Le Canada impatient de poursuivre son travail en Irak

Avec Trine Bramsen du Danemark, le ministre Sajjan rencotre Jens Stoltenberg le 14 janvier pour discuter de la situation en Irak y recommencer l’entraînement dans le cadre de la mission d'OTAN dès que possible. [Twitter/@HarjitSajjan]
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Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a conclu hier une visite à Bruxelles, où il discuté de la situation en Irak, de la mission de l’OTAN en Irak (MO‑I) et d’autres questions importantes, notamment la Réunion des ministres de la Défense à venir en février.

Il y a rencontré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le secrétaire général délégué, Mircea Geoana. Il a aussi rencontré la ministre de la Défense du Danemark, Mme Trine Bramsen, afin de discuter de la MO‑I. Le Danemark assumera le commandement de la mission à la fin de 2020.

«Le Canada demeure inébranlable dans son engagement envers l’OTAN et le rôle important joué par l’Alliance sur le plan de la sécurité et de la défense internationales. Il reste aussi déterminé à renforcer l’Alliance et à contribuer à l’établissement d’un monde plus sûr et plus sécuritaire dans l’environnement de sécurité complexe et changeant d’aujourd’hui.», affirme le communiqué du cabinet du ministre de la Défense qui souligne cette visite.

Le Canada est un membre actif de l’OTAN et dirige plusieurs efforts au sein de l’Alliance, assurant notamment le commandement de la mission de l’OTAN en Irak et la direction d’un groupe tactique multinational en Lettonie. Le Canada a aussi récemment cédé le commandement du 2e Groupe maritime permanent de l’OTAN à l’Italie et achevé le déploiement d’une force opérationnelle aérienne dans le cadre d’une mission de police aérienne renforcée de l’OTAN en Roumanie.

«L’OTAN est une pierre angulaire de la politique de sécurité internationale du Canada. Nous sommes résolus à contribuer à bâtir un Irak stable et à empêcher la réémergence de Daech. Au cours de la réunion d’aujourd’hui avec le secrétaire général, M. Jens Stoltenberg, et la ministre danoise de la Défense, Mme Trine Bramsen, nous avons discuté de la situation actuelle en Irak et des mesures de désescalade du conflit. Nous sommes impatients de poursuivre notre travail en Irak avec nos partenaires lorsque la situation le permettra.», a déclaré pour sa part le ministre Sajjan.

Justin Trudeau discute avec son homologue irakien

Hier également, le premier ministre canadien Justin Trudeau s’est de son côté depuis Ottawa entretenu au téléphone avec son homologue irakien Adel Abdel Mahdi de l’importance de poursuivre la lutte contre Daech et des rôles cruciaux de la coalition et de la mission de formation de l’OTAN en Irak afin de sauvegarder la paix et la stabilité en Irak et dans la région, rapporte le bureau du premier ministre canadien

Le premier ministre Abdel Mahdi a remercié le Canada pour sa contribution. Il a également offert ses condoléances à la suite de la tragédie d’Ukraine International Airlines survenue à Téhéran où 57 Canadiens ont péri.

Le 5 janvier, le Parlement irakien a demandé au gouvernement, qui compte bien mettre en oeuvre cette résolution, de «mettre fin à la présence des troupes étrangères» en Irak, lors d’une séance extraordinaire en présence du premier ministre Adel Abdel Mahdi.

Mais la résolution vise en fait les forces américaines qui ont violé la souveraineté irakienne en éliminant le 3 janvier le général iranien Qassem Soleimani alors qu’il rendait visite à Bagdad aux dirigeants de ce pays, ce qui a entraîné une suspension des activités des soldats canadiens en Irak et une riposte iranienne sur deux bases abritant des soldats de la coalition, dont celle d’Erbil où il y avait encore des Canadiens au moment des frappes.

Le premier ministre Trudeau a d’ailleurs déploré que Washington n’ait pas daigné prévenir Ottawa avant ce raid du 3 janvier qui mettait les troupes canadiennes présentes en Irak en danger.

Toujours selon le bureau du premier ministre canadien, MM. Trudeau et Abdel Mahdi ont convenu de l’importance d’une désescalade et d’un dialogue en vue de réduire les tensions dans la région et ont exprimé leur volonté de rester en communication.

La mission de l’OTAN en Irak

La major‑général Jennie Carignan des Forces armées canadiennes assure actuellement le commandement de la mission de l’OTAN en Irak, une mission consultative et d’instruction non reliée au combat conçue pour aider à mettre en place des institutions irakiennes de défense et de sécurité plus efficaces et plus durables. Cette mission mise sur le partenariat et I’inclusivité et respecte pleinement la souverainement, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Irak. Elle vise à aider l’Irak à renforcer ses écoles et institutions militaires et à faire progresser la réforme du secteur de la sécurité. Compte tenu de l’évolution récente de la situation dans la région, les activités de formation en Irak sont actuellement suspendues par mesure de précaution afin de privilégier la sécurité du personnel en déploiement. 

Le Danemark a annoncé officiellement qu’il prendra la relève du Canada au commandement de la mission de l’OTAN en Irak à la fin de l’année 2020.

Le Canada croit en l’OTAN. «À titre de membre de l’OTAN, le Canada dispose d’un instrument militaire et politique efficace pour atteindre ses objectifs stratégiques en matière de défense et de sécurité au pays, en Amérique du Nord et à l’étranger. Cette alliance constitue également un important forum international où il est possible de mobilier d’autres pays sur des enjeux de défense et de sécurité dans le cadre des programmes de partenariat de l’OTAN.», souligne le communiqué du bureau du ministre Sajjan sur la visite à Bruxelles.

Le président américain, après avoir longtemps critiqué l’organisation et remis en cause sa pertinence, a quant à lui déclaré récemment souhaiter une plus grande implication de l’OTAN au Moyen-Orient.