Nucléaire: Pyongyang refuse de négocier si Washington maintient sa politique

La Corée du Nord a affirmé le 3 octobre 2019 avoir lancé la veille un missile balistique depuis un sous-marin. [AFP]
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La Corée du Nord a lancé dimanche une nouvelle charge contre Washington, l’accusant de mener une «politique hostile», et a rejeté tout dialogue sur le nucléaire tant que les États-Unis ne changeraient pas d’«attitude», au lendemain de discussions sans résultats à Stockholm.

À l’issue d’une journée de consultations en Suède samedi, qui constituait la première tentative de dialogue après des mois d’impasse diplomatique et d’escalade militaire, les représentants américain et nord-coréen s’étaient séparés sans résultat.  

Pyongyang n’a «pas d’intérêt pour la tenue de négociations aussi écœurantes que celles-ci tant que les États-Unis n’auront pas pris de mesures concrètes pour mettre un terme à leur politique hostile», a déclaré dimanche un porte-parole de la diplomatie nord-coréenne cité par l’agence officielle KCNA.

«Le sort du dialogue États-Unis–Corée du Nord est entre les mains de Washington et la date limite est à la fin de l’année», a-t-il ajouté.

La veille à Stockholm, l’émissaire nord-coréen Kim Myong Gil avait imputé l’échec des discussions aux États-Unis, estimant que ces derniers n’apportaient «rien à la table des négociations». À l’inverse, Washington avait estimé que les discussions avaient été «bonnes», se disant prêt à les poursuivre et affirmant avoir accepté une invitation faite par les Suédois à reprendre les discussions dans deux semaines.

L’hypothèse d’une nouvelle rencontre est «infondée», a rétorqué dimanche un porte-parole nord-coréen.

Point mort

Le dialogue entre les deux pays est au point mort depuis l’échec du sommet de Hanoi en février entre le président Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, et Pyongyang a multiplié les essais de missiles de courte portée ces derniers mois, dont le dernier en date mercredi dernier.

M. Trump a fait de la reprise des négociations sur le nucléaire avec Pyongyang un axe de sa politique étrangère et a rencontré à trois reprises Kim Jong-un. Le premier sommet marquant un spectaculaire rapprochement entre les deux pays ennemis s’était tenu en juin 2018 à Singapour. Mais en dépit de l’aspect historique de la rencontre, ce sommet n’avait pas donné lieu à des engagements précis vers la dénucléarisation, et n’a jamais été suivi d’avancée concrète.

La deuxième rencontre en février 2019 à Hanoï, au Vietnam, s’était soldée par un échec, butant notamment sur la question de la levée des sanctions réclamée par le régime reclus d’Asie de l’Est.  

Les deux hommes s’étaient de nouveau rencontrés en juin dernier dans la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées depuis la fin de la guerre (1950-53). M Trump était ainsi devenu le premier président américain à fouler le sol nord-coréen.