Les partis fédéraux et les vétérans: aujourd’hui le Parti Populaire du Canada et le NPD

Des membres de l’association des Vétérans UN-NATO Canada observent le déroulement du 70e anniversaire du jour-J au musée de l’aviation et de l’espace du Canada (anciennement le musée national de l’aviation) à Ottawa, Ontario le 6 juin 2014 (Sergent Dan Shouinard/Direction des affaires publiques de l’Armée)
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Dans le cadre de cette série de blogues portant sur la plateforme électorale des différents partis politiques à l’égard des vétérans/ anciens combattants (seulement), je cherche aussi à identifier le nombre de candidats possédant un bagage militaire, c’est-à-dire qui ont servi.

Il m’a été facile de localiser (l’unique) candidat du Bloc québécois et celui du Parti Vert, leur site web respectif affiche leurs candidats à l’avant-plan (expérience, intérêts, situation familiale, réalisations…) et confère aux partis un visage humain qui interpelle (ou non). Mais entre l’indépendance du Québec et la profonde conviction environnementale, les anciens combattants n’y trouvent pas leur compte: tandis que le Bloc québécois ne présente rien pour ses propres vétérans, la plateforme du Parti Vert s’avère totalement irréaliste.

Le Parti Populaire du Canada (PPC) et celui du Nouveau parti démocratique (NPD) proposent tous deux une approche diamétralement opposée en misant sur le capital de sympathie de leur chef respectif. Si le NPD met (seul) son leader à l’avant-plan et rend les informations sur les candidats particulièrement fastidieuses à obtenir, le Parti Populaire de Maxime, quant à lui, ne les rend tout simplement PAS accessibles: plusieurs candidats québécois ne possèdent AUCUNE plateforme virtuelle (site web, Facebook ou Twitter).

Les 2 chefs parlent au Québécois selon des perspectives totalement opposées. Alors que le premier, le PPC, n’a pas les moyens de s’offrir les grosses pancartes électorales, le deuxième, le NPD, a les grosses pancartes mais le chef ne veut pas afficher son visage à côté de ceux de ses candidats. Dans les deux cas, on met en valeur la spécificité de son ouverture en capitalisant sur les émissions de télé grand public pour gagner le cœur des électeurs.

Au niveau des anciens combattants, les deux partis s’entendent sur l’importance de leur sacrifice et sur le massacre bureaucratique et politique dont ils ont été victimes ces dernières années (autant sous le règne des Conservateurs que sous celui des Libéraux). Un des deux chefs dont il est question ici, Maxime Bernier, épouse la cause des militaires et des vétérans (grâce à son expérience chez les Conservateurs au pouvoir), mais sans qu’on sache quel pourrait être la force de son propre parti quand viendra le temps de concrétiser ses propositions. L’autre, est le chef d’un parti qui possède l’expérience et la connaissance de la communauté militaire (le NPD formait l’opposition officielle jusqu’en 2015 (les vétérans avaient de bons défenseurs en la personne des députés Sylvain Chicoine et Peter Stoffer), mais n’a pas l’équipe aujourd’hui pour tirer profit de cet héritage.

Bref, le premier souhaite «épauler» les vétérans, le deuxième «leur rendre hommage».

La plateforme du Parti Populaire du Canada

Nombre de candidats au Québec: 78 mais en réalité, juste un : «Maxime! Maxime! Maxime!».

Nombre de candidats possédant un background militaire: Fouille moi!.

Seul «Maxime!Maxime!Maxime!» a de l’importance. Ne pas être en mesure de connaître les candidats est une chose et le contrôle de cette information est une autre…

Engagements du Parti Populaire à l’égard des vétérans:

«Maxime !Maxime !Maxime», de par son expérience au sein du Parti Conservateur, connaît le poids politique des vétérans car il a été témoin des impacts politiques de leur insatisfaction. Et il ne peut faire autrement que d’avoir une compréhension -politique- particulière des enjeux qui les touchent, notamment en raison de ce qu’il a vu à l’interne chez les Conservateurs, mais aussi à l’externe sous le règne libéral. D’ailleurs, cette influence est claire quand il fait référence au fameux «Sacred Obligation» martelé par Mike Blais, le président de Canadian Veterans Advocacy, pendant des années.

La plateforme électorale du PPC – à l’égard des vétérans, je le rappelle-, est orientée de façon à chercher à régulariser la situation politique et législative des vétérans dans leur rapport avec le Canada. Dans ce sens, la plateforme est audacieuse:

· Inscrire dans la loi les obligations du pays envers nos anciens combattants dans un Pacte militaire entre le gouvernement et ceux qui servent dans les forces armées.

· Rétablir la pension d’invalidité équitable que prévoyait auparavant la Loi sur les pensions. La pension s’appliquera de manière rétroactive à 2006 et les paiements forfaitaires reçus depuis lors seront traités comme des paiements anticipés.

· Remettre l’accent sur la garantie législative du critère de « bénéfice du doute » en vertu de la Loi sur les pensions.

Le reste, qui ne veut rien dire et/ou qui ne mène à rien de concret

· Reconnaître et respecter les sacrifices uniques de ceux et celles qui servent et qui ont servi dans les Forces armées canadiennes.

· Entreprendre un examen exhaustif de la Nouvelle Charte des anciens combattants (y compris la Loi améliorant la Nouvelle Charte des anciens combattants de 2011) afin de déterminer les politiques et les programmes à conserver, de simplifier le système et de s’y retrouver plus facilement.

Résumé de la plateforme du PPC en matière d’anciens combattants:

Une assiette bien pleine, qui déborde même pour le PPC pour la communauté des vétérans, surtout considérant que le parti est fait d’un seul homme: en matière d’ancien combattants, il a peut-être les babines mais rien n’indique qu’il aura les bottines.

La plateforme du Parti Néo-Démocrate

Nombre de candidats au Québec: 78 mais en réalité, juste un: «Jagmeet ! Jagmeet ! Jagmeet !»

Nombre de candidats québécois possédant un background militaire : 0 (enfin, s’ils ont un passé militaire, il n’en font pas état)

Engagements du Parti Néo-Démocrate à l’égard des vétérans:

Lors des élections de 2015, les engagements du parti à l’égard de la communauté des vétérans se sont avérés décevants, considérant sa proximité avec les différents groupes de vétérans à titre de parti de l’opposition. En 2019, la plateforme est terne, sans éclat : si elle a le mérite de donner l’impression que le parti est prêt à saupoudrer de l’amour politique pour améliorer la qualité de vie des vétérans, elle manque de tonus et d’engagement sérieux. Elle évite d’aborder le cœur de tout ce qui constitue la source des véritables incohérences du système.

· S’attaquer à la question de l’accès égal aux pensions viagères

· Éliminer les retards et améliorer la prestation de services afin qu’elle soit personnalisée et de grande qualité, en assurant un ratio d’un.e intervenant.e social.e pour vingt-cinq vétérans et en améliorant les services offerts.

· Faciliter la transition des anciennes et anciens combattants en donnant aux membres des Forces canadiennes accès à des soins et à du soutien avant la transition et s’assurer que leurs prestations soient en place avant leur libération du service.

· Élargir la prestation pour études à un plus grand nombre de personnes.

· Mettre fin à l’itinérance des anciens combattants (c’est très noble)

· Réviser l’allocation pour aidants.es naturels et en la rendant plus accessible. (de la musique à mes oreilles, même si je n’y ai pas droit..)

· Veiller à ce que l’argent des contribuables utilisé pour les soins aux anciennes et anciens combattants soit réellement dépensé à cette fin: toutes les dépenses annuelles inutilisées d’Anciens Combattants Canada seront attribuées à l’amélioration des services.

Résumé en matière d’anciens combattants:

Une plateforme qui laisse croire qu’on chercherait à acheter la paix plutôt que d’aller en guerre au nom des vétérans.

Prochains partis: le Parti Conservateur et le Parti Libéral