Mission de l’OTAN en Irak: les 29 réunis à Bruxelles n’appuient pas sur «stop», mais sur «pause»

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, le 25 mai 2017. (Archives/Nicolas Laffont/45eNord.ca)
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Les ambassadeurs des 29 pays membres de l’OTAN, réunis au QG de l’Alliance dès 15h (heure de Bruxelles) pour discuter de l’avenir de la mission en Irak, commandée actuellement par la major-général canadienne Jennie Carignan, et de la situation au Moyen-Orient, maintiennent la décision de suspendre temporairement la mission.

L’OTAN avait déjà suspendu ses opérations d’entraînement en Irak, avait indiqué samedi le porte-parole de l’Alliance nord-atlantique.

Et dimanche, le Parlement irakien a demandé au gouvernement de «mettre fin à la présence des troupes étrangères» en Irak, lors d’une séance extraordinaire en présence du premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi.

«De notre point de vue, la résolution du Parlement n’est pas contraignante. Nous en prenons note, mais devons attendre ce que le gouvernement va faire», avait déclaré plus tôt un diplomate sous couvert d’anonymat. «Nous pensons toujours que la présence de troupes internationales en Irak devrait se poursuivre afin d’empêcher une résurgence de l’État islamique. Mais nous devons respecter ce que le gouvernement irakien décidera finalement».

Lors de la réunion d’aujourd’hui, les Alliés ont exprimé leur ferme soutien à la lutte contre l’Etat islamique et à la mission en Irak, mais la sécurité du personnel, jugée primordiale, a primé.

L’Alliance a également mis en garde contre une escalade du conflit, le secrétaire général, Jens Stoltenberg déclarant qu’«Au cours de notre réunion d’aujourd’hui, les Alliés ont appelé à la retenue et à la désescalade» et ajoutant qu’«Un nouveau conflit ne serait dans l’intérêt de personne. L’Iran doit donc s’abstenir de nouvelles violences et provocations.»

«Nous avons abordé les tensions actuelles au Moyen-Orient et leurs implications pour la mission de formation de l’OTAN en Irak.», a déclaré le secrétaire général en sortant de la réunion à laquelle il venait de présider

«L’OTAN et tous ses alliés participent à la Coalition mondiale pour vaincre ISIS.Et la mission de l’OTAN en Irak est une contribution importante aux efforts de la Coalition. À l’invitation du gouvernement irakien, nous aidons à former des forces et à empêcher le retour de l’Etat islamique.», a-t-il rappelé.

L’OTAN est prête à poursuivre sa formation et son renforcement des capacités lorsque la situation le permettra. Nous restons fermement attachés à la lutte contre le terrorisme international, a précisé M. Stoltenberg en réponse aux questions des journalistes en point de presse après la réunion, indiquant que l’organisation suivait de près la situation et restait en contact étroit avec les autorités irakiennes.

Le Canada prêt à reprendre la mission quand la situation le permettra

Au Canada, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, s’est lui aussi déclaré prêt à recommencer l’entraînement des forces irakiennes quand la situation le permettra.

Pour le ministre Sajjan, bien qu’il n’ait pas fait état de plans pour ramener les troupes au Canada, il a indiqué que le Canada focalisait en ce moment sur «la sécurité de ceux qui servent»

De son côté, le ministre canadien des Affaires étrangères a déclaré par voie de communiqué s’être entretenu avec son homologue irakien, Mohammed Ali al-Hakim, auprès de qui il a «réitéré l’engagement continu du Canada envers un Irak stable et pour la défaite durable de Daech».

S’entendant tous deux, selon le communiqué du ministre Champagne, sur la nécessité d’une désescalade, les deux ministres ont convenu de rester «en contact étroits au cours des prochains jours et semaines».

Les États-Unis ont présenté aux alliés les raisons de leur frappe

Lors de la réunion d’aujourd’hui, les États-Unis ont pour leur part fait le point sur la situation régionale, à la suite des récentes attaques contre les forces de la coalition en Irak et de la frappe américaine contre le général iranien Soleimani, lors d’une séance extraordinaire en présence du premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi.

Même si le secrétaire général Jens Stoltenberg a parlé depuis par téléphone avec le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, l’élimination de Soleimani a surpris de nombreux alliés de Washington qui, sans condamner l’attaque, ont multiplié les appels à la désescalade même s’ils prennent bien garde aujourd’hui à ne pas se désolidariser de Washington.

«Pendant des années, tous les Alliés se sont déclarés préoccupés par les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région élargie du Moyen-Orient.», a indiqué le secrétaire général, déclarant que les membres de l’Alliance sont «unis pour condamner le soutien de l’Iran à divers groupes terroristes».

De plus, au moment où l’ Iran s’affranchit de toute limite sur ses centrifugeuses, annonçant dimanche ce que Téhéran a présenté comme la «cinquième et dernière phase» de son plan de réduction de ses engagements en matière nucléaire, affirmant qu’il ne se sentait désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses », l’Alliance a tenu à réitérer la volonté ferme de tous ses membres «que l’Iran ne doit jamais acquérir d’arme nucléaire.»