Burkina: 43 civils massacrés par des groupes d’autodéfense

Des soldats burkinais patrouillant une zone près d’un camp de personnes déplacées par les exactions djihadistes le 3 février 2020. [AFP]
Temps de lecture estimé : 2 minutes

Quarante-trois villageois ont été tués dimanche au cours de plusieurs attaques dans des localités du nord du Burkina Faso, a annoncé lundi le gouvernement dans un communiqué, des sources locales précisant à l’AFP qu’il s’agit d’attaques de groupes d’autodéfense en représailles aux actions djihadistes. 

«Dimanche, des attaques ont été perpétrées dans les villages de Dinguila et Barga situés dans la commune de Barga, province du Yatenga (Nord). Le bilan provisoire fait état de 43 victimes», a dit le ministre de la Communication Remis Fulgance Dandjinou.

Des sources locales, jointes par l’AFP, indiquent qu’il s’agit de villages où vivent majoritairement des Peuls, souvent accusés d’être proches des djihadistes.  

«Les blessés, au nombre de six, ont été référés au Centre hospitalier régional de Ouahigouya où ils sont pris en charge. Les Forces de Défense et de Sécurité ont été immédiatement déployées sur les lieux pour sécuriser les villages attaqués», a précisé le ministre Dandjinou.

Le ministre n’a pas fait référence aux groupes d’autodéfense ou aux les communautés peules.

«Le Gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cette attaque odieuse […]. Le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande instance de Ouahigouya a par ailleurs été saisi […] tout est mis en œuvre pour ramener le calme et la sérénité dans les villages touchés», a-t-il dit.

Les ministres chargés de la Défense nationale et de l’Administration territoriale ont été envoyés «sur les lieux pour apporter le réconfort du gouvernement aux populations meurtries et faire le point de la situation».

«Ce sont des groupes d’autodéfense qui agissent en représailles aux attaques djihadistes», a indiqué une source locale à l’AFP, confirmant la version donnée par d’autres sources locales.

Le nord du Burkina est en proie à de fréquentes attaques djihadistes.

À l’instar du Mali, du Niger du Nigeria et même de la Côte d’Ivoire, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre communautés agricoles et Peuls éleveurs, souvent nomades, présents dans toute l’Afrique de l’Ouest.  

Certains Peuls ayant rejoint les groupes djihadistes, qui ont tué plus de 800 personnes depuis 2015 au Burkina, il est fréquent d’entendre des Burkinabè faire l’amalgame entre djihadistes et Peuls.

Les groupes djihadistes attisent ces tensions, et les représailles contre les Peuls se sont multipliées en 2019.  

En janvier 2019, des individus armés non identifiés avaient attaqué le village de Yirgou et tué six personnes, dont le chef du village.  Cette attaque avait été suivie de représailles intercommunautaires, faisant 46 morts, selon un bilan officiel. Beaucoup plus, selon des ONG.

Les violences djihadistes, souvent entremêlées à ces conflits intercommunautaires, ont fait quelque 4000 morts en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, selon l’ONU.