L’Iran pourrait libérer le pétrolier britannique Stena Impero: le point de la situation

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Le pétrolier britannique Stena Impero. (MarineTraffic.com)
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L’Iran a laissé entendre dimanche qu’il pourrait libérer « dans les prochains jours » le pétrolier Stena Impero battant pavillon britannique, qu’il avait arraisonné dans le détroit d’Ormuz en juillet.

D’autres saisies de tankers ont attisé les tensions entre l’Iran d’une part, les Etats-Unis et leurs alliés de l’autre, sur fond de crise sur le dossier du nucléaire iranien.

Voici ce que l’on sait sur les navires concernés.

Grace 1/Adrian Darya 1

Le 4 juillet, le pétrolier iranien Grace 1, battant pavillon panaméen, est arraisonné au large de Gibraltar (extrême sud de l’Espagne) par la police et les douanes de ce territoire britannique, assistées d’un détachement de Royal Marines britanniques.

Le gouvernement de Gibraltar et les Etats-Unis disent soupçonner la cargaison d’être destinée à la Syrie, cible depuis le début du conflit en 2011 de sanctions qui touchent son secteur pétrolier. Téhéran n’a pas officiellement dévoilé la destination du tanker, mais a nié qu’il se rendait en Syrie.

Après avoir été autorisé à repartir le 15 août, le pétrolier renommé Adrian Darya 1 quitte Gibraltar le 18, sous pavillon iranien, malgré une demande de dernière minute des Etats-Unis de prolonger l’immobilisation du navire, placé ensuite sur la liste noire de Washington.

Le chef du gouvernement de Gibraltar dit avoir reçu la promesse écrite de Téhéran de ne pas envoyer en Syrie les 2,1 millions de barils de pétrole que le navire transportait, ce que nie l’Iran.

Le pétrolier navigue en Méditerranée depuis. Téhéran affirme avoir vendu sa cargaison mais refuse de dévoiler l’identité de l’acheteur en raison des sanctions américaines.

Le bateau se trouve actuellement « en Méditerranée près d’une côte », a déclaré dimanche le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, précisant que l’Adrian Darya 1 avait livré sa cargaison.

Selon le site TankerTrakers.com, spécialisé dans le suivi du transport de pétrole par voie maritime, l’Adrian Darya 1 se trouvait encore dimanche soir devant le port syrien de Tartous.

« Quiconque affirmait que l’Adrian Darya-1 ne se dirigeait pas vers la Syrie refuse la réalité », a tweeté vendredi soir le conseiller pour la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton.

MT Riah  

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien, saisissent le 14 juillet un « tanker étranger », accusé de transporter du pétrole de contrebande, au sud de l’île iranienne de Larak, dans le stratégique détroit d’Ormuz.

« Avec une capacité de deux millions de litres et 12 membres d’équipage étrangers à bord, le navire était en route pour délivrer du pétrole de contrebande reçu de bateaux iraniens à des navires étrangers », selon les Gardiens.

L’organisation TankerTrackers, spécialisée dans le suivi des chargements de pétrole, avait rapporté avoir perdu le signal du MT Riah, battant pavillon panaméen à partir du moment où il était entré dans les eaux iraniennes.

Stena Impero

Le 19 juillet, les Gardiens de la Révolution encerclent le Stena Impero, avant de débarquer sur son pont, dans le détroit d’Ormuz. 

Ce navire de 183 mètres est confisqué et conduit dans le port iranien de Bandar Abbas pour « non-respect du code maritime international ». Il est accusé d’avoir ignoré des appels de détresse et d’avoir éteint son transpondeur après être entré en collision avec un bateau de pêche.

Le tanker battant pavillon britannique, propriété d’un armateur suédois, a un équipage de 23 personnes, dont 18 Indiens. Le reste vient des Philippines, de Lettonie et de Russie. 

La saisie était intervenue quelques heures après l’annonce alors par le tribunal de Gibraltar de la prolongation de la saisie du Grace 1. L’Iran a nié qu’il s’agisse de représailles.

L’armateur suédois du navire a indiqué le 4 septembre que sept de ses 23 membres d’équipages avaient été libérés.

« Les démarches nécessaires pour lever la saisie » de ce pétrolier géant suédois battant pavillon britannique « sont en cours », a déclaré dimanche Abbas Moussavi.

Pétroliers non identifiés

Téhéran a saisi un troisième pétrolier le 31 juillet avec sept membres d’équipage étrangers à son bord, assurant qu’il transportait 700.000 litres de carburant de contrebande dans le Golfe.

Les Gardiens de la Révolution ont indiqué avoir transféré le bateau vers le port de Bouchehr (sud) et remis aux autorités ce navire-citerne, en route selon eux pour délivrer du brut à des pays du Golfe.

Ni la nationalité du bateaux ni celles des membres de l’équipage n’ont été dévoilées.

Le 7 septembre, l’Iran a arrêté 12 Philippins à bord d’un « remorqueur étranger », dont le pavillon n’a pas été précisé, saisi par des garde-côtes dans le détroit d’Ormuz et soupçonné d’être utilisé par un réseau de contrebande de carburant.