Mur de Berlin: Washington et l’UE critiquent la Russie et la Chine

Des résidents de Berlin-Ouest participent à la destruction du Mur, le 10 novembre 1989.. [AFP]
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Les États-Unis et l’Union européenne ont mis en garde vendredi contre les menaces posées par la Russie et la Chine, à la veille du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui avait fait espérer une ère de détente.

Les sorties concomitantes dans la capitale allemande du secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, et de la présidente désignée de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont alourdi un peu plus l’atmosphère morose qui prévaut cette année pour le Jubilé de la fin du Rideau de fer.

Le secrétaire d’État américain a dénoncé une Russie qui «envahit ses voisins» – l’Ukraine en 2014 – et «tue ses opposants politiques», et la Chine, accusée de porter une «nouvelle vision de l’autoritarisme».

Il a estimé que les États-Unis et leurs alliés devraient «défendre ce qui a été si durement gagné en 1989», lorsque le communisme s’est effondré, et «prendre conscience que nous sommes dans une compétition de valeurs avec des nations non libres».

M. Pompeo a parlé d’une Russie dirigée par «un ancien agent du KGB», Vladimir Poutine, qu’il a accusé de «tuer les opposants politiques».

M. Pompeo a aussi dénoncé le régime communiste chinois, qui porte selon lui «une nouvelle vision de l’autoritarisme».

Pour ces raisons, l’ancien directeur de la CIA a redit l’opposition des États-Unis au projet de gazoduc Nord Stream 2, soutenu par l’Allemagne, qui doit relier la Russie à l’Europe en contournant l’Ukraine.

«L’approvisionnement énergétique de l’Europe […] dépendra des caprices du président russe», a-t-il prévenu.

M. Pompeo a également mis en garde contre «l’intention des entreprises chinoises», en particulier le géant Huawei, de «construire des réseaux 5G».

Il a en outre fait une analogie entre la mobilisation populaire à l’Est en 1989 et le soulèvement actuel de «peuples épris de liberté», notamment à Hong Kong.

«Nous attendons du gouvernement chinois qu’il honore son engagement» de respecter la règle «un pays, deux systèmes» mis en place lors de la rétrocession de Hong Kong en 1997.

Pompeo a tenu ces propos au moment où le décès d’un manifestant suscitait à Hong Kong une nouvelle vague d’indignation au sein du mouvement pro-démocratie et laissait craindre de nouvelles violences.

Naïveté

Dans la soirée, c’est Mme von der Leyen, ancienne ministre allemande de la Défense, qui a pris le relais.

La chute du Mur de Berlin avait fait croire «que la victoire des démocraties libérales ne pourrait être stoppée» mais «aujourd’hui nous devons constater que notre autosatisfaction était naïve», a-t-elle dit dans un discours.

«Le Kremlin déplace par la violence les frontières en Europe et cherche à occuper tous les vides laissés par les États-Unis», a encore déploré celle qui remplacera le 1er décembre Jean-Claude Juncker à la tête de l’exécutif européen.

«Et je pense à la Chine, où les espoirs de rapprochement avec le modèle occidental ne se sont pas concrétisés», a dit Mme von der Leyen.

Dans ce contexte sombre, elle a toutefois pris la défense de l’OTAN, au lendemain des critiques du chef de l’État français qui l’avait jugée en état de «mort cérébrale», en raison notamment de l’attitude des États-Unis et de la Turquie.

«En dépit de tous les remous des dernières semaines, je trouve que l’OTAN s’est montrée remarquable en tant qu’écran protecteur de la liberté», a-t-elle affirmé.

S’il a lui aussi défendu l’Alliance atlantique, Mike Pompeo n’en a pas moins averti qu’elle courait «le risque de devenir obsolète» si les dirigeants ne respectaient pas leurs engagements, en particulier de financement militaire.  

Une critique à peine voilée de l’Allemagne en particulier, vilipendée régulièrement par Donald Trump pour son budget militaire jugé très insuffisant

La chancelière Angela Merkel donne samedi le coup d’envoi des cérémonies officielles des 30 ans de la chute du mur à Berlin, avec plusieurs dirigeants d’Europe centrale. Elles s’achèveront dimanche soir par un dîner avec Emmanuel Macron.

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L’Allemagne fête les 30 ans de la chute du Mur en pleines dissensions

L’Allemagne et l’Europe célèbrent samedi le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin qui avait mis fin à la division du continent, dans une atmosphère toutefois de zizanie entre les Alliés de l’époque de la guerre froide.

Signe du manque d’enthousiasme pour ce Jubilé, aucun des grands dirigeants occidentaux ne fait le déplacement samedi à Berlin.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a quitté le pays vendredi soir après deux jours de visite et le président français Emmanuel Macron n’arrivera que dimanche soir pour un dîner avec la chancelière Angela Merkel et le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

Avertissement

Aux mésententes entre les alliées de l’époque de la fin de la guerre froide, s’ajoutent zizanie entre les Alliés de l’époque de la guerre froide.

Malgré ce contexte sombre, les Berlinois célèbrent la chute du Mur qui a divisé leur ville durant plus de 28 ans jusqu’au soir du 9 novembre 1989.

Temps fort, Angela Merkel doit tenir un discours dans la matinée à l’intérieur d’une chapelle érigée dans une rue chargée d’histoire, la Bernauerstrasse, qui fut le théâtre de drames lors de la construction du Mur le 13 août 1961. Des habitants s’étaient jetés des fenêtres au péril de leur vie pour passer à l’Ouest.

Mémoire

La chancelière, originaire d’Allemagne de l’Est, sera accompagnée des présidents de Slovaquie, de Pologne, de République tchèque et de Hongrie, des pays qui il y a 30 ans ont largement préparé le terrain à la chute du Mur.

Le soir, ce sera au tour du président de la République, Frank-Walter Steinmeier, de s’adresser à la foule à la porte de Brandebourg.

Sur le plan intérieur aussi, l’Allemagne est loin d’afficher le même optimisme qu’il y a 30 ans. Angela Merkel a d’ailleurs reconnu que « cela prendrait un demi-siècle ou plus » pour achever la réunification allemande.

La fracture politique et économique entre l’Est et l’Ouest plus riche du pays reste d’une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans l’ex-RDA. 

« Les tendances nationalistes et protectionnistes gagnent du terrain dans le monde », a jugé vendredi Mme Merkel.

Le message anti-élites et anti-système de l’extrême droite fait mouche à l’Est où nombre de « Ossis » (le surnom des anciens Allemands de l’Est) estiment être traités comme des citoyens de seconde zone.

La chute du Mur de Berlin, le soir du 9 novembre 1989, s’était déroulée pacifiquement et les images des Allemands tombant dans les bras les uns des autres avaient fait le tour du monde. »Un moment de bonheur! », a d’ailleurs assuré Mme Merkel. 

« C’est un événement qu’on n’oublie jamais. C’était la folie! Le Mur était une forteresse imprenable et tout à coup il s’est effondré « , se souvient pour l’AFP Thomas Wendt, 67 ans, qui passa ce soir-là à Berlin-Ouest.