Essai de techniques de réparation d’aérodromes par grand froid

Un camion-grue déverse de l’eau sur des débris et de la neige, une des méthodes pour colmater un trou sur une piste, pendant les essais de réparation rapide d’aérodromes par grand froid à la 5e Escadre Goose Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 22 janvier 2020. [ARC]
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Du 21 janvier au 4 février 2020, des membres du personnel du ministère de la Défense nationale (MDN) et du United States Department of Defense (DoD) ont joint leurs efforts pour faire l’essai de techniques de réparation rapide d’aérodromes par temps froid à Goose Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Dans le cadre du Programme canado-américain d’essai et d’évaluation, le MDN et le DoD ont convenu de collaborer à la création d’un plan visant à évaluer les pratiques actuelles de réparation d’aérodromes, et pour faire l’essai de nouvelles technologies propres aux techniques de réparation rapide d’aérodromes par temps froid, le tout dans des conditions météorologiques de froid extrême.

Pendant la période de deux semaines, les essais ont visé principalement à déterminer le personnel, l’équipement, les matériaux et les processus nécessaires à l’évaluation rapide de dommages subis par un aérodrome, puis de procéder aux réparations, dans des conditions de grand froid.

Ces essais ont permis d’élargir les connaissances dans diverses disciplines, notamment les matériaux et les additifs, les caractéristiques de l’équipement et la standardisation des processus d’exécution des travaux. On a également tenu compte de l’aspect humain du travail par temps très froid.

Le résultat le plus utile de ces essais a été la confirmation de notre capacité commune de réparer rapidement presque n’importe quelle forme de dommages subis par un aérodrome, peu importe son emplacement ou les conditions, une capacité qui facilitera assurément les opérations militaires entre nos deux pays pendant encore bien longtemps.

« En tant qu’ancien aviateur qui a soutenu le programme de l’Arctique américain, j’étais heureux de voir nos deux pays échanger des leçons en matière de logistique et de maintien en force en Arctique et en Antarctique », dit le brigadier-général Ed Vaughan, de la United States Air Force, commandant adjoint de la Région canadienne du NORAD et de la Composante aérienne de la force multinationale. « Les capacités que nous mettons à l’essai ici peuvent servir dans des situations de mauvais temps, lors d’urgences imprévues ou même dans la défense continentale. »

Un total de 41 personnes, allant de techniciens à des experts en la matière comptant de l’expérience en Arctique et en Antarctique, ont appuyé les essais et les efforts de collaboration depuis les premières étapes de la planification jusqu’à l’exécution des essais. Une énorme quantité de données, jumelée à différents niveaux d’expérience sur le terrain, a amené l’équipe à surmonter des difficultés variées dans la préparation du plan général.

L’exécution du plan a exigé une grande souplesse et de la créativité puisque le temps très froid a éprouvé sans relâche les participants, les matériaux et l’équipement. L’équipe combinée avait planifié les essais pendant près de deux ans, et a réussi à les réaliser en seulement deux semaines. « La forte courbe d’apprentissage liée aux essais a constitué une difficulté pour la plupart des participants, affirme le soldat Frank Dopplinger, technicien de distribution électrique de la 19e Escadre Comox. On a pris une équipe de 16 personnes qui n’avaient jamais travaillé ensemble et on leur a demandé de réaliser une tâche qui n’avait jamais été faite avant. Dans l’ensemble, tout s’est bien déroulé, et nous avons eu l’occasion d’acquérir de l’expérience quant à l’utilisation d’équipement dont je ne m’étais jamais servi. »

Nous profiterons certainement pendant longtemps de cette possibilité d’échanger diverses techniques de réparation dans un milieu aussi unique et de faire l’essai de ces techniques. Ces essais par temps froid permettront d’augmenter notre préparation opérationnelle pour les missions tout en réduisant le temps et le coût des réparations.

« Nous avons été en mesure d’utiliser les connaissances que nous avions acquises en Antarctique et d’établir de nouvelles technologies de réparation qui ont fait leurs preuves dans la réparation de pistes, explique Terry Melendy, ingénieur civil et chercheur du United States Army Corps of Engineers, Engineer Research and Development Center. En faisant équipe avec nos experts en technologies de réparation d’aérodromes, nous avons élargi toutes nos capacités dans les conditions de froid extrême. »

En plus des avantages de faire les essais et de mettre en œuvre de nouvelles technologies de réparation rapide d’aérodromes par grand froid, le temps passé à Goose Bay a représenté une occasion d’entraînement pour les techniciens et les spécialistes. Avoir la chance d’utiliser de l’équipement unique comme une scie à sol, un chariot de chargement de C-17 et un pénétromètre dynamique a permis à tous les participants d’acquérir de nouvelles compétences et de faire de nouvelles expériences. L’instruction pratique et les difficultés constantes qu’ont dû surmonter les participants ont grandement contribué à leur perfectionnement en tant que professionnels et chefs.

Globalement, le succès des essais témoigne du dévouement et du professionnalisme sur lesquels repose le partenariat entre le Canada et les États-Unis, et de notre volonté de travailler ensemble pour surmonter les obstacles et les difficultés. Même si elle comptait des membres de différents domaines et de milieux, l’équipe ne s’est pas laissée distraire de son objectif d’appuyer nos forces interarmées. Le Canada et les États-Unis entretiennent des relations à divers ordres du gouvernement, et les occasions d’essais et les ententes comme celle-ci permettent de resserrer nos liens et nos objectifs communs, quel que soit le milieu opérationnel.

*Article du service des Affaires publiques parue à l’origine sur le site de l’Aviation royale canadienne le 18 février