Élection au Conseil de sécurité de l’ONU: le Canada obtient l’appui du Sénégal

Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré le 12 février le président du Sénégal, Macky Sall. [PMO]
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Au terme d’une tournée de séduction d’une semaine en Afrique afin d’obtenir le soutien des pays du continent à l’élection du Canada au Conseil de sécurité de l’ONU au cours de laquelle il a multiplié les rencontres et participé au 33e Sommet de l’Union africaine le premier ministre Justin Trudeau a rencontré aujourd’hui le président du Sénégal, Macky Sall qui s’est engagé à soutenir la candidature du Canada pour un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

Lors d’une conférence de presse au palais présidentiel à Dakar le président sénégalais a déclaré qu’il était «très facile» d’appuyer le Canada et qu’il parlerait avec ses homologues africains pour les encourager à appuyer le Canada à leur tour. «Je peux dire qu’on a besoin de la voix du Canada au Conseil de sécurité, a-t-il dit. Je pense que c’est une voix qui va résonner et c’est une voix raisonnable. De ce point de vue, bien sûr, le Canada a tout notre soutien dans cette élection.»

L’Irlande et la Norvège tentent aussi d’obtenir le mandat de deux ans qui commence en 2021. Le vote aura lieu en juin, au siège de l’ONU, à New York.

Il serait très avantageux pour le Canada d’obtenir ce siège Le Canada a besoin d’un siège au Conseil de sécurité pour mieux défendre les intérêts des puissances moyennes. Ce siège lui permettrait sans doute également d’établir une plus grande crédibilité internationale auprès d’importants partenaires commerciaux.

Le Canada a absolument besoin d’un grand nombre des 54 voix de l’Afrique s’il veut battre la Norvège ou l’Irlande pour un siège non permanent de deux ans au Conseil de sécurité. Le premier ministre canadien a donc sollicité activement l’appui des pays africains à la candidature du Canada pour l’un des sièges temporaires au Conseil de sécurité des Nations Unies, menant sur ce continent une tournée de séduction du 6 au 13 février, entrecoupée hier d’une visite aux troupes canadiennes à Camp Canada, au Koweït.

Pendant sa tournée de séduction, outre devenir le premier dirigeant canadien à participé à un sommet de l’Union africaine, M. Trudeau a rencontré, notamment, dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, le premier ministre Abiy Ahmed et la présidente Sahle-Work Zewde, ainsi que le président rwandais Paul Kagame et le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi.

Dernière rencontre de cette tournée avant de s’envoler pour Munich, en Allemagne, pour assister en partie à la conférence internationale sur la sécurité, la rencontre avec le président sénégalais a aussi été selon le bureau du premier ministre canadien l’occasion pour les deux dirigeants d’échanger leurs points de vue sur l’évolution de la paix et de la sécurité en Afrique de l’Ouest, le Canada étant président de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies pour 2020.

Le premier ministre Trudeau a salué le leadership du Sénégal et son soutien à l’égard du maintien de la paix dans la région et, toujours selon le bureau du premier ministre canadien, les deux dirigeants ont convenu de poursuivre leur collaboration pour faire avancer le programme pour les femmes, la paix et la sécurité, lequel transforme les opérations de paix dans le monde.

Ils ont parlé de la nécessité de multiplier les efforts pour lutter contre la violence fondée sur le sexe en tablant sur la collaboration déjà installée et le ferme soutien du Canada et ont également discuté de divers moyens de faire avancer des valeurs communes comme la gouvernance et la démocratie, notamment dans le cadre de forums comme la Francophonie. 

Le premier ministre était accompagné du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen.

Puis, après Munich, M. Trudeau participera lundi et mardi prochains à la Barbade à la Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui regroupe 15 États membres et cinq membres associés, où il profitera encore d’un sommet de dirigeants pour mousser la candidature du Canada au Conseil de sécurité.

Avant de rencontrer le président Sall, M. Trudeau avait visité l’île de Gorée, dans la baie de Dakar, qui était autrefois un centre de traite des esclaves sur la côte africaine. Lors de sa visite, le premier ministre a déclaré que le monde devait faire plus pour éviter de répéter les horreurs du passé et qu’il se souviendrait de sa visite dans l’île de Gorée pour le reste de ses jours.