vendredi à la presse internationale l’étendue des dégâts sur ses installations pétrolières attaquées, insistant sur sa détermination à rétablir rapidement sa production en dépit de la montée des tensions dans la région.

L’installation de Khurais, dans l’est du royaume, a été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, a déclaré aux journalistes un responsable du géant pétrolier saoudien Aramco qui gère le site, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production du premier exportateur d’or noir et entraîné une flambée des prix.

Dix-huit frappes ont été recensées à Abqaiq (200 kilomètres au nord-est de Khurais), qui abrite la plus grande usine du monde de traitement de brut, selon un autre responsable d’Aramco.

Les journalistes ont constaté lors de cette rare visite du complexe énergétique saoudien que d’énormes réservoirs avaient été endommagés à Abqaiq ainsi que des tours de « stabilisation », servant notamment à séparer le gaz du brut.