Washington s’inquiète de la situation au Cachemire

L’Inde et le Pakistan se sont partagés le Cachemire au moment de l’indépendance en 1947, et se sont notamment deux fois fait la guerre pour le contrôle de la région. [AFP]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Washington a de nouveau appelé l’Inde à lever ses mesures de répression dans la région du Cachemire et des parlementaires américains ont dénoncé les agissements de ce pays qui, en règle général, bénéficie du soutien des États-Unis.  

De hauts responsables américains ont également critiqué le bilan du Pakistan lors d’une audition au Congrès sur les droits humains en Asie du Sud. Mais presque tous les élus ont orienté leurs questions sur l’Inde, qui a révoqué en août l’autonomie du Cachemire.  

Les États-Unis «demeurent inquiets» des effets des agissements de New Delhi dans la Vallée du Cachemire, à majorité musulmane, a déclaré Alice Wells, responsable du département d’État pour l’Asie du Sud.

«Nous avons exhorté les autorités indiennes à respecter les droits humains et à restaurer le plein accès aux services, y compris internet et les réseaux mobiles», a-t-elle dit à des élus de la Chambre des représentants.  

La responsable a également exprimé son inquiétude sur la détention d’habitants, notamment des leaders politiques, et sur l’entrave à la couverture médiatique.  

Mi-octobre, la plupart des liaisons de téléphonie mobile au Cachemire, coupées à la suite de la révocation de l’autonomie de la région par New Delhi, avaient été rétablies, même si internet était resté bloqué.

L’élue du Minnesota Ilhan Omar a pointé du doigt les informations faisant état de camps de détention en construction dans l’Assam, État du nord-est de l’Inde, à la frontière avec le Bangladesh, pays à majorité musulmane.  

Près de deux millions de personnes ont été récemment exclues de la citoyenneté indienne par le gouvernement, qui affiche l’objectif de se débarrasser à terme de ceux qu’il désigne comme des «étrangers infiltrés». Ces habitants, potentiellement surtout des musulmans, pourraient se retrouver sans nationalité. 

«C’est ainsi que le génocide des Rohingya a commencé», a dit Mme Omar, de confession musulmane, faisant référence à la répression de l’armée birmane à l’encontre des musulmans Rohingya.  

«À quel moment nous ne partageons plus les mêmes valeurs avec l’Inde? Attendons-nous que les musulmans dans l’Assam soient mis dans ces camps?», a réagi l’élue progressiste.  

L’Inde et le Pakistan se sont partagés le Cachemire au moment de l’indépendance en 1947, et se sont notamment deux fois fait la guerre pour le contrôle de la région.