Après la déclaration de Macron, Trudeau se porte à la défense de l’OTAN

Les opérations du groupement tactique de l’OTAN dirigé par le Canada en Lettonie ont débuté le 19 juin 2017 par une cérémonie au camp Ādaži, en Lettonie à laquelle ont participé plus de 1 000 militaires provenant de sept nations de l’OTAN. (FAC)
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Après la déclaration du président français Emmanuel Macron sur la «mort cérébrale » de l’OTAN, le premier ministre Justin Trudeau s’est porté à la défense de l’organisation.

Jeudi, «Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN», déclarait Emmanuel Macron, l’expliquant par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés de l’OTAN et le comportement de la Turquie, membre de l’alliance atlantique.

Le même jour, le premier ministre canadien nouvellement réélu déclarait plutôt lors d’une rencontre à Ottawa avec les députés libéraux réélus, nouvellement élus et battus que l’OTAN continue de jouer un rôle important pour rapprocher le Canada et ses alliés au nom de la sécurité collective et des valeurs communes.

Appelé à commenter les propos du président français, Justin Trudeau a déclaré que « l’OTAN continue de jouer un rôle extrêmement important non seulement dans l’Atlantique Nord, mais également dans le monde en tant que groupe de pays qui se rassemblent pour partager des valeurs, qui partagent un engagement pour leur sécurité commune ».

«Et très franchement, le fait que le Canada ait su faire preuve d’un leadership important tant à Bagdad à la tête de la mission de formation en Irak que sur le front est de l’OTAN en Lettonie. (Ce) sont des exemples où l’OTAN a toujours un rôle important à jouer.»

Le Canada a déployé quelque 250 formateurs militaires qui se sont joints au personnel de pays partenaires dans le cadre d’une mission de l’OTAN pour aider l’Irak à bâtir une structure de sécurité nationale plus efficace et à améliorer la formation des forces de sécurité irakiennes.

Succédant au major-général canadien Danny Fortin, c’est la major-général Carignan qui prendra la tête de la mission alors que l’Irak est en proie à de violents soubresauts. 

Et en Europe centrale et en Europe de l’Est ,les Forces armées canadiennes (FAC) prennent part à l’opération REASSURANCE qui visent à renforcer la défense collective de l’OTAN et à démontrer également la force de la solidarité des alliés.

Non seulement les Forces canadiennes effectuent dans le cade de cette opération de l’instruction, des exercices, et des tâches propres à l’OTAN, mais le Canada dirige également un groupement tactique composé de militaires provenant de neuf pays (Albanie, Canada, Espagne, Italie, Monténégro, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie) visant à lutter contre l’agression russe dans les pays baltes.

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, créée en 1949 en réponse aux menaces de l’Union soviétique et dont le Canada est un membre fondateur, est, avec le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, l’une des alliances militaires les plus importantes du pays.

La chancelière allemande Angela Merkel et le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, se sont eux aussi dit en désaccord avec les critiques formulées publiquement par le président français sur l’état de l’Alliance atlantique.

«Le président français a choisi des mots radicaux, a déclaré Mme Merkel. Ce n’est pas mon point de vue de la coopération au sein de l’OTAN et je pense qu’un coup aussi dur n’est pas nécessaire, même si nous avons des problèmes, même si nous devons unir nos efforts.»

Pour sa part, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a également défendu la pertinence de l’OTAN, déclarant que l’organisation « …reste un partenariat stratégique important et crucial, peut-être historiquement l’un des plus cruciaux de toute l’histoire».

Mais il n’en demeure pas moins que l’absence de  »coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’OTAN » récemment et et que l’agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où les intérêts des autres membres de l’OTAN sont en jeu, sans coordination », représente un énorme problème pour l’Alliance.

Les griefs de la France devraient donc occuper une place importante lors de la réunion des dirigeants de l’OTAN à Londres en décembre.