Critiquée par Macron, la Turquie rend la France responsable de l’instabilité en Libye

Recep Tayyip Erdogan et Emmanuel Macron lors d'une réunion à l'Élysée en janvier 2018. [Archives/AFP]
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La Turquie a accusé mercredi la France d’être responsable de l’instabilité en Libye, après que le président français Emmanuel Macron a reproché à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan un « non-respect de la parole donnée » pour continuer à intervenir dans les affaires libyennes.

«Le principal responsable des problèmes en Libye depuis le début de la crise en 2011 c’est la France», a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Hami Aksoy.

«Ce n’est un secret pour personne que ce pays accorde un soutien inconditionnel à (l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa) Haftar en échange d’un droit de regard sur les ressources naturelles de la Libye», a-t-il ajouté.

Lors d’une rencontre avec le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis à Paris, M. Macron a accusé M. Erdogan de «non-respect de la parole donnée» pour l’envoi «en ce moment même» de navires turcs transportant des mercenaires syriens en Libye.

Navires turcs et mercenaires syriens

«Nous voyons ces derniers jours des navires turcs accompagner des mercenaires syriens arrivant sur le sol libyen», «c’est en contravention explicite avec ce que le président Erdogan s’était engagé à faire lors de la conférence de Berlin, c’est le non-respect de la parole donnée», a affirmé le président français. «C’est attentatoire à la sécurité de tous les Européens et des Sahéliens», a-t-il insisté.

Le chef de l’État a aussi répété qu’avec ses partenaires européens il soutenait la Grèce et Chypre «en condamnant les intrusions et provocations de la Turquie», ajoutant «condamner avec la plus grande fermeté l’accord récent» entre le Gouvernement d’union nationale libyen et la Turquie sur l’envoi de forces turques en Libye.

Ankara est accusé d’avoir dépêché quelques centaines de combattants syriens sur place, en soutien à Fayez al-Sarraj, chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et en grande difficulté face à l’offensive de son rival, le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle les trois-quarts du territoire libyen.

M. Aksoy a estimé que le soutien de la France et d’autres pays au maréchal Haftar, qui attaque «le gouvernement légitme», était «la menace la plus sérieuse contre l’intégrité territoriale et la souveraineté le la Libye».

«Si la France veut contribuer à l’application des décisions prises lors de la conférence (de Berlin), elle devrait commencer par mettre fin à son soutien à Haftar», a-t-il ajouté.