Incendie à bord de l’unique porte-avions russe

Le porte-aéronefs Amiral Kouznetsov amarré dans le port de Mourmansk le 19 août 2009. (AFP/Archives/Vasily MAXIMOV)
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Un incendie a éclaté jeudi sur l’unique porte-avions russe, l’Amiral Kouznetsov, lors de travaux sur le navire alors qu’il était à quai à Mourmansk, le dernier incident d’une longue liste dans la Marine.

Selon les agences de presse russes, un ouvrier est porté disparu et six sont blessés après cet incendie qui a lieu tout juste plus d’un an après un précédent incident, au cours duquel le quai flottant sur lequel le porte-avion était amarré avait coulé, faisant un mort.

Unique porte-avion de la flotte russe, le vieillissant Amiral Kouznetsov subit des travaux de réparation et de maintenance depuis début 2017, prévus pour durer jusqu’en 2021.

Selon l’agence Ria Novosti, qui cite le chantier naval Zvezdotchka en charge des travaux, le feu a démarré alors que des opérations de soudure étaient en cours. « L’incendie, qui a pris dans la première salle des machines, n’a pas dépassé ses limites », a de son côté indiqué une source dans les services de secours à l’agence publique TASS.

« C’est une erreur humaine », a indiqué à l’agence Interfax Alexeï Rakhmanov, le président de l’entreprise publique russe United Shipbuilding Corporation (USC) qui possède Zvezdotchka, ajoutant qu’une enquête sera menée pour savoir si les travaux de soudures étaient conformes aux normes de sécurité.

Trois ouvriers étaient dans un premier temps portés disparus mais deux ont été retrouvés, un étant toujours disparu selon les agences russes. « Six personnes ont été blessées », a précisé une source dans les services de secours à l’agence TASS.

Le ministère de la Défense, cité par les agences, a lui indiqué que « deux militaires ont reçu une aide médicale » mais que « leur vie n’est pas en danger ».

Plus de 400 personnes se trouvaient sur le navire quand l’incendie s’est déclaré, a précisé un porte-parole de Zvezdotchka à l’agence TASS. « Tous les travailleurs qui effectuaient des travaux sur le porte-avion ont été évacués », a indiqué l’entreprise USC, citée par Ria Novosti.

Accidents à répétition

L’incendie n’était pas encore circonscrit à la mi-journée. Selon les sources des agences russes, le feu s’étalerait sur une superficie allant de 120 à 600 m2.

Mis en service en 1990, l’Amiral Kouznetsov a notamment été déployé ces dernières années en Méditerranée dans le cadre de l’intervention russe en Syrie. Au cours de cette mission, deux avions de chasse s’étaient écrasés alors qu’ils tentaient d’apponter sur le navire, les pilotes pouvant à chaque fois s’éjecter et être récupérés.

En 2009, un incendie causé par un court-circuit alors que le porte-avion était ancré au large de la Turquie avait tué un marin.

Dernier incident en date en octobre 2018, une grue de quinze mètres s’était effondrée sur le pont de l’Amiral Kouznetsov à cause d’une coupure de courant ayant fait stopper les pompes puis couler le dock flottant — unique en son genre en Russie — auquel le porte-avion était amarré.

Cible de moqueries récurrentes en Russie et à l’étranger, l’Amiral Kouznetsov n’avait pas subi de réparations majeures depuis 1997. Chacun de ses problèmes relance en Russie le débat sur la construction d’un second porte-avion, jusqu’alors reportée pour des raisons financières.

Les problèmes touchant l’Amiral Kouznetsov ne sont pas isolés: sur les dix dernières années, trois incendies se sont déclarés sur des sous-marins russes en réparation, les experts mettant en cause le non respect récurrent des normes de sécurité sur les chantiers navals russes.

Plus dramatique, 14 sous-mariniers sont morts en juillet 2019 dans l’incendie d’un sous-marin de recherche d’une unité d’élite de la marine russe, alors qu’il menait une mission d’entraînement dans la mer de Barents.

La pire catastrophe qu’ait connue la marine russe est la tragédie du sous-marin nucléaire Koursk, qui a sombré avec 118 hommes en août 2000. Vingt-trois sous-mariniers avaient survécu plusieurs jours mais étaient morts avec le reste de l’équipage faute d’avoir été secourus à temps.