L’OTAN suspend ses activités d’entraînement en Irak

Visite de la générale Carignan à Besmaya. [Nato Mission Iraq]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Mise à jour le 05/01/2020

L’OTAN a suspendu ses opérations d’entraînement en Irak, a indiqué ce samedi le porte-parole de l’Alliance nord-atlantique, Dylan White.

La coalition antijihadistes emmenée par les Etats-Unis a elle également réduit ses opérations et renforcé la sécurité de ses bases irakiennes, a affirmé samedi à Bagdad un responsable américain.

Quelques heures après ces annonces, le Canada a annoncé lui aussi suspendre ses différentes opérations en Irak. Dans un communiqué, le ministre de la Défense nationale écrit: «La mission de l’OTAN et le mandat de l’opération IMPACT restent les mêmes, mais toutes les activités de formation en Irak sont temporairement suspendues alors que nous continuons de surveiller l’environnement de sécurité.»

En tout, avec la Mission de l’OTAN et l’opération IMPACT, dont la mission est d’«établir des conditions de stabilité et de sécurité» et les soldats des forces spéciales collaborant avec les forces de sécurité irakiennes dans le nord du pays, des centaines de militaires canadiens se trouvent dans la région.

Les militaires présents tant pour l’Opération IMPACT que pour la mission de l’OTAN en Irak resteront sur place, mais mettront davantage l’emphase sur la protection de la force, c’est à dire se protéger et protéger les bases où ils se trouvent.

«La mission de l’OTAN continue mais les activités d’entraînement sont actuellement suspendues», a expliqué M. White à 45eNord.ca.

Ces annonces font suite au décès du général iranien Qassem Soleimani, tué dans une attaque américaine à Bagdad.

La mission de l’OTAN en Irak, qui compte près de 550 soldats, dont environ 220 Canadiens entraîne depuis octobre 2018 les forces de ce pays à la demande du gouvernement irakien pour empêcher le retour du groupe armé Etat islamique (Daech).

Le personnel de l’OTAN conseille les responsables irakiens du ministère de la Défense et du Bureau du conseiller en matière de sécurité nationale et forme des instructeurs, au moyen du concept de  «formation des formateurs», dans les écoles et académies militaires irakiennes dans certains domaines.

La mission est commandée par la major-générale Jennie Carignan, depuis la fin novembre 2019.

Au cours d’une récente interview pour 45eNord.ca, la générale avait mentionné que certaines forces en présence en Irak «font ce qu’elles veulent et ne rendent pas de compte au gouvernement»; sous entendant le rôle des milices pro-Iran.

INTERVIEW AVEC LA MAJOR-GÉNÉRAL JENNIE CARIGNAN, COMMANDANTE DE LA MISSION DE L’OTAN EN IRAK ­­­­>>

Le porte-parole de l’Alliance atlantique, M. White, a également confirmé que le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’était entretenu par téléphone avec le ministre américain de la Défense Mark Esper, après les récents événements.

L’ambassadeur du Canada à Bagdad, Ulric Shanoon, pour sa part a demandé au gouvernement irakien de trouver une solution pour mettre fin au ciblage des forces de l’OTAN en Irak.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a quant à lui discuté avec son homologue américain le secrétaire d’État Mike Pompeo et a souligné la «préoccupation de la France à l’égard de la montée des tensions ces derniers mois au Moyen-Orient, qui ont connu une brutale escalade en Irak au cours des dernières semaines».

La France a appelé pour sa part «chacun à la retenue et l’Iran à éviter toute mesure susceptible d’aggraver l’instabilité régionale, ou de conduire à une grave crise de prolifération nucléaire».