Au Sommet de Pau, France et G5 Sahel s’entendent pour une «Coalition pour le Sahel»

Le président français et ses homologues africains - Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Déby (Tchad) - réunis à Pau lundi 13 janvier 2020, [Capture d'écran/45eNord.ca]
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Réunis à Pau, ce lundi 13 janvier 2020, les chefs d’États de la France, du Mali, du Niger, du Tchad, du Burkina Faso et de la Mauritanie, ont clarifié le cadre militaire et politique de la présence française au Sahel.

Si les populations des cinq pays membres ont du mal à bien comprendre le rôle et la présence de la France au Sahel, leurs dirigeants et le président français Emmanuel Macron se sont entendus pour poursuivre «l’engagement militaire de la France au Sahel et ont plaidé pour un renforcement de la présence internationale à leurs côtés».

Après le décès de 13 militaires français au Mali fin novembre 2019, suite à la collision annoncée de leurs hélicoptères, Emmanuel Macron avait souhaité réunir les dirigeants des pays membres du G5 Sahel pour clarifier leur position face à la présence française dans la région.

Le président français a annoncé lors de la conférence de presse commune l’envoi de 220 militaires supplémentaires pour BARKHANE, ce qui portera l’effectif total à au moins 4720 militaires déployés.

La déclaration commune mentionne que «les Chefs d’Etat ont réaffirmé leur détermination commune à lutter ensemble contre les groupes terroristes qui opèrent dans la bande sahélo-saharienne et dans la région du Lac Tchad».

A cette fin, les chefs d’Etats disent avoir convenu «de mener une discussion avec les partenaires déjà engagés afin de mettre en place un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel qui marquera une nouvelle étape dans la lutte contre les groupes terroristes au Sahel et dans la prise de responsabilité collective».

Ce nouveau cadre doit prendre à terme la forme et le nom d’une «Coalition pour le Sahel», et rassemblera les pays du G5 Sahel, la France – avec son opération Barkhane et ses autres formes d’engagements, les partenaires déjà engagés, ainsi que tous les pays et organisations qui souhaiteront y contribuer.

Concrètement les efforts militaires se concentreront davantage dans la région «des trois frontières» sous le commandement conjoint de la Force Barkhane et de la Force conjointe du G5 Sahel, en ciblant en priorité l’Etat islamique au Grand Sahara.

Carte localisant le Mali, Niger et Burkina Faso en proie aux attaques jihadistes et la zone des « trois frontières », [AFP]

De plus, ce commandement conjoint accueillera progressivement l’ensemble des pays volontaires et partenaires, dont les contributions militaires rejoindront l’opération Barkhane, comme le futur groupement de forces spéciales européennes, baptisé «Task Force Takuba».

Les chefs d’États affirment que le concept d’opération de la Force conjointe sera «révisé» afin qu’elle puisse agir avec une marge de manœuvre renforcée «au-delà de la zone des 50 km de part et d’autre des frontières».

Enfin, un sommet associant les Etats du G5 Sahel et la France se tiendra en juin 2020 à Nouakchott dans le cadre de la présidence mauritanienne du G5 Sahel.