Message du Nouvel An de la gouverneure générale: «Mon pays – ce n’est pas un pays, c’est l’hiver!»

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Mon pays – ce n’est pas un pays, c’est l’hiver!

Ça, c’est le moins qu’on puisse dire!

On n’a pas toujours le goût de sortir, surtout – comme le dit si bien Gilles Vigneault – surtout
« quand la neige au vent se marie, dans ce pays de poudrerie ». 

Mais une fois dehors, quel bonheur.

Que vous soyez d’ici, ou que vous ayez choisi de venir vivre ici, que vous soyez de passage ou y avez trouvé refuge, c’est votre pays, un pays d’une grandiose beauté, ouvert à tous qui mérite d’être exploré et célébré. Beau temps, mauvais temps.

Car nous avons de la chance. Nous partageons des valeurs et des intérêts. On peut être fiers de notre diversité et de ces traits mêmes qui nous unissent : l’ouverture, la tolérance, l’égalité des chances, les actions que nous portons en faveur de la paix et de la collaboration.

Nous sommes une nation talentueuse et habile, à l’image des peuples autochtones qui habitent cette terre ancestrale depuis des millénaires, et qui nous ont montré comment survivre dans le froid, comment apprécier la nature et l’importance de la communauté.

Je l’ai bien vu durant mes nombreux voyages cette année. Les Canadiens sont fort occupés et ils sont partout à nous faire honneur, qu’ils soient artistes, scientifiques, entrepreneurs, athlètes. Jeunes ou moins jeunes. Nous sommes tous des ambassadeurs.

Cette année, nous nous sommes aussi arrêtés pour nous rappeler que la liberté dont nous jouissons aujourd’hui a eu un terrible prix. Nous sommes allés en France, en Hollande, en Italie pour commémorer la 2e guerre mondiale, car il y a 75 ans, nos soldats canadiens combattaient pour libérer l’Europe de la tyrannie.

Ce qui frappe, quand on visite des cimetières de guerre canadiens à l’étranger, ce sont les rangées de pierres tombales identiques qui s’étendent à perte de vue et sur lesquelles on voit une simple feuille d’érable, un nom, une date. En voyant les vétérans – ces vaillants soldats d’une autre époque – défiler entre les tombes de leurs camarades tombés au combat, on ne peut qu’être ému. Nombreux de ces soldats sont morts avant d’avoir 20 ans, certains juste avant Noël, tous, sont morts loin de chez eux. 

Et on ne peut que s’interroger sur le sens de la vie, sur ses surprises, ses amitiés, mais aussi ses injustices et ses souffrances. Et sur la nécessité absolue de s’élever contre la haine et la violence sous toutes ses formes et de travailler sans relâche, tous ensemble, pour notre bien commun.

Ça, le grand poète Gilles Vigneault l’a aussi relevé dans son ode à l’hiver :

Ma maison, c’est votre maison!
(…)
Je mets mon temps et mon espace
À préparer le feu, la place
Pour les humains de l’horizon
Et les humains sont de ma race

J’espère que vous passez un Temps des Fêtes plein de rires et de plaisirs. J’espère que vous êtes avec les gens que vous aimez, en famille, avec vos amis. Que vous restez actifs. Que vous tendez la main, chacun à votre façon, à ceux moins fortunés ou ceux qui en ont besoin.

Bonne et heureuse année à vous tous.