Afghanistan: une attaque de talibans fait deux morts près d’une base américaine

Des bâtiments endommagés sur les lieux d'une attaque de talibans, le 11 décembre 2019 à près de la base américaine de Bagram, au nord de Kaboul, en Afghanistan. (AFP)
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Une attaque revendiquée par les talibans contre un hôpital en construction près de la base américaine de Bagram, au nord de Kaboul, a fait mercredi deux morts et 73 blessés civils, a indiqué le ministère afghan de l’Intérieur.

L’attaque, lancée tôt mercredi matin avec l’explosion d’une camionnette piégée et suivie par un assaut de sept hommes, est survenue malgré la reprise samedi à Doha de négociations entre les insurgés et les Etats-Unis sur un retrait des troupes américaines d’Afghanistan mais aussi sur une réduction de la violence voire un cessez-le-feu.

« C’est exactement le genre d’acte que nous voulons tenter de réduire », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo devant la presse à Washington, condamnant « le plus fermement possible » cette « attaque terroriste coordonnée ».

« Deux civils afghans ont été tués et 73 ont été blessés », a déclaré le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, Nasrat Rahimi.

Après l’explosion, sept assaillants « ont pris position dans l’immeuble de l’hôpital en construction », selon le gouverneur du district de Bagram, Abdul Shukoor Qudoosi.

Mercredi soir, M. Rahimi a annoncé sur Twitter que « tous les assaillants » avaient été « abattus ».

« Le combat continue et des dizaines d’occupants américains et leurs serviteurs afghans ont été tués et blessés », a pour sa part déclaré dans un communiqué sur la messagerie WhatsApp Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans, qui exagèrent souvent les pertes infligées à leurs adversaires.

Cinq soldats géorgiens blessés

Dès mercredi matin, la mission de l’Otan à Kaboul, Resolute Support, avait déclaré qu’il n’y avait « pas de victimes américaines ou de la coalition » et que la base de Bagram était « restée en sécurité tout au long de l’attaque ».

Cinq soldats géorgiens ont été « légèrement blessés » mais sont « dans un état stable » et « ne nécessitent pas d’hospitalisation », a toutefois fait savoir le ministère géorgien de la Défense.

Selon M. Mujahid, l’attaque a démarré à 06H00 (01H30 GMT) par « un aspirant au martyre qui a fait exploser sa camionnette près du mur de la base américaine », ouvrant la voie à d’autres combattants qui ont « atteint les baraquements ».

Selon le gouverneur du district en revanche, les assaillants ont investi l’hôpital en construction « pour viser la base militaire de Bagram à côté ».

Cette dernière, contrôlée par les forces américaines, se trouve à environ 60 km au nord de Kaboul. L’accès à son entrée principale, près de laquelle a eu lieu l’attaque, est bordé par un petit village avec un marché. L’explosion a endommagé les habitations sur un rayon de 200 à 300 mètres, selon le ministère de l’Intérieur.

Donald Trump a effectué une visite surprise à Bagram le 28 novembre pour y fêter Thanksgiving avec ses troupes et y rencontrer son homologue afghan Ashraf Ghani.

Le président des Etats-Unis y avait annoncé la reprise du dialogue avec les talibans qu’il avait stoppé début septembre après un attentat revendiqué par les insurgés à Kaboul qui avait fait douze morts, dont un soldat américain.

Selon le projet d’accord qui semblait sur le point d’aboutir à ce moment-là, en échange d’un retrait des forces américaines, les insurgés devaient s’engager à des mesures de sécurité, le lancement d’un dialogue interafghan et une réduction de la violence.