Trump ira à Londres pour les 70 ans de l’Otan, en pleine campagne britannique

Donald Trump et Boris Johnson en septembre, à l'ONU à New York. [AFP]
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Le président des Etats-Unis Donald Trump participera début décembre au sommet des 70 ans de l’Otan à Londres, où il se trouvera ainsi au moment de la dernière ligne droite de la campagne d’élections législatives cruciales pour le Brexit.

Le sommet organisé au Royaume-Uni les 3 et 4 décembre se tiendra dans un golf de luxe près de la capitale britannique. Le milliardaire républicain et son épouse Melania Trump se rendront aussi à la réception donnée à cette occasion par la reine Elizabeth II au Palais de Buckingham, a annoncé vendredi la Maison Blanche.

Détracteur constant de l’Otan, le président américain a parfois semblé remettre en cause l’utilité même, et les principes cardinaux, de l’Alliance atlantique née en 1949 pour contrer l’Union soviétique au début de la Guerre froide. Il n’a cessé de bousculer les Alliés pour qu’ils mettent davantage la main au portefeuille au lieu de se reposer sur le colossal budget de la défense américaine, notamment l’Allemagne, accusée d’être le mauvais élève en termes d’effort militaire.

Mais ces derniers mois, Donald Trump a quelque peu mis ses critiques en sourdine, insistant, comme le fait la Maison Blanche dans son communiqué de vendredi, sur les « progrès sans précédent réalisés par l’Alliance pour mieux partager le fardeau financier, avec notamment plus de cent milliards de dollars de nouvelles dépenses de défense depuis 2016 ». Des progrès dont l’ex-homme d’affaires attribue la paternité à sa propre ténacité.

« Soixante-dix après sa création, l’Otan demeure l’alliance avec le plus grand nombre de succès à son actif dans l’Histoire, garantissant la sécurité, la prospérité et la liberté de ses membres », a souligné la présidence américaine.

Soutien à Boris Johnson?

« Le président mettra aussi l’accent sur la nécessité pour l’Otan de se préparer aux menaces de demain, y compris celles émanant du cyberespace, celles qui touchent nos infrastructures critiques et nos réseaux de télécommunications, et celles que pose le terrorisme », a-t-elle ajouté.

Au-delà du ton qu’il décidera d’employer à l’occasion de cet anniversaire en grande pompe, la visite de Donald Trump sera aussi scrutée à la lumière des élections britanniques du 12 décembre.

A moins de dix jours d’un scrutin sous forme de quitte ou double pour son « ami » Boris Johnson, va-t-il en profiter pour lui apporter un soutien appuyé? Le Premier ministre conservateur, champion du Brexit, espère décrocher la majorité absolue qui lui manque au Parlement pour faire adopter son accord de divorce négocié avec l’Union européenne.

Par le passé, le président américain n’a pas caché tout le bien qu’il pensait de « Boris », dont il a même relevé qu’on le surnommait parfois « le Trump britannique ». Il lui a promis un « magnifique » accord commercial bilatéral après la sortie de l’UE, argument de poids des partisans du Brexit pour garantir que l’économie britannique ne souffrira pas de la séparation.

Mais récemment, le milliardaire républicain, qui affiche aussi sa sympathie pour l’europhobe Nigel Farage, s’est montré plus réservé par le contrat de divorce négocié par Boris Johnson avec Bruxelles, jugeant qu’il compromettait la possibilité d’un accord de libre-échange américano-britannique.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump se retrouve au Royaume-Uni dans une phase cruciale de la politique britannique.

Début juin, il s’y était rendu juste avant la démission de la Première ministre Theresa May, qu’il n’avait cessé de tacler dans les mois précédents. Il en avait profité pour courtiser les candidats à sa succession, Boris Johnson en tête.