Liban: des centaines de manifestants à Beyrouth au 100e jour de la contestation

Des manifestants libanais opposés au gouvernement retirent des barbelés et des barrières sur la place Riad el-Solh, dans le centre-ville de la capitale Beyrouth, le 25 janvier 2020. [ACC]
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Des centaines de Libanais ont manifesté samedi à Beyrouth contre le nouveau gouvernement dont ils dénoncent l’affiliation à une classe politique accusée de corruption et d’incompétence, au 100e jour d’une contestation inédite contre le pouvoir. 

Sous le slogan « Pas de confiance », plusieurs marches ont été organisées dans différentes rues de la capitale sous haute surveillance sécuritaire, avant de converger vers le centre de Beyrouth.

Le Liban s’est doté mardi d’un nouveau gouvernement formé de « technocrates » affiliés, selon les manifestants, aux partis politiques qu’ils conspuent. 

La rue réclame depuis le 17 octobre le départ de l’ensemble de la classe dirigeante et la formation d’un cabinet composé de spécialistes indépendants du sérail politique, au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).   

Sur la place des Martyrs, l’un des épicentres de la contestation, des manifestants ont repris à pleins poumons des slogans phares du mouvement, notamment « Révolution, révolution ».

« Ce n’est pas le gouvernement que nous avons réclamé. Nous avons demandé un gouvernement de salut », déplore Perla Maalouly, une manifestante. 

La rue dénonce un « partage de gâteau » entre partis politiques, dans un pays où la formation de gouvernements prête souvent le flanc à d’interminables négociations pouvant durer plusieurs mois.   

« Après 100 jours, ils continuent de faire ce qu’ils veulent, comme si le peuple n’avait rien dit », dénonce la manifestante.

Il a fallu un mois au Premier ministre Hassan Diab pour former son gouvernement, composé de 20 ministres dont certains universitaires et professionnels chevronnés, sur fond de divisions sur l’attribution des portefeuilles ministériels. 

Le grave crise politique s’est accompagnée ces derniers mois d’une détérioration de la situation économique, avec des licenciements en masse, des restrictions bancaires drastiques et une dépréciation de la monnaie nationale sur le marché parallèle.

Ces deux dernières semaines, des heurts violents ont opposé les contestataires aux forces de l’ordre, faisant des centaines de blessés et entraînant des dizaines d’arrestations.

« Nous sommes face à une impasse financière, économique et sociale », a reconnu M. Diab lors d’une première réunion de son gouvernement, promettant que son gouvernement allait déployer tous les efforts pour éviter un effondrement.  

Le pays croule sous une dette avoisinant les 81 milliards d’euros, soit plus de 150% de son produit intérieur brut (PIB), l’un des taux les plus élevés mondialement.