Trump rencontre aujourd’hui le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov

Poignée de main entre Donald Trump et Segueï Lavrov le 10 mai 2017 à la Maison-Blanche à (AFP/ministère russe des affaires étrangères)
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Donald Trump reçoit ce mardi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, une rencontre qui sera scrutée avec attention tant les relations du président américain avec Moscou ont été marquées par d’innombrables controverses.


Mise à jour 10/12/2019, 20h42

L’ingérence électorale russe dans les élections américaines continue de faire obstacle au rapprochement avec Moscou voulu par Donald Trump: alors que la Maison-Blanche a affirmé mardi que le président américain avait lancé un avertissement au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, celui-ci a aussitôt démenti.

Cette déclaration prend un relief particulier si l’on considère les atermoiements passés du milliardaire républicain sur cette question brûlante, malgré le consensus formel du renseignement américain qui a conclu à une ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016, qu’il a remportée.

Mais Sergueï Lavrov a clairement nié avoir reçu directement cet avertissement de la bouche de l’ex-homme d’affaires new-yorkais. «En fait nous n’avons même pas parlé d’élections», a-t-il dit lors d’une conférence de presse à l’ambassade de Russie à Washington. Il a ensuite néanmoins semblé suggérer avoir évoqué avec Donald Trump une telle mise en garde émise un peu plus tôt par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.


Mise à jour 10/12/2019, 17h38

L’administration Trump semble avoir dû se résoudre à menacer par la bouche de son secrétaire d’État la Russie de représailles en cas d’ingérence dans les prochaines élections américaines, tout en tentant une énième fois de relancer les relations lors d’une nouvelle visite controversée du chef de la diplomatie russe à la Maison-Blanche.

«J’ai dit clairement nos attentes» : «Si la Russie ou tout autre acteur étranger prenait des mesures pour saper nos processus démocratiques, nous riposterions», a ainsi lancé le secrétaire d’État Mike Pompeo lors d’une conférence de presse, comme pour mieux repousser les critiques de tous ceux, nombreux au sein de la classe politique américaine, qui voient d’un mauvais œil le tapis rouge déroulé au ministre russe qui a, pour sa part, une nouvelle fois rejeté des accusations qu’il considère «sans fondement» ni «preuves».

La volonté de rapprochement exprimée par le président des États-Unis comme par son homologue russe Vladimir Poutine se heurte depuis trois ans aux accusations d’ingérence russe dans le scrutin de 2016 remporté par le milliardaire américain. Bien que le renseignement américain soit formel sur le rôle de Moscou, Donald Trump a lui-même souvent semblé minimiser cette accusation. Et des soupçons de nouvelles ingérences russes dans la présidentielle américaine de 2020 émergent déjà.


« Le président Trump rencontrera demain (mardi) le secrétaire d’Etat Mike Pompeo et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour évoquer l’état des relations bilatérales », avait confirmé lundi à l’AFP un haut responsable de l’administration américaine sous couvert d’anonymat.

La dernière visite du ministre russe à la Maison Blanche, en mai 2017, avait fait couler beaucoup d’encre: son passage dans le Bureau ovale avait alimenté une polémique sur l’éventuelle divulgation par Donald Trump de documents confidentiels sur la Syrie.

Les photos de la rencontre, diffusées par l’agence russe d’Etat Tass et à laquelle avait aussi participé l’ambassadeur russe Sergueï Kysliak, montraient un M. Trump tout sourire face aux diplomates. Elles avaient provoqué de très vives réactions dans le camp démocrate qui dénonce de longue date la bienveillance de Donald Trump vis-à-vis de son homologue russe Vladimir Poutine.

La rencontre entre MM. Trump et Lavrov intervenait par ailleurs après celle lundi entre M Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky qui se sont rencontrés à Paris afin de relancer le processus de paix en Ukraine sous la houlette de la France et de l’Allemagne.

Après trois ans de paralysie des négociations pour tenter de mettre fin à la guerre dans l’est de l’Ukraine, la rencontre entre le maître du Kremlin, rompu aux rapports de force internationaux, et le jeune président ukrainien, un ancien comédien arrivé au pouvoir en mai, était très attendue. A l’issue de cette dernière, M. Poutine a salué un « pas important » vers une désescalade.

La guerre entre Kiev et les séparatistes pro-russes a fait plus de 13.000 morts dans le Donbass, bastion industriel de l’Est ukrainien, et un million de déplacés depuis 2014.

*Avec AFP