Les partis fédéraux et les vétérans: aujourd’hui le Bloc et les Verts

Des membres de l’association des Vétérans UN-NATO Canada observent le déroulement du 70e anniversaire du jour-J au musée de l’aviation et de l’espace du Canada (anciennement le musée national de l’aviation) à Ottawa, Ontario le 6 juin 2014 (Sergent Dan Shouinard/Direction des affaires publiques de l’Armée)
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6 partis politique. 6 visions unique de leurs engagements à l’égard de la communauté. Le 21 octobre prochain, voterez-vous par admiration pour un chef, par loyauté pour un parti, par conviction d’une cause?

Au départ, le nombre de vétérans canadiens et québécois:

Selon Anciens combattants Canada (ACC), il y aurait 650 000 vétérans au Canada donc 120 000 au Québec. Sauf que personne n’est certain de leur nombre exact, sauf peut-être UN NATO qui compte 11 000 membres au Canada dont 6000 au Québec.

Pour le reste, c’est une question très nébuleuse.

Prenons donc 1 minute pour lire la belle bouette d’ACC pour nous expliquer que ses chiffres sont estimatifs et qu’en réalité, il ne sait même pas combien le Canada – et chaque province- compte de vétérans :

L’estimation de la population des vétérans ayant servi en temps de guerre est fondée sur le recensement mené par Statistique Canada en 1971 et l’Enquête sur la population active menée par Statistique Canada en 1988; elle est mise à jour chaque année à l’aide des taux de survie tirés des tables de mortalités de Statistique Canada. L’estimation de la population des vétérans des FAC est fondée sur l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) menée par Statistique Canada en 2003. Les données sont mises à jour chaque année à l’aide des renseignements sur la libération obtenus du ministère de la Défense nationale et des taux de survie tirés des tables de mortalité de Statistique Canada.

La plateforme du Bloc québécois

La plateforme du Bloc québécois

Nombre de candidats au Québec: 78

Nombre de candidats possédant un background militaire : 1

Michel Boudrias, ex-officier d’infanterie du 22e Régiment qui sollicite un nouveau mandat dans le comté de Terrebonne. Il a connu au moins un tour en Afghanistan.

Il a quitté le Bloc québécois en 2018 évoquant son désaccord avec le leadership de Martine Ouellet, puis l’a réintégré lorsqu’elle a été remplacée. Est-ce donc dire qu’il est d’accord avec l’absence d’engagements de son parti et de son chef face à tout ce qui tout ce qui touche les Anciens Combattants et la Défense Nationale ? J’aimerais qu’on lui demande si c’est parce qu’il a essayé d’en parler et qu’on ne l’a pas écouté ou s’il fait parti de la méprise collective à l’égard de sa famille militaire.

Engagements du Bloc à l’égard des vétérans: ZÉRO PIS UNE BARRE

Des 24 pages de sa plateforme électorale, pas une seule fois les mots ‘vétérans’ ou ‘anciens combattants’ sont écrits.

Le Québec est loin d’être la province la plus aimante à l’égard de la communauté des anciens combattants et n’agit pas toujours de bonne foi comme l’a démontré Louis Dufour, un vétéran. Ce dernier a gagné son point en cour: dans certains cas spécifiques, Revenu Québec ne respecte pas la loi sur la santé fédérale et exigeant de vétérans une contribution au régime de l’assurance-médicament du Québec.

Mais ACC n’est pas mieux et ça commence avec des chiffres qui répertorient les vétérans par des approximations, même en 2019.

S’il y a un parti qui aurait pu soulever la question des enjeux autour du lien entre les provinces et de la marde qu’ACC y fait couler, c’est spécifiquement le Bloc québécois. Ce n’est pas une question de respect humain ou patriotique que les gens peuvent ressentir -ou non- pour les anciens combattants. Mais c’est comme si juste dans la région de Québec, il n’y avait pas encore assez de suicides de vétérans pour mériter qu’on y accorde un éclairage politique. Comme si collectivement, on ne ramassait pas le bill de l’abandon des vétérans par leur propre ministère.

Quelle tristesse. Quel nombrilisme. Quelle déconnection. Quel symbole de la réalité. C’est dur, le Je-Me-Moi-Nous-Eux-Vous.

Et pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent au Québec

Des exemples d’engagements qui auraient pu être intéressants ?

1) S’activer à repérer ceux qui ont porté l’uniforme…et faire sa p’tite part pour aider ACC qui n’est pas capable de recenser nos vétérans depuis 1971. Localiser les anciens combattants de la province: ceux qui ont servi, qui ne sont pas au courant des bénéfices qu’ils pourraient recevoir ou auxquels ils sont admissibles et qui pourraient drastiquement voir leur qualité de (fin) de vie s’améliorer. Qu’ils moisissent dans des CHSLD est déjà bien assez triste, mais ils le font aussi sur le dos des payeurs de taxes québécois alors que la responsabilité du «bill» ne leur revient peut-être pas entièrement. Il n’y a qu’une seule question à ajouter sur les formulaires gouvernementaux: « Avez-vous déjà porté l’uniforme pour servir votre pays ?» C’est une phrase à laquelle tous les vétérans, jeunes comme traditionnels, tous les réservistes, tous les membres de leurs familles savent répondre…

2) Créer un fond disponible à la réalisation de projets et d’initiatives locales et provinciales destinés aux vétérans et leurs familles;

3) Dresser un portrait de la situation provinciale des vétérans autochtones;

4) Examiner où en sont les vétérans de l’hôpital Ste-Anne-de-Bellevue, depuis le transfert au Québec.

5) Régler la question de l’arrimage entre la RRQ, de l’invalidité et d’ACC ;

6) Faire comprendre aux Pelleteux-de-Nuages du Parlement de Québec le ridicule absolu et le manque de respect total que représente le port du coquelicot blanc par-dessus le rouge;

7) Faire du 11 novembre un congé férié pour tout le monde;

8) Travailler avec la province afin de créer des ponts au fédéral dans les domaines de l’équithérapie, les chiens d’assistance, le cannabis médical des vétérans, l’arrimage-intelligemment-pensé de la RRQ, de l’invalidité et d’ACC, etc..

Résumé en matière d’anciens combattants pour le Bloc

Entre son «N’oublions Jamais» perdu quelque part dans son «Je Me Souviens», par le silence de la bouche de ses canons, le Bloc québécois s’est tiré dans le pied.

La plateforme du Parti Vert

La plateforme du Parti Vert

Nombre de candidats au Québec: 76

Nombre de candidats (au Québec) avec un background militaire : 1

Jocelyn Rioux, dans le comté Rimouski-Neigette-Témiscouata -Les Basques qui ne fait jamais référence à son expérience militaire, mais uniquement à ses racines autochtones qu’il s’est découvert il y a 15 ans.

La plateforme du Parti Vert peut se résumer par une série d’engagements auxquels aucun agent de conservation n’a été ajouté et qui, dans leur globalité, promet de mettre une fin définitive à la souffrance des anciens combattants avant même l’extinction de la race humaine prévue dans 5 ans.

Elle présente une certaine audace et se différencie des autres partis par ses engagements sans gluten qui expriment une forme de conscience de la nature des enjeux prioritaires qui impactent le pipeline reliant l’estomac et l’anus de la communauté des vétérans canadiens qui s’inquiète du niveau de toxicité qui règne dans l’entièreté de la machine administrative et qui leur fait pomper l’air.

Engagements du parti à l’égard des vétérans:

· Révision (entière) du Tribunal dans Anciens Combattants (Révision et appel),

· Actualisation de la Charte des Anciens Combattants,

· Modification de la loi qui refuse toute pension aux conjoints de certains.

· Retour au système de pension pre-2006)…

Certes, il est vertueux que de s’attaquer simultanément à toutes les racines de ces grands enjeux. Mais même certifiés biologiques, il serait impossible de tous les concrétiser à l’intérieur d’un mandat de 4 ans -qui doit représenter 2 ans et demi de travail-. Juste à titre d’exemple, l’équipe de l‘ex-ministre Herh que j’ai rencontrée en janvier 2016, soit 2 mois et demi après les dernières élections, était toujours en processus d’embauche…

Quand on exprime des engagements qui ne font ni-queue-de-castor-ni-tête-à-Papineau par des mots comme “Venir en aide à tous les vétérans et anciens combattants afin qu’ils puissant vivre dans la dignité”, faut être capable de dire «comment» et «quel encens il faut faire faire brûler» pour y arriver et démontrer scientifiquement que l’argent peut véritablement pousser dans les arbres.

Que de gaver bêtement la communauté des vétérans par des engagements qui ne tiennent pas debout, considérant que plusieurs d’entre eux ont déjà un genou à terre, serait une trahison qui pourrait avoir des répercussions sur leur nombre. S’engager à remettre le bonheur dans le cœur, dans la tête, dans l’âme et dans le portefeuille de tous les vétérans et les anciens combattants de cette façon, c’est oublier que «qui sème le vent, récolte la tempête».

Résumé en matière d’anciens combattants:

À force de trop beurrer épais dans une vision en silo, le Parti Vert se plante un doigt dans l’œil.

Le prochain texte: Le NPD et le Parti populaire du Canada