Yémen: l’Arabie saoudite en « contact » avec les rebelles Houthis, selon un responsable

Photo fournie par le palais royal saoudien montrant (de G à D) le prince héritier d'Abou Dhabi Cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi et le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane dans la capitale saoudienne Ryad le 5 novembre 2019. [AFP]
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L’Arabie saoudite est en « contact »  avec les rebelles Houthis pour mettre fin à la guerre au Yémen, a indiqué mercredi un haut responsable saoudien.

« Nous avons un canal ouvert avec les Houthis depuis 2016 et nous continuons ces contacts pour parvenir à la paix au Yémen », a déclaré ce responsable à des journalistes, sous le couvert de l’anonymat.

Cette annonce intervient après la signature mardi à Ryad d’un accord de partage du pouvoir dans le sud du Yémen, parrainé par l’Arabie saoudite.

L’accord met théoriquement fin au conflit entre le gouvernement soutenu par Ryad et les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC), appuyé par les Emirats arabes unis.

« Nous ne fermons pas nos portes aux Houthis », a ajouté le responsable saoudien, sans fournir de détails sur les modalités du dialogue avec les insurgés yéménites.

Cette annonce fait suite à une recrudescence des attaques de missiles et de drones par les rebelles contre les villes saoudiennes, suivie d’une accalmie relative ces dernières semaines.

Les Houthis n’ont pas réagi dans l’immédiat à cette déclaration.

Ces rebelles, soutenus politiquement par l’Iran, se sont emparés de la capitale Sanaa en 2014 et ont pris ensuite le contrôle de pans entiers du nord du pays.

L’Arabie saoudite est intervenue militairement en mars 2015, à la tête d’une coalition, pour les empêcher de contrôler totalement le pays.

Lors d’une visite en Arabie saoudite en septembre, le secrétaire-adjoint américain aux affaires du Proche-Orient, David Schenker, avait annoncé l’existence de contacts entre l’administration américaine et les rebelles yéménites.

L’Arabie saoudite avait tablé sur une défaite rapide des Houthis, à la faveur de son intervention, mais le conflit perdure depuis.

« Si les Houthis (sont) sérieux en ce qui concerne une désescalade et acceptent de s’asseoir à la table (des négociations), l’Arabie saoudite soutiendra leur démarche et apportera son appui à tous les partis politiques pour parvenir à une solution » négociée, a ajoute le responsable saoudien.

Le 21 septembre, les Houthis avaient annoncé contre toute attente être prêts à faire la paix avec Ryad, réitérant une proposition de trêve.

L’Arabie saoudite avait réagi avec prudence à cette initiative, affirmant qu’elle jugerait les Houthis « sur leurs actes et non leurs paroles ».

La proposition de trêve des Houthis a suivi leur revendication des attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, mise en doute par Ryad et Washington, qui les ont attribuées à l’Iran.

Téhéran a démenti toute responsabilité dans ces attaques qui ont réduit momentanément de moitié la production de pétrole saoudienne.