Les forces irakiennes reprennent trois ponts de Bagdad aux manifestants

Des manifestants rassemblés sur le pont al-Joumhouriya, à Bagdad le 5 novembre 2019. [Archives/AFP]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Les forces irakiennes ont repoussé les manifestants qui bloquaient trois ponts de Bagdad et des affrontements se déroulent samedi matin dans une rue commerçante qui les relie à la place Tahrir, ont constaté des journalistes de l’AFP.


Mise à jour 09/11/2019, 10h53

Le centre de Bagdad a samedi des allures d’un champ de bataille avec des tirs intenses des forces antiémeutes contre la foule de manifestants antigouvernementaux, après un accord au plus haut niveau politique pour en finir avec la contestation « par tous les moyens ».

Conspué par les manifestants et un temps sur la sellette, le Premier ministre Adel Abdel Mahdi fait désormais consensus parmi partis et hommes politiques. Ceux qui avaient un temps poussé pour son départ, en tête desquels le versatile leader chiite Moqtada Sadr, ont fait volte-face notamment sous la pression de l’Iran voisin et de ses alliés à Bagdad.

L’intervention plus musclée des forces de sécurité survient donc à la suite d’un accord des principales forces politiques qui prévoit de mettre fin aux protestations, y compris par la force, le maintien du pouvoir en place et un « retour à la vie normale ». Cet accord fait craindre davantage de violences. En fin d’après-midi sur la place Tahrir, une médecin a affirmé à l’AFP que « les forces de sécurité se rapprochent ». « Nous entendons les tirs à balles réelles. »


Si le gros des manifestants est toujours massé sur la place, épicentre de la mobilisation qui réclame « la chute du régime », ils avaient aussi réussi à bloquer ces derniers jours quatre des douze ponts de Bagdad, théâtre d’affrontements avec les forces de l’ordre.

Les manifestants avaient d’abord avancé sur le pont al-Joumhouriya, qui relie Tahrir à la Zone verte, où siègent sous haute protection les autorités. 

Ce pont est désormais coupé par trois barrages de béton installés par les forces de l’ordre, les manifestants étant toujours bloqués samedi devant le premier.

D’autres protestataires avaient ensuite pris place sur les ponts Senek, al-Ahrar, et al-Chouhada, situés plus au nord.

Cette nuit, les forces de sécurité les ont repoussés sur ces trois ouvrages et au matin, elles en avaient totalement le contrôle, selon les journalistes de l’AFP.

Sur le pont Senek, des membres des forces de l’ordre cagoulés et armés étaient visibles.

Les forces de sécurité tirent désormais des grenades lacrymogènes sur les manifestants dans la rue Rachid, sur la rive orientale du Tigre, qui mène vers la place Tahrir. 

Cette rue bordée d’arcades et tracée pendant la 1ère guerre mondiale était considéré dans les années 1970 comme les Champs-Elysées de Bagdad. 

Elle est désormais jonchée de restes de pneus brûlés, d’étuis métalliques de grenades lacrymogènes et de douilles après des tirs à balles réelles ces derniers jours dans la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe.

Depuis le 1er octobre, l’Irak est en proie à des manifestations et des violences qui ont fait près de 300 morts, selon un bilan compilé par l’AFP.

Les autorités ont de nouveau coupé internet en début de semaine, faisant redouter une dispersion violente comme cela avait été le cas la première semaine d’octobre –marquée par 157 morts en six jours, selon le bilan officiel.