Liban: le Hezbollah dit avoir abattu un « drone israélien » à la frontière

La frontière libano-israélienne depuis Maroun-al-Ras, au Liban, après un échange de tirs, le 1er septembre 2019. (AFP)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Le Hezbollah libanais a annoncé lundi avoir abattu un « drone israélien » au moment où celui-ci traversait la frontière avec le Liban, une semaine après une confrontation entre le mouvement chiite et l’Etat hébreu.

Dans un contexte de tensions croissantes au Moyen-Orient, des frappes aériennes dans l’extrême est de la Syrie ont par ailleurs visé des positions de forces iraniennes et de milices alliées, tuant 18 combattants selon une ONG, qui n’a pas été en mesure d’identifier leurs auteurs.

L’armée israélienne a assuré de son côté que des roquettes avaient été tirées « sans succès », dans la nuit, depuis la Syrie vers l’Etat hébreu, ennemi juré de Téhéran et du Hezbollah, qui interviennent militairement au côté du régime syrien.

Au Liban, le Hezbollah a annoncé avoir utilisé « les armes appropriées » contre « un drone israélien au moment où il traversait la frontière » en direction de la localité de Ramieh (sud), selon un communiqué.

« Le drone a été abattu à l’extérieur de la localité et se trouve entre les mains » de combattants du mouvement chiite, selon le texte.

L’armée israélienne a rétorqué qu’un de ses drones était « tombé en territoire libanais » dimanche, sans autre précision sur l’origine de cet incident. Une porte-parole de l’armée a assuré qu’il n’y avait « pas de risque » que d’éventuelles informations du drone puissent être décryptées.

L’incident intervient après une poussée de fièvre il y a une semaine entre l’Etat hébreu et le Hezbollah, marquée par des échanges de tirs à la frontière.

L’organisation chiite avait annoncé le 1er septembre avoir tiré des missiles antichars sur un véhicule blindé dans le nord d’Israël. L’armée israélienne a riposté en bombardant le sud du Liban, provoquant des incendies limités dans des zones boisées.

Drones explosifs

Poids lourd de la vie politique au Liban, le Hezbollah est considéré comme un groupe « terroriste » par Israël et les Etats-Unis.

Il est militairement engagé au côté de Téhéran et du régime de Damas dans le conflit en Syrie, où leurs positions sont régulièrement la cible de bombardements israéliens.

L’escalade des dernières semaines a débuté après une frappe d’Israël en Syrie qui a tué deux combattants du Hezbollah, le 24 août.

Elle a été suivie, quelques heures plus tard, par l’envoi de deux drones chargés d’explosifs contre la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Le mouvement chiite a accusé Israël, qui n’a jamais commenté.

Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait promis une réponse et s’était engagé à abattre les drones israéliens qui entreraient au Liban.

Le mouvement avait indiqué que les tirs du 1er septembre étaient une riposte à la frappe en Syrie, tout en avertissant qu’il allait abattre un drone israélien dans l’espace aérien libanais en réponse à l’attaque sur son bastion de la banlieue sud.

La dernière grande confrontation en date entre Israël et le Hezbollah remonte à la guerre de 2006 qui avait dévasté le Liban et fait plus de 1.200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, en majorité des militaires.

Israël a récemment accusé le Hezbollah et son allié iranien de travailler sur le territoire libanais à convertir des roquettes en missiles de précision pouvant causer des dommages importants.

Roquettes contre Israël 

Ces dernières années, l’hostilité persistante entre Israël et le Hezbollah s’est notamment manifestée en Syrie, où une guerre complexe impliquant de nombreux belligérants se poursuit.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des roquettes ont été tirées « sans succès » depuis les environs de Damas vers Israël par des « milices chiites » opérant en Syrie sous le commandement de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution iraniens, a annoncé l’armée israélienne sur son compte Twitter.

Sans qu’il ne soit possible de dire si ces raids sont liés, des frappes aériennes dans l’est syrien ont visé des positions de forces iraniennes et de milices alliées, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Dix-huit combattants ont été tués, mais leur nationalité n’est pas encore déterminée », a précisé l’ONG.

L’attaque a eu lieu près de la frontière avec l’Irak, dans la région de Boukamal (province de Deir Ezzor).

En juin 2018, des frappes dans le secteur avaient tué 55 combattants des forces pro-régime –notamment syriens et irakiens, selon l’OSDH.

Un responsable américain s’exprimant à Washington sous couvert de l’anonymat avait imputé la frappe à Israël, mais l’armée israélienne avait refusé tout commentaire.

A Deir Ezzor, une alliance de combattants kurdes et arabes est également sur le terrain, soutenue par les avions de la coalition internationale emmenée par Washington, qui par le passé avait reconnu avoir bombardé des forces prorégime.