Pour l’ayatollah Sistani, l’Irak « ne sera plus le même » après la contestation

Un portrait de l'ayatollah Ali Sistani est brandi lors d'une manifestation anti-gouvernemantale dans la ville de Bassora, dans le sud de l'Irak, le 1er novembre 2019. [AFP]
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L’Irak « ne sera plus le même » après le mouvement spontané de contestation sociale déclenché il y a un mois, a estimé vendredi le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite d’Irak, dans une nouvelle marque de soutien aux manifestants.

« Si ceux qui sont au pouvoir pensent qu’ils peuvent se soustraire à de vrais réformes en gagnant du temps et en procrastinant, ils délirent », a déclaré le représentant du dignitaire religieux, Ahmad al-Safi, dans un prêche hebdomadaire prononcé au nom d’Ali Sistani dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad.

« Ils doivent savoir que (l’Irak) ne sera plus le même après ces manifestations », a-t-il ajouté.

L’Irak est le théâtre depuis le 1er octobre de manifestations d’envergure exigeant la fin de la corruption et la refonte du système politique. Elles ont été émaillées de violences qui ont coûté la vie à plus de 300 personnes, en majorité des manifestants.

Ali Sistani, 89 ans, a d’abord prudemment soutenu les manifestants, assurant que leurs demandes étaient « légitimes », mais s’est engagé plus avant ces derniers jours. Vendredi, il a estimé que les manifestations étaient « une façon honorable » pour parvenir à un changement.

« Rien de notable n’a été accompli pour l’instant » concernant les revendications des manifestants, a jugé le dignitaire religieux.

Cette semaine, l’ayatollah Sistani avait rencontré la cheffe de la mission d’assistance de l’ONU en Irak (Unami), Jeanine Hennis-Plasschaert, et adoubé selon elle la feuille de route de l’ONU pour une sortie de crise, avec des réformes électorales dans l’immédiat et, à court terme, des aménagements de la constitution.

Le Parlement a reçu un projet de nouvelle loi électorale mais ne s’est pas encore prononcé dessus. L’ayatollah Sistani l’a appelé à « travailler rapidement pour approuver une loi électorale juste qui restaurerait la foi du peuple dans le processus électoral ».

« Seul le peuple peut octroyer au gouvernement sa légitimité… Voter une loi qui n’offre pas au peuple cette possibilité ne serait ni acceptable ni utile », a-t-il ajouté.