Les grands oubliés de la campagne: les vétérans, les militaires et leurs familles

Dave Blackburn lors d’un rassemblement du Parti conservateur du Canada photographié avec un jeune garçon inspiré par ses «accomplissements professionnels».[Courtoisie Dave Blackburn]
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Honnêtement, j’espérais que le déclenchement de la campagne électorale fédérale allait permettre de discuter de la cause des vétérans, des militaires et des familles des Forces armées canadiennes. Après tout, ces enjeux sont uniquement de compétences fédérales, le moment était donc propice pour avoir des discussions de fonds et de proposer des solutions pour s’attaquer aux nombreux problèmes existants.

La campagne électorale tire à sa fin. Personnellement, j’ai très hâte de connaître les résultats de l’élection. Je suis sur le terrain dans la circonscription fédérale de Pontiac depuis le mois d’août 2018 et je commence à être fatigué. En fait, je suis fatigué. J’ai littéralement tout donné pour tenter de convaincre mes concitoyens et concitoyennes que je suis la meilleure personne pour les représenter à Ottawa. Comme vous, je connaîtrai les résultats le 21 octobre prochain.

En janvier 2018, j’ai pris la décision de monter au front et de me lancer en politique active, car j’étais fatigué de travailler fort dans mon domaine professionnel qui est la recherche en santé mentale des militaires, des vétérans et des familles sans pouvoir constater des améliorations tangibles de la part du gouvernement libéral de Justin Trudeau dans cette cause. Il faut dire que le gouvernement Trudeau n’a pas véritablement pris la cause des vétérans et des familles des FAC au sérieux en nommant pas moins de quatre ministres et un ministre par intérim à ce poste sur une période de quatre ans. Il s’avère difficile voire impossible de faire progresser des dossiers capitaux lorsque le capitaine du navire change constamment.

Dans ma vision de mon aventure en politique fédérale, mon but premier est d’être élu, par la suite de devenir le champion canadien de cette cause et enfin d’obtenir la confiance de mon chef pour participer à la mise en place des changements nécessaires pour améliorer le traitement, les services, les procédures et aussi les meilleures pratiques pour faire en sorte que nos vétérans, nos militaires et leur famille soient traités avec compassion, respect et dignité. Mon projet est clair depuis le départ. Mes intentions le sont aussi. N’étant pas un politicien de carrière, j’ai mis en place un plan de travail avec l’aide de quelques conseillers et je me suis entouré de quelques vétérans.

Sur le terrain, tout particulièrement lors de la précampagne, j’ai été en mesure de rencontrer plusieurs vétérans et membres de la famille pour discuter des principaux enjeux qui les touchent. J’ai aussi discuté avec mon ancien collègue et ami, le Dr. Marc Dauphin sur le travail à faire pour améliorer les choses au ministère des Anciens combattants du Canada. Marc m’a proposé de se joindre à moi si je suis élu le 21 octobre pour faire avancer la cause qui nous tient à coeur.

Cependant, une fois la campagne lancée dans Pontiac, la cause des militaires, des vétérans et des familles n’a pratiquement pas été abordée. Nous avons beaucoup parlé d’environnement, d’économie, de développement régional, d’immigration, de pénurie de la main d’oeuvre et des questions autochtones, mais rien sur les vétérans, les militaires et les familles des FAC. J’ai pourtant tenté à quelques reprises d’amener le sujet, mais malheureusement mes adversaires retournaient subito presto à leurs sujets de prédilections, c’est-à-dire l’environnement pour les Verts, le NPD et le Bloc et Stephen Harper pour les Libéraux. Je dois vous dire que j’ai été extrêmement déçu que ce sujet ne fut pas à l’ordre des débats.

Ce qui est encore plus déplorable, ici dans la circonscription fédérale de Pontiac en Outaouais, nous sommes trois candidats sur six qui ont servi dans les FAC. De plus, la région de la capitale nationale dont fait partie la circonscription de Pontiac, est la zone au Canada qui compte le plus de militaires en service et de membres de la famille. Un nombre important de vétérans des FAC habitent aussi dans notre circonscription. Malheureusement, ces données statistiques n’étaient pas suffisantes pour générer un intérêt pour cette cause. C’est triste et inquiétant à la fois !

Cette situation est déplorable, mais soyez certain que cela ne m’arrête pas ! Depuis 14 mois, je travaille très fort pour atteindre le but premier qui est d’être élu. Il y a eu des hauts, mais aussi des bas. Il y a eu des bonnes journées, mais aussi des mauvaises. Toutefois, depuis le début, je le fais pour une cause qui me tient à cœur. Je le fais pour le vrai ! Pour moi, mon implication dans une cause qui me tient à cœur, m’amène à me dépasser.

Je pourrais très bien demeurer dans mon bureau à l’université et poursuivre mon travail, à continuer de faire de la recherche, à critiquer par l’entremise de textes d’opinion, à rédiger des articles scientifiques ou des livres et à me rendre de temps à autre dans les médias pour parler de la cause des vétérans. Je pourrais, mais j’ai décidé de tout donner pour être élu. Pour aller là où il est possible de changer les choses, au cœur des décisions, c’est-à-dire au Parlement du Canada et avec la meilleure formation politique pour y arriver, le Parti conservateur du Canada.

Vous voyez la photo, bien elle me donne la force de persévérer. Elle a été prise en novembre 2018 lors d’un rassemblement du Parti conservateur du Canada et où j’ai été présenté avec d’autres candidats. Le jeune garçon est venu me demander pour prendre une photo avec moi. Au départ, je ne comprenais pas trop pour ce jeune voulait être photographié avec moi, mais je me suis prêté au jeu. Sa mère est venue me dire quelques instants plus tard que son fils était inspiré par mes «accomplissements professionnels».

Je fus grandement ému par ses propos, car vous savez quoi, c’est justement parce que j’ai l’impression de ne pas en faire assez (en faisant de la recherche et en publiant des résultats) pour nos vétérans, pour mes frères et mes sœurs d’armes, qui souffrent de blessure de stress opérationnel, qui adoptent des comportements suicidaires, qui consomment de l’alcool ou de la drogue pour apaiser leurs maux, qui terminent en situation d’itinérance ou encore pour les familles qui vivent souvent les contrecoups des duretés de la vie militaire que je tente l’aventure en politique fédérale. Lorsque nous y pensons, c’est tout un contraste entre le regard d’un jeune garçon et mon propre regard.

Pour moi, il est évident qu’il faut en faire plus et qu’il faut faire mieux pour ces femmes et ces hommes; militaires, vétérans ou membres de leur famille, qui ont tellement donné pour notre pays, pour nos libertés, nos valeurs, nos droits. Le gouvernement fédéral a l’obligation de ne jamais les oublier et de leur accorder le même dévouement que ces derniers ont donné au Canada.

Je suis très fier et satisfait que notre chef conservateur Andrew Scheer a pris des engagements formels pendant la campagne électorale à l’égard des vétérans et des familles. J’ai personnellement proposé à l’équipe en charge du développement de la plateforme électorale de notre parti, l’engagement qui touche l’arriérage et le meilleur traitement des demandes de prestations d’invalidité et des demandes de services. De plus, nous allons réparer le gâchis des pensions des libéraux et investir dans les services de transition.

Je termine en laissant un mot au jeune garçon de la photo: par ton petit geste (cette photo), tu m’as aidé à me recentrer sur l’objectif premier lors des mauvais jours et à ne jamais oublier les fondements de mon investissement en politique fédérale. Si j’ai été en mesure de t’inspirer par mes «accomplissements professionnels», toi tu m’as impressionné par ton honnêteté, ta franchise et ton regard positif sur le futur. Peu importe le résultat du 21 octobre prochain, je m’en souviendrai !

Merci !