Nucléaire iranien : Johnson prêt à remplacer l’accord par un autre négocié par Trump

Photo fournie le 6 novembre 2019 par l'Organisation iranienne de l'énergie atomique montrant l'intérieur de l'usine de Fordo à Qom, dans le nord de l'Iran, qui abrite des centaines de centrifugeuses. [AFP]
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Le premier ministre britannique Boris Johnson s’est dit mardi prêt à remplacer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien par un nouveau texte voulu par Donald Trump, qualifiant le président américain d’« excellent négociateur », et semblant contredire la position de sa diplomatie.

«Le président Trump est un excellent négociateur […]. Travaillons ensemble pour remplacer (l’accord signé en 2015) et le remplacer par l’accord de Trump», a-t-il déclaré sur la BBC, estimant que cela serait «une bonne façon d’avancer».  

Ces déclarations semblent entrer en contradiction avec les efforts entrepris par sa diplomatie, qui répète son attachement à l’accord.

Depuis que les États-Unis en sont sortis en 2018, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne – les trois pays européens signataires, aux côtés de la Chine et la Russie – tentent de sauver l’accord en vertu duquel l’Iran accepte de restreindre son programme nucléaire, contre un allègement des sanctions à son encontre.

Mardi, Londres, Paris et Berlin ont déclenché le mécanisme de règlement des différends prévu dans le texte afin de contraindre Téhéran à revenir au respect de ses engagements.

Dans un communiqué commun, les trois pays ont aussi rappelé leur attachement à l’accord et se sont opposés à «la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran», laissant entendre qu’ils ne voulaient pas se joindre à la politique de sanctions des États-Unis.

Donald Trump a récemment appelé les Européens à claquer à leur tour la porte de l’accord. Il leur demande de renforcer leur propre effort militaire au Moyen-Orient.

«Du point de vue américain, c’est un accord imparfait, il expire, et il a été négocié par (l’ancien) président Obama», a estimé M. Johnson.

«Si nous abandonnons ce traité, il nous faut un nouveau», a jugé Boris Johnson. «Si nous devons nous en débarrasser, remplaçons-le par l’accord de Trump», a-t-il insisté.

Deux jours après l’élimination du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier à Bagdad par les États-Unis, point culminant d’une montée des tensions entre Téhéran et Washington, l’Iran a affirmé ne plus se sentir tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses » utilisées pour la production de combustible nucléaire.