Les États-Unis plient bagage: jusqu’à 1000 soldats vont quitter la Syrie

Mark Esper (Chip Somodevilla/AFP)
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Le chef du Pentagone Mark Esper a annoncé dimanche le retrait de jusqu’à 1000 soldats américains du nord de la Syrie – la quasi totalité des forces dans le pays – évoquant une «situation intenable» pour des troupes qui «peuvent se retrouver prises en étau» entre les Kurdes et les Turques.

Ce retrait concerne le nord de la Syrie, là où «sont la majorité de nos forces», a précisé M. Esper, laissant entendre qu’il ne s’agissait pas d’un retrait total du pays.

«C’est une situation vraiment dramatique là-bas. Une situation provoquée par les Turques, par le président Erdogan», a lancé le secrétaire américain.  

«Ces dernières 24 heures, nous avons appris qu’ils entendaient probablement étendre leur attaque plus au sud que ce qui était d’abord prévu et vers l’ouest», a poursuivi Mark Esper.

Il a aussi affirmé que les Forces démocratiques syriennes (FDS) cherchaient «à trouver un accord avec les Syriens et les Russes» pour lancer la contre-attaque contre les Turques dans le nord de la Syrie.   

Le président a «ordonné que nous commencions un retrait délibéré des forces américaines de la partie nord de la Syrie», a annoncé M. Esper sur la chaîne Fox News, parlant de «moins» de 1000 soldats.

«Nos forces américaines peuvent se retrouver prises en étau entre deux armées opposées qui avancent et c’est une situation intenable», a dit le secrétaire américain de la Défense sur CBS pour justifier le retrait.

«Nous n’avons pas abandonné les Kurdes», s’est-il défendu, alors que les critiques de la communauté internationale pleuvent.

De son côté, le président américain n’avait pas, dimanche matin, directement commenté cette annonce de retrait mais justifiait sur Twitter sa stratégie de mettre un terme à la participation des États-Unis dans des « guerres sans fin ».  

«Les Kurdes et la Turquie se battent depuis des années», a-t-il écrit. « D’autres voudront peut-être venir se battre pour un camp ou l’autre. Laissez-les !», a lancé le locataire de la Maison-Blanche, promettant néanmoins de «surveiller la situation de près».

L’annonce le 6 octobre du retrait américain du nord de la Syrie avait provoqué l’indignation aux États-Unis jusque dans les rangs des plus fidèles alliés républicains de Donald Trump.  

Face au tollé, il avait réorienté dès lundi son discours en affirmant qu’il «anéantirait complètement l’économie de la Turquie» si celle-ci «dépassait les bornes».  

Soufflant depuis le chaud et le froid, les États-Unis se sont dits vendredi prêts à activer des sanctions à tout moment contre Ankara.

Interrogé sur ce point dimanche, le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin a déclaré sur la chaîne ABC: «Le président m’a autorisé à paralyser l’économie turque et nous pouvons le faire à tout moment sur ses ordres».

«Nous pouvons arrêter toutes les transactions en dollars avec tout le gouvernement turc», a-t-il détaillé. « C’est quelque chose que nous pouvons faire. Nous en avons la complète autorité», a-t-il ajouté.

Donald Trump a abondé dans le sens de M. Mnuchin, sur Twitter.  

«Le [département du] Trésor est prêt à agir», «restez à l’écoute !»

L’annonce du retrait américain intervient au moment où les autorités kurdes en Syrie ont indiqué la fuite de près de 800 proches de djihadistes du groupe État islamique (EI) d’un camp de déplacés, qui ont profité selon elles du chaos créé par l’offensive turque.

Des troupes américaines s’étaient retrouvées vendredi sous le feu de positions turques près de la ville de Kobané, dans le nord de la Syrie, selon le Pentagone.