L’ex-réserviste canadien proche des néonazis épinglé aux États-Unis

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L’ex réserviste réserviste de l’armée canadienne Patrik Marhews, soupçonné d’entretenir des liens avec les néonazis et qui était porté disparu depuis le mois d’août, a été arrêté jeudi dans l’est des États-Unis, rapport l’agence américaine Associated Press.

Un responsable de la police fédérale américaine (FBI) à Baltimore, Dave Fitz, a déclaré que Patrik Mathews avait été arrêté jeudi matin dans le Delaware en compagnie d’un autre homme. Un troisième homme, qui aurait des liens avec eux, a aussi été arrêté dans le Maryland, rapporte l’agence américaine.

L’armée canadienne avait ouvert une enquête en août 2019 sur Mathews, soupçonné d’appartenir à un groupe néo-nazi après avoir été vu en train de coller des affiches appelant les suprémacistes blancs à se préparer à une guerre raciale.

Le sapeur de combat au 38e Groupe-brigade du Canada à Winnipeg, qui avait aussi fait l’objet ce mois là d’un article dans le «Winnipeg Free Press», qui le liait à un groupe néonazi appelé «The Base», avait été relevé de ses fonctions, mais, quelques jours plus tard, le 24 août, il avait été porté disparu.

Son camion avait ensuite été retrouvé sur une propriété rurale dans le sud du Manitoba, près de la frontière américaine, ce qui laissait croire qu’il était entré aux États-Unis.

Selon un communiqué du département américain de la Justice, Mathews et les deux autres hommes arrêtés aujourd’hui devaient participer la semaine prochaine à un rassemblement de partisans des armes à feu à Richmond, en Virginie.

Patrik Jordan Mathews, 27 ans, et Brian Mark Lemley Jr., 33 ans, un résidant du Maryland, sont accusés d’avoir transporté une arme à feu et des munitions avec l’intention de commettre un crime. William Garfield Bilbrough IV, 19 ans, également résidant du Maryland, est accusé d’avoir transporté et hébergé un étranger en situation illégale. M. Lemley est aussi accusé d’avoir transporté une mitrailleuse et d’avoir donné une arme à feu et des munitions à un étranger entré illégalement aux États-Unis.

Les trois hommes devaient comparaître en cour aujourd’hui à Greenbelt, dans le Maryland.

Toujours selon le département américain de la Justice, les trois hommes sont tous les trois membres du groupe «The Base».

L’ADL, l’Anti Defamation League, qui se donne pour mission le «combat toute forme d’intolérance, la défense défend des idéaux démocratiques et la sauvegarde les droits civiques pour tous», indique que des membres de «The Base» et d’autres groupes suprémacistes blancs ont fréquemment publié en ligne des messages prônant «l’accélérationnisme», un courant marginal de l’extrême droite qui militerait pour «l’accélération de l’effondrement de la société actuelle».

Le groupe «The Base» , indique l’ADL, veut établir un réseau national de personnes qui croient en l’utilisation de la violence pour renverser l’ordre social et politique existant. Le groupe considère les non-blancs comme des ennemis de la race blanche et envisage une guerre des races à venir, qui sera déclenchée par des «races non européennes».

Cette organisation, qui est également réputé approuver les tueries de masse et faire suivre un entraînement militaire à ses membres, prise particulièrement les militaires qu’elle tente d’attirer dans ses rangs.

Pour sa part, le gouverneur de la Virginie, Ralph Northam, a décrété l’état d’urgence et interdit toutes les armes au rassemblement auquel devaient participer les trois hommes, citant les menaces que représentent les milices armées qui entendaient être présentes. Des groupes de défense des armes à feu ont demandé jeudi à une juge de lever l’interdiction, affirmant qu’elle brimait le droit constitutionnel de porter des armes aux États-Unis, mais un juge de la Richmond Circuit Court a rejeté la demande de blocage du décret exécutif du gouverneur Northam.

Quant à l’ex-réserviste de l’Armée canadienne, s’il fallait d’autres preuves de son militantisme et du danger qu’il représente, les événements d’aujourd’hui sont particulièrement éloquents.

«Il est complètement inacceptable pour un soldat des Forces armées canadiennes d’être membre ou de participer à des activités d’une organisation que l’on sait liée à des activités criminelles ou qui fait la promotion de la haine, de la violence, de la discrimination ou du harcèlement», avait réagi l’armée canadienne lors que cette affaire a éclaté

Devant les tentatives d’infiltration de l’armée par des groupes d’extrême-droite, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, avait demandé à l’ombudsman de la Défense et des Forces armées canadiennes de mener une enquête sur le racisme au sein des forces armées, notamment les liens qu’auraient tissés certains militaires avec l’extrême-droite suprémaciste blanche, alors que plusieurs experts sonnent l’alarme.

Cette demande sans précédent du ministre de la Défense auprès de l’ombudsman du ministère de la Défense nationale et des Forces armées faisait suite à plusieurs incidents troublants qui lient des militaires à des groupes extrémistes ou haineux, notamment les suprémacistes blancs.