La Corée du Nord mène un « test très important » depuis une base de lancement

Des images satellites de DigitalGlobe (groupe Maxar) montrent la base de lancement de satellites nord-coréenne de Sohae les 5 décembre 2018 (en haut) et 2 mars 2019 (en bas). [AFP]
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La Corée du Nord a annoncé dimanche avoir mené un « test très important » depuis sa base de lancement de satellites de Sohae, entouré de mystère mais significatif de l’échec des négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington.

L’information a été rapportée par l’agence officielle KCNA, qui n’a donné aucune précision sur l’engin ou l’arme testée.

« Un test très important a eu lieu à la base de lancement de satellites de Sohae l’après-midi du 7 décembre », a déclaré un porte-parole de l’Académie nationale des sciences du Nord.

Le résultat de ce test aura un « effet important » en changeant le « statut stratégique » de la Corée du Nord, a-t-il ajouté.

Ce même samedi, le président américain Donald Trump se félicitait encore devant la presse à Washington de sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

« Je pense qu’on veut tous les deux garder ça comme ça. Il sait que j’ai une élection qui arrive », avait-il dit, confiant qu’il serait « surpris si la Corée du Nord agissait de manière hostile ».

Situé sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord, le site de Sohae, également connu sous le nom de Tongchang-ri, a été au coeur de la diplomatie à trois entre Pyongyang, Séoul et Washington depuis plus d’un an.

Il donne toutes les apparences d’un centre spatial pour mettre des satellites sur orbite. Mais les Nord-Coréens l’ont utilisé pour plusieurs lancers de fusées condamnés par la communauté internationale, laquelle dénonce des entraînements au tir de missiles à longue portée.

Rapide reconstruction

Lors d’un sommet à Séoul en septembre 2018, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’était engagé à le fermer. Puis les progrès pour aller vers la « dénucléarisation » de la péninsule coréenne avaient fait long feu.

En mars avaient été repérés par satellite des travaux sur cette base en vue d’une « rapide reconstruction ».

D’autres images satellites prises jeudi montraient un grand conteneur qui semblait « un indicateur à peu près fiable des préparatifs d’un test d’engin », d’après Jeffrey Lewis, un spécialiste de l’armement nucléaire en Asie orientale au Middlebury Institute à Monterey (Californie, ouest des Etats-Unis).

S’exprimant avant l’annonce de la Corée du Nord dimanche, cet expert y voyait « un signe de plus que la Corée du Nord mène de plus en plus d’activités dans les missiles à mesure qu’approche la date butoir de Kim Jong Un pour un relâchement des sanctions ».

Pyongyang souhaite qu’avant le 31 décembre Washington formule une proposition de nature à relancer les pourparlers de paix.

Mais samedi, deux déclarations avaient confirmé que l’heure était aux tensions.

« La situation actuelle dans la péninsule coréenne est grave », avaient estimé les présidents américain et sud-coréen, Donald Trump et Moon Jae-in, lors d’une conversation téléphonique, selon la présidence sud-coréenne.

Et l’ambassadeur nord-coréen aux Nations unies Kim Song a affirmé que « la question de la dénucléarisation n’est plus sur la table des négociations ».