Le Pakistan propose de faciliter un dialogue entre Téhéran et Ryad

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan (à gauche) et le président iranien Hassan Rohani (à droite) lors d'une conférence de presse à Téhéran, le 13 octobre 2019. [AFP]
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Le Premier ministre pakistanais Imran Khan a proposé dimanche à Téhéran de « faciliter » un dialogue entre l’Iran et l’Arabie saoudite afin d’éviter qu’une guerre n’éclate entre ces deux pays.

Arrivé à la mi-journée à Téhéran, M. Khan a indiqué à la presse, après avoir rencontré le président iranien Hassan Rohani, qu’il se rendrait « en Arabie saoudite mardi ».

« Nous agirons (…) comme un facilitateur, pas un médiateur », a ajouté M. Khan, « nous aimerions faciliter un dialogue » entre Téhéran et Ryad, deux capitales qui ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016.

« C’est une initiative que nous lançons nous-mêmes. Personne ne nous a demandé de le faire », a assuré M. Khan, lors d’un point de presse commun avec M. Rohani.

« Il est impératif que nous empêchions un conflit d’éclater » entre la République islamique d’Iran (chiite) et le royaume saoudien (sunnite), a encore déclaré M. Khan.

« Je me sens réconforté » à l’issue de cette rencontre, a également dit le Premier ministre pakistanais. « C’est compliqué, c’est complexe, mais je pense qu’il est possible de résoudre le différend » entre les deux pays, a-t-il assuré.

M. Khan doit rencontrer dimanche le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.

« Lever tout malentendu »

La tension est au plus haut dans la région du Golfe, après qu’un tanker iranien, le Sabiti, a été touché vendredi en mer Rouge selon l’Iran par des frappes de missiles, à une centaine de kilomètres d’un port saoudien.

« Si un pays pense qu’il peut créer de l’insécurité dans la région sans recevoir une réponse appropriée, il se trompe », a déclaré M. Rohani après sa rencontre avec M. Khan 

L’incident du Sabiti est le dernier d’une longue série dans la région, après des attaques en Arabie saoudite, des saisies de pétroliers dans le Golfe et la destruction d’un drone américain par Téhéran.

En septembre, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, puis l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France ont accusé l’Iran d’être responsable de frappes aériennes contre deux sites pétroliers stratégiques dans l’est du royaume saoudien, qui avaient brièvement bondir les prix du brut de 20%.

Téhéran a nié toute implication dans ces attaques revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran et combattus par une coalition militaire dirigée par Ryad.

Le Pakistan a de fortes relations diplomatiques et militaires avec l’Arabie saoudite, où vivent 2,5 millions de Pakistanais. Islamabad représente également les intérêts consulaires de l’Iran aux Etats-Unis, ces deux pays n’entretenant aucune relation diplomatique.

La visite de M. Khan à Téhéran est le deuxième voyage qu’il effectue cette année en Iran, pays avec lequel le Pakistan partage un millier de kilomètres de frontières.

Avant sa venue, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, avait répété la position selon laquelle l’Iran « est prêt à négocier avec ses voisins, y compris l’Arabie saoudite, avec ou sans l’aide d’un médiateur, pour lever tout malentendu ».  

En septembre, M. Khan avait affirmé avoir été chargé d’une tentative de médiation avec l’Iran par les Etats-Unis et l’Arabie saoudite.

« Il m’a demandé si nous pouvions contribuer à une désescalade de la situation et peut-être obtenir un nouvel accord » nucléaire, avait déclaré Imran Khan après avoir rencontré Donald Trump en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Revenant sur ce sujet à l’issue de sa rencontre avec M. Rohani, M. Khan a de nouveau déclaré que son pays était prêt à faire « tout » son possible « pour faciliter le dialogue », cette fois entre Téhéran et Washington. « C’est une démarche continue » de la part du Pakistan, a-t-il ajouté.

De son côté, M. Rohani a redit que du point de vue de l’Iran, aucun dialogue ne serait possible tant que ne seront pas levées les sanctions économiques américaines rétablies contre la République islamique depuis août 2018.