Teluq et le Service d’accréditation et d’encadrement des militaires

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Comme aidante naturelle d’un vétéran, le rythme et la flexibilité de la formule de la Télé-Université du Québec (TÉLUQ) où j’étudie les relations publiques me conviennent parfaitement. Nouvellement élue à titre de représentante des étudiant(e)s en communication, ce fût une belle opportunité d’en connaître un peu plus sur la relation entre l’université québécoise à distance et la communauté des militaires et des vétéran(e)s puisqu’ils sont annuellement entre 250 et 300 à joindre ses rangs pour faire avancer une carrière militaire ou en prévision d’une deuxième carrière. Entrevue avec Lina Racine, coordonnatrice à l’encadrement qui m’a permis de mieux connaître le «Service d’accréditation et d’encadrement des militaires» (SAEM), spécifique à la TÉLUQ.

Un peu d’histoire

En mai 1987 est né un protocole d’entente entre les Forces Armées Canadiennes et la Télé-Université connu sous le «Plan Universitaire des Forces Canadiennes». Vers 2008, l’entente n’ayant pas été renouvelée (semblerait-il pour des raisons financières), la Télé-Université a choisi de continuer à desservir la communauté militaire et vétéran(e) d’une façon indépendante en créant le SAEM.

Un lien naturel

Comme l’apprentissage, les travaux et l’encadrement se font à distance via un site web, la TÉLUQ répond très bien aux besoins spécifiques de la vie militaire. Comme pour les civils, la formule d’encadrement est la même pour tous: le cours donné à partir d’un site web, une feuille de route permet de se situer à l’intérieur des 15 semaines sur lesquels s’échelonne le cours, sans avoir à la respecter. Pour ma part, j’ai réussi un cours en 3 semaines. Mais comme la formule est flexible, elle permet de composer avec les aléas du service. Notamment, en cas d’exercice ou de déploiement, un report de cours permettant 4 mois additionnels pour compléter le cours.

Lorsqu’un cours exige un examen final sous surveillance (ce n’est pas le cas de tous), le lieu de l’examen se situe toujours dans un rayon de 50 kilomètres du lieu de domicile, qui peut être ailleurs dans le monde, que ce soit de façon ponctuelle ou permanente. Souvent avec le support d’un officier de sélection du personnel ou un superviseur qui facilitera le processus, il aura lieu sur la base militaire, à l’ambassade, etc.. Malgré l’absence d’une entente officielle, la relation établie depuis plus de 35 avec les FAC existe toujours. «On a même eu des examens sous surveillance en Afghanistan», souligne Lina Racine.

Il est important de rappeler que le militaire qui doit déménager pour des raisons professionnelles dans un autre pays n’est pas considéré comme un «étudiant étranger», seuls certains frais supplémentaires s’appliqueront (par exemple, pour l’envoi du matériel). Fondamentalement, tout est en place pour permettre à un militaire actif de poursuivre ses études universitaires.

Un service militaire qui vaut des crédits universitaires

Les programmes du domaine des sciences de l’administration sont de loin les plus populaires. Plusieurs militaires actifs sont stratégiques en complétant un «bacc. par cumul» composés de 3 certificats de 30 crédits. Qu’ils soient inscrits dans un seul programme (parfois 2 simultanément), ils sont ainsi en mesure de bénéficier beaucoup plus rapidement des avantages de voir leur certificat universitaire inscrit (un à la fois) à leur PE806 (ou MPRR) versus d’entreprendre un traditionnel cheminement de baccalauréat composé de 90 crédits, plus long à compléter.

Comme pour les civils, les militaires peuvent se voir reconnaître des cours complétés ainsi que des compétences développées au sein des FAC (et au civil) afin de se voir créditer des cours dans le cadre d’un programme universitaire. C’est le rôle de Lina Racine, une experte de l’analyse du MDN P-PE806 (ou MPRR), d’identifier les éléments ce qui pourraient faire l’objet d’une reconnaissance de crédits. «Les militaires éprouvent beaucoup de difficulté à reconnaître ce qu’ils ont développé au cours de leur carrière», ajoute-t-elle.

Il n’est pas rare que des militaires ne possèdent pas d’éducation collégiale. Toutefois, leur carrière au sein des FAC leur a permis de développer des compétences qui peuvent en faire l’objet. Par conséquent, un militaire possédant un grade de caporal-chef (ou un grade supérieur) pourrait se voir reconnaître jusqu’à 6 crédits dans la majorité des programmes d’étude en administration et en gestion. Ce ne sont pas que des cours en particulier qui sont ciblés, mais aussi les compétences développées par l’expérience pertinente aux domaines de l’administration ou de la gestion des ressources humaines (ex: supervision de personnel, etc..).

Ainsi, un militaire ayant suivi son cours de techniques d’instruction élémentaire et possédant au moins une année d’expérience comme instructeur dans une école des FAC pourrait se voir attribuer 3 crédits universitaires dans un éventail de 6 programmes différents (certificat en études pluridisciplinaires, programme court en intervention éducative auprès des adultes, baccalauréat en administration, etc..), selon son choix. Pour connaître la liste des cours militaires déjà reconnus et crédités ainsi que les programmes dans lesquels ils s’inscrivent, cliquez ici: https://www.teluq.ca/site/saem/formation.php

Avant d’entreprendre une demande de reconnaissance des acquis, rappelle madame Racine, il est important que le militaire/vétéran(e) ait préalablement effectué son choix de programme en lien avec son objectif professionnel ou personnel. On ne peut pas «magasiner son programme» en fonction des crédits qu’on pourrait se faire reconnaître. C’est pourquoi il est important de se référer à son officier de sélection du personnel (ou un conseiller en orientation pour les vétéran(e)s ) afin d’aider à faire un choix. La demande de reconnaissance doit obligatoirement s’inscrire dans le cadre d’un choix de programme précis en lien avec ses motivations, intérêts et objectifs personnels et/ou professionnel.

Évidemment, dépendamment de votre situation, vous pourriez être éligible à une allocation fiancière pour études et formation d’Anciens Combattants Canada https://www.veterans.gc.ca/fra/education-and-jobs/back-to-school/education-training-benefit.

Pour plus d’information, n’hésitez pas à communiquer avec Lina Racine, coordonnatrice à l’encadrement à la TÉLUQ au 1-800 665-4333 p. 5279 ou par courriel à lina.racine@teluq.ca qui se fera un plaisir de répondre à toutes vos questions.

A vous et à votre famille,

Merci de votre service.