Syrie: dix civils tués dans des raids russes, le régime progresse à Idleb

Un membre de la Défense civile syrienne, également connu sous le nom de Casques blancs, combat la flamme sur le site d'une frappe sur la ville d'Ariha tenue par les rebelles dans la province syrienne d'Idleb le 30 janvier 2020. [AFP]
Temps de lecture estimé : 3 minutes

Dix civils ont été tués dans des raids nocturnes russes sur un secteur abritant une clinique dans la région d’Idleb, où les forces du régime progressent en vue de reprendre le dernier grand bastion insurgé de Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

Moscou, allié du régime de Bachar al-Assad, a nié avoir effectué ces raids nocturnes, qui ont visé la localité d’Ariha dans la province d’Idleb (nord-ouest), le ministère de la Défense affirmant que « l’aviation russe n’avait mené aucune mission de combat dans cette région de la Syrie ».

Les murs de la clinique Al-Chami ont été endommagés par les frappes et l’établissement est désormais hors service, indiquent des correspondants de l’AFP sur place.

Toufic Saado, un ambulancier de la clinique, se trouvait à l’intérieur du bâtiment lorsque trois frappes ont touché le secteur. « Des blessés gisent devant l’établissement médical », dit-il à l’AFP.  Un médecin tout recouvert de poussière sort en criant de l’établissement. Dans le même secteur, trois immeubles se sont effondrés. On entend des gémissements de femmes et d’enfants alors que les secouristes cherchent des corps ensevelis sous les décombres, selon un correspondant de l’AFP.

21 civils tués en 24H

Selon l’OSDH, au moins cinq femmes figurent parmi les victimes. Ce nouveau bilan porte à 21 le nombre de civils tués dans les bombardements aériens russes sur la région d’Idleb au cours des dernières 24H, d’après l’Observatoire.

Les forces gouvernementales ont reconquis mercredi la ville stratégique de Maaret al-Noomane, la deuxième plus grande de la province d’Idleb, et poursuit sa progression pour récupérer la région, dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

Cette région, composée d’une grande partie de la province d’Idleb et de secteurs attenants des provinces d’Alep, Hama et Lattaquié, abrite aussi d’autres groupuscules jihadistes et diverses factions de l’opposition armée affaiblies.

Les forces du régime avancent actuellement au nord de Maaret al-Noomae vers la localité de Saraqeb, quasi entièrement désertée ces derniers jours à la suite de violents bombardements. La localité d’Ariha se trouve entre Maaret al-Noomane et Saraqeb.

Saraqeb est située sur l’autoroute M5, une voie stratégique qui connecte Damas à Alep, deuxième ville de Syrie et ancien poumon économique du pays, que les forces gouvernementales cherchent à récupérer alors que le régime tente de ressusciter une économie moribonde ravagée par près de neuf ans de guerre.

A 5 Km de Saraqeb

Les combats avec les groupes jihadistes et rebelles de la région ont lieu à l’heure actuelle à moins de cinq kilomètres de Saraqeb, a indiqué l’OSDH.

L’importance stratégique de Saraqeb réside également dans le fait qu’elle se trouve également à la jonction entre la M5 et une autre autoroute clé (M4) reliant Alep à la ville côtière de Lattaquié. 

Le régime veut récupérer ces deux grandes routes commerciales.

Quelque 50 kilomètres de la M5 sont toujours hors de portée du régime, selon l’OSDH. 

Après des mois de bombardements et de combats, les forces du régime contrôlent désormais plus de 40% de la province d’Idleb. 

Après avoir enchaîné les victoires contre les insurgés avec le soutien de l’aviation russe ces dernières années, le régime contrôle désormais plus de 70% du territoire national.

Depuis décembre, plus de 388.000 personnes ont fui leur foyers dans la région d’Idleb, selon l’ONU, dont 20.000 durant les deux derniers jours.

La province d’Idleb avait déjà été le théâtre d’une offensive d’envergure entre avril et août 2019 ayant tué près d’un millier de civils, selon l’OSDH, et déplacé plus de 400.00 personnes, d’après l’ONU. 

Les combats « doivent cesser », a martelé mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, mettant en garde contre l’aggravation d’une « catastrophe humanitaire ».

Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, a fait plus de 380.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.