Syrie: 15 civils tués dans des frappes aériennes sur Idleb

Un marché de Maaret al-Noomane, après un bombardement, à Idleb en Syrie, le 2 décembre 2019. [AFP]
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Quinze civils ont été tués lundi dans des raids aériens sur la province d’Idleb, dont 13 dans des frappes du régime sur un marché de cette région du nord-ouest syrien, théâtre de violents combats avec les groupes rebelles et jihadistes, selon une ONG.


Mise à jour 03/12/2019, 6h26

Près de 20 civils sont morts lundi dans des bombardements à Idleb, dont 13 lors de frappes du régime sur un marché de cette région syrienne, secouée par les plus violents combats avec les rebelles et jihadistes en trois mois de trêve.

Ailleurs dans le pays, au moins 11 civils, dont huit enfants de moins de 15 ans, ont été tués dans des bombardements turcs sur une ville du nord sous contrôle kurde, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


Depuis samedi, les affrontements qui opposent les forces du régime de Bachar al-Assad aux groupes rebelles et jihadistes ont par ailleurs tué 101 combattants dans les deux camps, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Lundi, des bombardements aériens du régime ont visé un marché de Maaret al-Noomane, ville du sud d’Idleb, faisant 13 morts et 18 blessés parmi les civils, selon un nouveau bilan de l’OSDH.

Devant les vitrines aux rideaux de fer tordus et déchiquetés, les corps sont extirpés des décombres et transportés dans des ambulances par les secouristes, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le corps d’une femme, affaissé sur le siège passager d’une camionnette, a été sorti du véhicule, avant d’être mis à terre et recouvert de couvertures.

De gros sacs d’oignons sont entassés devant une boutique, des oranges jonchent l’asphalte et des cageots sont recouverts de débris.

« On s’est réfugiés dans nos boutiques, on s’est jetés à terre », raconte Maher Mohamed, un vendeur de 35 ans.

« L’aviation a bombardé la moitié du souk, nos voisins sont morts, sept ou huit d’entre eux », ajoute-t-il.

Sur leur page Facebook, les Casques blancs, secouristes en territoire rebelle, ont partagé une vidéo montrant deux enfants au visage ensanglanté et en pleurs, accroupis à l’entrée d’une bâtisse et réclamant leurs parents. La vidéo a été tournée à Maaret al-Noomane après les bombardements sur le marché, assure le groupe mais l’AFP n’a pas pu la vérifier de manière indépendante. 

Ailleurs dans la province, un civil a été tué dans des raids du régime sur la localité de Saraqeb, et un autre dans l’est d’Idleb par des frappes aériennes de Moscou, allié du pouvoir syrien, selon l’Observatoire.

Trêve précaire

La province d’Idleb est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Cette région, et des secteurs adjacents des provinces d’Alep, Hama et Lattaquié, échappe toujours dans sa vaste majorité au régime.

Ces zones abritent aussi plusieurs autres groupuscules jihadistes et des rebelles affaiblis.

Lundi, les combats entre forces du régime et factions rebelles et jihadistes se poursuivent dans le sud-est d’Idleb, à quelques dizaines de kilomètres de Maaret al-Noomane, d’après l’Observatoire.

Ces dernières 48 heures, 54 membres des forces du régime et 47 combattants dans le camp adverse ont été tués, selon l’OSDH.

Ces combats sont les plus meurtriers depuis l’entrée en vigueur fin août d’un fragile cessez-le-feu, d’après la même source.

Entre fin avril et fin août, Idleb avait été pilonnée sans répit par l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe. L’offensive a tué près d’un millier de civils, selon l’Observatoire, et déplacé plus de 400.000 personnes, d’après l’ONU.

En dépit de la trêve, les combats au sol, d’abord sporadiques, se sont intensifiés tandis que 179 civils, dont 45 enfants, sont morts dans les bombardements depuis fin août, selon l’OSDH.

En octobre, le président syrien Bachar al-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d’Idleb était la clé pour y mettre fin.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par le régime de Damas, a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.