Élections 2019: les Conservateurs promettent l’acquisition d’un deuxième ravitailleur, l’Obélix, auprès de la Davie

L'Astérix lors de son voyage inaugural de Québec à Halifax le 25 décembre 2017. (Archives/Groupe CNW/Chantier Davie Canada Inc.)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

S’ils forment le gouvernement au lendemain du scrutin du 21 octobre, les Conservateurs prévoient l’acquisition d’un deuxième navire ravitailleur provisoire pour la Marine canadienne, l’Obélix, auprès de Chantier Davie Canada.

«Selon le plan de l’actuel navire ravitailleur provisoire, l’Asterix, nous présumons qu’une période d’acquisition et de réaménagement de deux ans sera nécessaire» , précise un document du Parti conservateur rendue public aujourd’hui.

Toujours selon ce document, l’Obélix sera ensuite en service pendant un maximum de cinq ans.

Les conservateurs s’engagent aussi, sans donner de détails, à dépolitiser le processus d’approvisionnement militaire afin de soutenir les Forces armées canadiennes de manière opportune et appropriée.

Ils veulent également renforcer l’engagement du Canada envers nos alliances traditionnelles et en offrant une aide militaire et non militaire additionnelle à l’Ukraine, défendre les droits de la personne sur la scène mondiale en utilisant la Loi de Magnitsky envers des régimes hostiles comme l’Iran,

Mais l’aide étrangère passe à la trappe

Mais, ne semblant pas faire de lien entre l’aide étrangère et le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, les conservateurs semblent aussi avoir l’intention de passer l’aide étrangère à la trappe.

Aujourd’hui, le chef conservateur Andrew Scheer, qui présentait la politique étrangère conservatrice, a indiqué que, s’il est élu, il réduirait les dépenses en aide étrangère de 25% et dépolitiserait le processus d’approvisionnement militaire

Invité à dire quel impact pourrait avoir une telle mesure sur la quête du Canada pour un siège au Conseil de sécurité, le chef conservateur a répondu: «Ma priorité, c’est d’améliorer le sort des Canadiens, pas de gagner l’appui des Nations unies», comme si la politique étrangère canadienne ne servait pas les intérêts du pays, mais avait surtout pour but de mousser le Canada auprès de l’organisation internationale…Et ce, même si le Canada, qui consacre actuellement environ 0,27 % de son produit intérieur brut (PIB) à l’aide étrangère, est bien loin de l’objectif de 0,7 % fixé par l’ONU.

Selon la proposition conservatrice, le budget consacré à l’aide étrangère passerait de 6 à 4,5 milliards de dollars par année et l’économie de 1,5 milliard servirait à financer certains des engagements pris pendant la campagne électorale, notamment la « baisse d’impôt pour tous ».

La politique conservatrice en la matière s’articule autour de quatre piliers.

La réduction de 25% les dépenses en aide étrangère. Les sommes coupées seront celles présentement envoyées à des pays à revenu moyen ou élevé et à des dictatures hostiles, précise à ce sujet le communiqué du Parti conservateur, qui entend rediriger 700 millions de dollars vers des pays qui en ont le plus besoin. «Nous allons continuer à travailler en partenariat avec des organisations d’aide canadiennes de premier plan, notamment des groupes axés sur le bénévolat, qui offrent une aide essentielle aux pays en développement.»

Se les conservateurs sont portés au pouvoir le 21 octobre, l’aide étrangère serait dirigée vers des nations qui ont un indice de développement humain inférieur à 0,6 %.

Fini, donc, les enveloppes destinées à des pays comme la Turquie, le Brésil ou l’Italie, a indiqué le chef conservateur. Quant aux pays «hostiles» au Canada comme l’Iran, eux non plus ne recevraient plus d’aide.

Andrew Sheer prévoit également déménager l’ambassade du Canada en Israël, qui se trouve présentement à Tel-Aviv, dans un nouvel emplacement permanent à Jérusalem.

Et, à l’instar de l’administration Trump, il couperait aussi l’aide à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

Le premier ministre sortant, Justin Trudeau, dont le gouvernement n’a lui-même pas été en mesure de se rapprocher des cibles de l’ONU en matière d’aide étrangère au cours du mandat écoulé, a pour sa part déploré que son adversaire veuille ainsi couper dans l’aide étrangère, rappelant, notamment, que les libéraux avaient fait «énormément d’investissements dans l’aide outre-mer, particulièrement dans les organismes menés par les femmes ou qui aident les femmes», et soulignant que les pays visés avaient, en outre, besoin de l’aide étrangère pour «prendre action pour contrer les changements climatiques».

Bref, comment résoudre les problèmes planétaires si les pays riches n’aident pas davantage les plus pauvres…