Iran: le président Rohani dit vouloir «empêcher la guerre»

Photo diffusée par le bureau de la présidence iranienne montrant le président Hassan Rohani lors d'un discours à l'occasion de la Journée iranienne de la technologie nucléaire le 9 avril 2019. (AFP)
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Le président iranien Hassan Rohani a déclaré jeudi qu’il travaillait « quotidiennement à empêcher la guerre » quelques jours après que Washington et Téhéran se sont affrontés réciproquement en Irak.

«Le gouvernement travaille quotidiennement à empêcher un affrontement militaire ou la guerre», a déclaré M. Rohani lors d’un discours télévisé, ajoutant: «pour moi, c’est une préoccupation quotidienne».

M. Rohani a tenu ces propos alors que Téhéran a attaqué le 8 janvier des cibles militaires américaines en Irak en représailles à l’élimination par Washington du général iranien Qassem Soleimani cinq jours plus tôt à Bagdad.

Cette dernière poussée de tension a suscité des appels à la «désescalade» dans un monde redoutant qu’elle ne conduise à un embrasement généralisé au Moyen-Orient.  

Mercredi, M. Rohani avait assuré que l’Iran avait obtenu par ses tirs de missiles contre des bases utilisées par l’armée américaine «la compensation militaire» voulue pour la mort de Soleimani, architecte de la stratégie de son pays au Moyen-Orient.

Dans son discours jeudi, il a assuré que les représailles iraniennes, qui ont fait d’importants dégâts matériels – mais pas de victimes selon l’armée américaine – avaient renforcé la dissuasion iranienne face aux « menaces » du président américain Donald Trump.

M. Rohani, un modéré sur l’échiquier politique de son pays, a également défendu la politique d’ouverture au monde qu’il a engagée depuis sa première élection, en 2013, et qui se trouve sous le feu des critiques des ultraconservateurs.  

Il est revenu sur la question de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, qui menace de voler en éclats depuis que M. Trump en a sorti unilatéralement son pays en 2018.

Avec cet accord, a-t-il dit, « nous avons prouvé en pratique, qu’il est possible pour nous d’interagir avec le monde. »

«Bien sûr, c’est difficile», a-t-il reconnu.

«Ils nous disent : il y a des gens auxquels vous ne devriez pas faire confiance», a-t-il poursuivi, en faisant allusion aux discours des ultraconservateurs iraniens à propos de l’Europe et des États-Unis.

«C’est vrai», et «si en face de nous il y avait des gens dignes de confiance, la tâche serait simple et facile», a-t-il ajouté, faisant aussi allusion au caractère «imprévisible» de M. Trump.

«Les gens nous ont élu et l’une des tâches qu’ils nous ont confiées (consiste) à faire baisser la tension et l’animosité» entre la République islamique et le monde extérieur, a déclaré M. Rohani.

Le président a tenu ces propos à la veille d’un discours attendu du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui doit présider vendredi la grande prière hebdomadaire musulmane à Téhéran pour la première fois en près de huit ans.  

M. Khamenei répète régulièrement que les Européens ne sont pas dignes de confiance et a interdit tout dialogue avec le gouvernement de Donald Trump.