Cisjordanie: pour le Canada, les colonies israéliennes sont toujours illégales

Les colonies érigées en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée sont considérées comme illégales par la communauté internationale. (Archives/AFP)
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Le Canada a confirmé qu’il ne partage pas le point de vue de l’administration Trump selon lequel les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée seraient légales au regard du droit international et l’a manifesté clairement en votant mercredi pour l’autodétermination des Palestiniens aux Nations unies.

Lundi, l’administration Trump a donné un nouveau coup de froid au consensus international sur le conflit israélo-palestinien, en annonçant que les États-Unis ne considéraient plus comme illégales les colonies de l’État hébreu en Cisjordanie occupée.

La décision américaine a certes plu à Israël, mais plusieurs pays ainsi que les Palestiniens ont prévenu qu’elle pourrait compromettre les perspectives de paix.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a présenté de nouveaux défis et, lorsque le président américain a décidé de déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem — une ville qui revêt une signification particulière pour les juifs, les musulmans et les chrétiens — l’ONU a protesté.

La position du Canada, affirmée dans le passé tant par les gouvernements conservateurs que conservateurs que libéraux reste quant à elle inchangée: les colonies en territoire occupée sont illégales.

C’est ainsi que mardi le Canada a voté en faveur de la motion pour l’autodétermination des Palestiniens aux côtés de 163 pays à l’Assemblée générale des Nations unies, tandis que cinq pays — les États-Unis, Israël, la Micronésie, les Îles Marshall et Nauru — ont voté contre et neuf autres se sont abstenus.

«Le Canada est attaché à l’objectif d’une paix globale, juste et durable au Proche-Orient, y compris la création d’un État palestinien vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Israël. Conformément à la position de longue date du Canada, il est important pour le moment de réitérer notre engagement pour une solution à deux États et envers l’égalité des droits et de l’autodétermination de tous les peuples.» a déclaré mercredi Adam Austen, porte-parole de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Les groupes de défense des affaires juives et israéliennes du Canada ont critiqué la position du gouvernement canadien, pourtant soutien quasi inconditionnel d’Israël à l’époque du gouvernement Harper, défait par les libéraux de Justin Trudeau en 2015.

«À notre avis, le cœur du conflit reste le refus des dirigeants palestiniens et de leurs sympathisants de reconnaître les liens indigènes du peuple juif avec la Terre d’Israël. C’est ce que l’ONU et le Canada devraient condamner », a déclaré B’Nai Brith Canada. « Nous appelons le Canada et le reste de la communauté internationale à faire pression sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle retourne à la table des négociations et à mettre fin aux pratiques préjudiciables, comme récompenser les terroristes et leurs familles. »

Le chef conservateur Andrew Scheer a pour sa part déclaré sur Twitter que cela marquait un retour au « scandaleux dénigrement d’Israël qui se produit régulièrement à l’ONU ».