Syrie: le chef de l’ONU annonce la création d’un Comité constitutionnel

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres le 18 septembre 2019 à New York. [AFP]
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Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a annoncé lundi la création d’un Comité constitutionnel pour la Syrie incluant des représentants du gouvernement et de l’opposition, pour travailler sur la Constitution syrienne et ouvrir la voie à des élections.

« Je crois fermement que le lancement d’un Comité constitutionnel, organisé et dirigé par les Syriens, peut être le début d’une voie politique vers une solution » dans ce pays en guerre depuis 2011, a déclaré Antonio Guterres à la presse.

« Mon émissaire (pour la Syrie Geir Pedersen) va réunir le Comité constitutionnel dans les semaines à venir », a-t-il ajouté.

L’idée de ce Comité constitutionnel avait été agréée formellement en janvier 2018 sous l’impulsion de la Russie. Le Comité comprend 150 personnes, dont 50 choisies par le gouvernement, 50 choisies par l’opposition et 50 choisies par l’ONU pour inclure des représentants de la société civile.

La formation du groupe a traîné en longueur avec des blocages et des changements de noms à répétition réclamés par Damas. Des difficultés sur la définition des rôles au sein du Comité ont aussi longtemps retardé sa formation.

Une émanation réduite du Comité (15 personnes) devrait faciliter son travail mais des diplomates ne s’attendent pas à des avancées rapides et pensent que cela pourrait prendre encore des mois avant d’aboutir à des résultats concrets.

La mission du Comité reste à cet égard imprécise: créer une nouvelle Constitution, comme l’espère l’opposition? Ou procéder à un simple toilettage, comme le laisse entendre le gouvernement?

Pour les Occidentaux, l’objectif de ce Comité doit être de parvenir à l’organisation de nouvelles élections en Syrie, qui soient inclusives et intègrent la diaspora, qui s’est fortement élargie depuis le début de la guerre avec des millions de réfugiés.

Geir Pedersen

L’émissaire de l’ONU pour la Syrie Geir Pedersen le 23 septembre 2019 à Damas en Syrie. [AFP]

Un peu plus tôt, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, avait jugé « fructueuses » ses discussions lundi à Damas avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, sur la création d’un comité constitutionnel pour relancer le processus politique dans ce pays en guerre depuis 2011.

« Aujourd’hui, j’ai conclu une autre série de discussions très fructueuses avec le ministre des Affaires étrangères M. Mouallem », avait indiqué M. Pedersen à l’issue de sa rencontre avec le chef de la diplomatie syrienne. 

« Nous avons abordé toutes les questions en suspens liées (à la formation du) comité constitutionnel », a-t-il ajouté.

L’ONU et Damas ont bataillé pendant très longtemps sur certains noms de cette dernière liste.

« Je vais désormais informer le conseil de sécurité » des résultats de la réunion, avait poursuivi le diplomate norvégien peu avant l’annonce du secrétaire général, indiquant qu’il ira ensuite à New York, où se tient cette semaine l’Assemblée générale annuelle de l’ONU. 

M. Pedersen a également indiqué avoir eu de « bons entretiens » téléphoniques avec le chef du Comité des négociations syriennes (CNS), Nasser al-Hariri, qui représente les principaux groupes d’opposition.

De son côté, l’administration kurde dans le nord-est de la Syrie a toutefois qualifié lundi son exclusion du futur comité constitutionnel d' »injuste ».

M. Mouallem a lui réitéré, dans un communiqué, « l’engagement de la Syrie en faveur (…) du dialogue syro-syrien afin de parvenir à une solution politique (…) loin de toute intervention étrangère ». 

Appuyé par Moscou, le régime syrien a repris ces dernières années aux rebelles et aux jihadistes le contrôle de près de 60% du territoire. 

Depuis le déclenchement du conflit syrien en mars 2011, quatre émissaires de l’ONU se sont déjà succédé.  

Les prédécesseurs de M. Pedersen n’avaient pas réussi à trouver une issue à cette guerre qui s’est complexifiée au fil des ans et a fait plus de 370.000 morts ainsi que des millions de réfugiés et déplacés.