Trudeau: «il y avait des Canadiens sur la base canadienne d’Erbil lorsque les missiles se sont abattus»

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Le premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné mercredi les tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats canadiens et américains en Irak en représailles à l’élimination par Washington du général Qassem Soleimani.

«Le Canada condamne les attaques de missiles lancées par l’Iran la nuit dernière», a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse portant sur le crash d’un Boeing en Iran, appelant de nouveau à une «désescalade des tensions et au dialogue dans la région».  

Même si les Forces armées canadiennes avaient commencé à se retirer d’Irak pour se rendre au Koweït, il y avait encore des Canadiens sur la base au moment des frappes sur Erbil, a révélé le premier ministre. «Je peux confirmer qu’il y avait des Canadiens sur la base canadienne d’Erbil lorsque les missiles se sont abattus, mais ils sont tous en sécurité».

Plus tôt aujourd’hui, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, avait indiqué qu’aucun Canadien n’avait été tué ou blessé dans les attaques de missiles hier sur les base américaines en Irak abritant des soldats des forces américaines à Erbil et Aïn al-Assad.

Le premier ministre canadien a abordé ces questions alors qu’il tenait un point de presse à Ottawa en compagnie de ministres et de hauts responsables du gouvernement, dont le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, et le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, sur l’écrasement d’un avion en Iran qui a fait 176 morts, dont 63 Canadiens et sur la présence militaire du Canada en Irak, dans le contexte de tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Le premier ministre et le président président américain ont échangé aujourd’hui leurs points de vue sur la situation en Irak et les prochaines étapes dans le dossier de l’Iran. Les deux dirigeants ont exprimé leurs préoccupations concernant la sécurité des militaires et du personnel diplomatique en affectation dans la région, et ont souligné les conséquences limitées de l’attaque iranienne du 7 janvier contre les forces de la coalition. indique le bureau du premier ministre canadien.

Toujours selon le bureau de M. Trudeau, les deux dirigeants ont discuté de la nécessité d’une désescalade et insisté sur l’importance de continuer à soutenir la stabilité en Irak et la lutte contre Daech.

Le premier ministre Trudeau et le président Trump ont convenu de rester en communication et de continuer à travailler avec d’autres membres de la communauté internationale à promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région.

Le premier ministre canadien, lors d’entretiens séparés avec le président français Emmanuel Macron et le premier ministre britannique, Boris Johnson, également aujourd’hui, a aussi souligné l’importance de poursuivre les objectifs de non-prolifération nucléaire dans la région.

Des membres de son gouvernement, tels le ministre de la Défense nationale Harjit Sajjan ou le ministre des Affaires étrangères François Philipe Champagne, ou encore le chef d’État-major de la Défense, le général Vance, avaient fait des déclarations dans les domaines de leur compétence depuis le début la crise irano-américaine, mais c’était aujourd’hui la première fois que le premier ministre Trudeau lui-même s’exprimait sur la question.

Après l’attaque américaine qui a tué le 3 janvier à Bagdad le puissant général iranien, Donald Trump avait expliqué que ce raid était nécessaire pour «arrêter» une guerre. Appelé à commenter ces propos, Justin Trudeau a estimé que les «Américains avaient pris une décision en fonction de leur évaluation de la menace», se refusant à préciser s’il partageait cette évaluation.

L’opération «Martyr Soleimani» a été lancée par l’Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l’élimination du général Soleimani. Selon le Pentagone, 11 missiles tirés par l’Iran ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et un celle d’Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5200 soldats américains déployés en Irak.

«Aucun Américain n’a été blessé dans les attaques de la nuit dernière», s’était félicité le président américain Donald Trump plus tôt mercredi avant d’annoncer de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique.  

Avant même ces frappes de la nuit, le Canada avait annoncé le déplacement d’une partie de ses troupes d’Irak vers le Koweït.

Le Canada compte quelque 800 militaires dans la région, dont environ 500 en Irak où ils participent notamment à la mission de formation de l’OTAN, dirigée par la majore-générale canadienne Jennie Carignan.  

Des soldats canadiens participent également à une autre mission dans le cadre de la coalition internationale luttant contre le groupe État islamique, emmenée par les États-Unis.

Le Canada a coupé ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012.

*Avec AFP