Syrie: manifestations à Idleb contre le régime et son allié russe

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Des Syriens brandissant des drapeaux de l'opposition syrienne manifestent dans capitale provinciale d'Idleb contre les bombardements du régime dans cette province du nord-ouest syrien le 6 septembre 2019.
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Des centaines de Syriens ont manifesté vendredi dans la province d’Idleb contre le régime syrien et son allié russe qui ont mené plusieurs mois de bombardements meurtriers sur le nord-ouest syrien avant l’annonce d’une trêve, selon des correspondants de l’AFP.

Non loin du poste-frontière de Bab al-Hawa, à la frontière avec la Turquie voisine, environ un millier de manifestants sur une place principale ont brandi des drapeaux de l’opposition et des pancartes appelant à la chute du régime de Bachar al-Assad et de Moscou.

« La Révolution est une idée et l’idée ne meurt pas », pouvait-on lire sur une pancarte, en allusion aux manifestations pro-démocratie déclenchées en 2011 et réprimées dans le sang par Damas à l’origine du conflit.

Idleb et les territoires adjacents dominés par des jihadistes font l’objet depuis le 31 août d’un cessez-le-feu annoncé par Moscou, après quatre mois de bombardements du régime et de son allié russe qui ont tué plus de 960 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dans la capitale provinciale d’Idleb plusieurs centaines de personnes ont aussi manifesté. Une femme brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire « Arrêtez le terrorisme de la Russie ».

Ces manifestations interviennent une semaine après un rassemblement similaire au poste-frontière de Bab al-Hawa. Les manifestants avaient tenté de franchir la frontière pour entrer en Turquie et les forces turques avaient tiré des gaz lacrymogènes.

Considérée comme le parrain de groupes rebelles, la Turquie a installé des troupes sur une dizaines de postes d’observation dans le nord-ouest syrien. En cas d’offensive de grande ampleur du régime, Ankara craint un nouvel afflux de réfugiés vers sa frontière.

Vendredi, certains manifestants ont déploré l’inaction de la Turquie.

« Nous voulons seulement que le gouvernement turc ouvre les frontières pour nos frères qui vivent sous les oliviers », a plaidé Abou Haitham, qui manifestait vendredi près de Bab al-Hawa, en référence aux déplacés chassés par les combats et qui n’ont pas trouvé d’autre refuge que les oliveraies.

« Leur situation fait pleurer », a-t-il déploré.

Depuis fin avril, plus de 400.000 personnes ont été déplacées par les violences, selon l’ONU.

Mercredi, le quotidien pro-étatique al-Watan avait averti que le cessez-le-feu du 31 août ne devait durer que huit jours.

Accueillant environ trois millions d’habitants, Idleb et des secteurs des provinces adjacentes d’Alep, Hama et Lattaquié sont dominés par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

La guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et jetés sur la route de l’exil des millions de personnes.