La Russie intensifie ses raids sur le nord-ouest de la Syrie, plusieurs civils tués

Après des bombardements par les forces armées syriennes à Al-Jineh, dans l'ouest de la Syrie, le 20 janvier 2020. [AFP]
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Au moins douze civils, dont sept enfants, ont été tués mardi dans le nord-ouest de la Syrie dans des frappes aériennes menées par Moscou, grand allié du régime de Bachar al-Assad, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).


Mise à jour 21/01/2020, 13h51

Au dernier bilan,au moins 23 civils, dont 13 enfants, ont été tués mardi dans des raids menés par la Russie sur le nord-ouest de la Syrie, ultime grand bastion hostile à Damas où les violences font craindre une aggravation de la crise humanitaire.

Ce bilan s’ajoute aux dizaines de civils tués depuis que la région d’Idleb et ses environs ont connu en décembre un regain de violence. Une trêve annoncée en janvier par Moscou, allié du régime syrien, et Ankara, parrain de certains groupes rebelles, est restée lettre morte.


Parmi les victimes, dix civils – dont huit membres d’une même famille – ont été tués dans les raids sur l’ouest de la province d’Alep, un secteur tenu par les jihadistes et des rebelles qui est adjacent à la province d’Idleb, selon l’OSDH.

« Un des raids a touché une maison aux abords du village de Kfar Taal, y tuant toute une famille, dont six enfants », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Deux civils ont par ailleurs péri dans la région d’Idleb, d’après la même source.

La province d’Idleb et certaines zones des régions voisines d’Alep, de Hama et de Lattaquié, sont dominées par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda). Des groupes rebelles y sont également présents.

« Depuis trois jours, les bombardements contre Idleb et ses environs, notamment l’ouest d’Alep, sont exclusivement le fait des Russes », a ajouté M. Abdel Rahmane.

« Ils veulent éloigner les rebelles et les jihadistes de la ville d’Alep et de l’autoroute qui relie Alep à Damas », explique-t-il.

Selon lui, ces bombardements pourraient constituer le prélude à « une opération militaire » terrestre. « Ces dernières semaines, le régime a massé des renforts aux abords de la ville d’Alep », indique-t-il.

Lundi, au moins sept civils, dont cinq enfants, ont également été tués dans des frappes russes dans la province d’Alep, selon l’OSDH.

La Russie a annoncé il y a plus d’une semaine une trêve, non respectée, pour la zone d’Idleb et nie depuis avoir mené des frappes.

La région d’Idleb a déjà été le théâtre l’an dernier d’une offensive d’envergure entre avril et août, ayant tué près d’un millier de civils, selon l’OSDH, et provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes, selon l’ONU.  

Le pouvoir syrien, qui contrôle désormais plus de 70% du pays, s’est dit déterminé à reconquérir cette région, où vivent environ trois millions de personnes.

La Syrie est ravagée depuis 2011 par un conflit qui a fait plus de 380.000 morts et des millions de déplacés.