COVID-19: le général Vance fait le point dans une nouvelle lettre aux militaires

Le chef d'état-major de la Défense, le général Jonathan Vance (à gauche) avec le ministre de la Défense Harjit Sajjan, et la sous-ministre Jody Thomas, le 20 mars 2020. [Twitter/@HarjitSajjan]
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Dans une nouvelle lettre aux membres de la communauté des Forces armées canadiennes, le chef d’état-major de la Défense, le général Jonathan Vance, fait le point de la première semaine de la pause opérationnelle d’au moins trois semaines et des mesures pour faire face à la pandémie de la COVID-19.

Bien qu’il soit trop tôt pour savoir jusqu’à quel point les mesures appliquées seront efficaces, dit le général dans sa lettre datée du 20 mars, «nous ne devons pas perdre de vue notre objectif, c’est à dire que nous devons être prêts.»

Pour ce faire, le chef d’état-major a d’ailleurs activé plus tôt cette semaine la phase 3 de l’opération LASER 20-01, la réponse des Forces armées canadiennes à une situation de pandémie mondiale.

«Cela signifie que tous les militaires et leurs familles font partie intégrante des efforts déployés pour maintenir l’état de préparation», explique le général, ajoutant à l’intention des militaires et de leurs proches que leurs gestes et ceux de leurs familles «auront une incidence directe sur la capacité à faire face à l’inconnu et à poursuivre nos missions.»

La posture des Forces armées face à la pandémie est aujourd’hui de se préserver et de se réserver, prêtes à intervenir.

Les Force armées canadiennes mettent en œuvre des mesures pour atténuer les répercussions possibles du virus COVID-19 sur le personnel, comme ne garder que le personnel minimum sur les bases, les autres étant renvoyés à la maison, mais ces mesures servent aussi à préserver les capacités et l’état de préparation opérationnels pour être prêt à appuyer les objectifs et les demandes d’aide du gouvernement du Canada.

C’est aussi pourquoi les déplacements des membres des Forces armées canadiennes sont limitées, non seulement afin de les protéger, mais aussi pour préserver les capacités opérationnelles et l’état de préparation afin qu’ils soient rapidement en mesure d’aider les autorités civiles et les Canadiens, s’ils y sont appelés.

«Nous surveillons l’état de la situation et, dans l’éventualité où nous en aurions besoin, nous disposons d’un plan d’urgence qui repose essentiellement sur le fait que des soldats bien entraînés et en santé doivent être présents pour répondre aux besoins de la population canadienne», rappelle le général Vance qui a, depuis le début de la crise du nouveau coronavirus, ordonné la planification d’un large éventail de mesures.

Communication exemplaire

Ce n’est pas la première fois que le chef d’état-major s’adresse ainsi aux troupes, à leurs familles et à la population. Depuis le début de la crise du nouveau coronavirus, son bureau a tenu les militaires, leurs familles et l’ensemble des Canadiens au courant avec régularité de ce que faisaient les Forces armées canadiennes face à la pandémie.

On reproche souvent aux Forces armées, ici et ailleurs dans le monde, leur opacité, mais force est d’admettre qu’à l’occasion de cette crise, la communication des Forces armées canadiennes avec les membres de la communauté militaire et avec la population a été exemplaire.

Un message général des Forces canadiennes (CANFORGEN) concernant le COVID-19 a été publié le 3 mars. Le but de ce CANFORGEN était d’émettre des directives supplémentaires relatives aux politiques de voyage, aux engagements et aux activités de défense, et aux mesures de santé préventives pour mieux protéger les FAC contre le COVID-19.

Le 13 mars dernier, le chef d’état‑major de la Défense et la sous-ministre ont publié une autre directive concernant la mise en œuvre des mesures visant à préserver la force et à s’assurer que le personnel des FAC et du MDN ne contribue pas à la propagation de la COVID-19 au Canada. Cette directive est en vigueur pour une période initiale de trois semaines.

Et dans sa lettre du 20 mars, le général a tenu à remercier les membres de la communauté des Forces armées canadiennes pour leur comportement pendant cette période difficile, que ce soit leur travail au moment où il a fallu rapatrier et mettre en quarantaine des Canadiens à la BFC Trenton ou «dans le cadre des changements importants aux programmes de formation et à la mission permanente qui consiste à défendre le Canada et à mener des opérations outremer.»

Bien que confrontées à des circonstances jamais vues, conclut le chef d’état-major de la Défense, les Forces armées entendent, sous sa gouverne, «préserver la force, poursuivre les tâches critiques et les missions et planifier des opérations de contingences».

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Un bémol

Un seul bémol, certaines activités institutionnelles dont plusieurs personnes comprennent mal qu’un certain nombre d’entre elles soient essentielles au point de se poursuivre malgré la crise.

Parmi ces activités, les cours et l’instruction collective dont on s’attendait depuis le début de la crise à ce qu’ils s’arrêtent, tout simplement.

Alors que certains s’étonnent de la façon dont sont appliquées les directives du CEMD dans certaines écoles, le général Vance rappelle les principes qui doivent guider ceux et celles, à la tête des organisations, qui doivent déterminer quelles sont les activités vraiment essentielles.

Les mesures pour faire face à la pandémie, peuvent – et vont d’ailleurs – varier d’un endroit à l’autre, étant donné que toutes et chacune des organisations/commandements et leur chaîne de commandement respective sont responsables de déterminer quelles sont ces fonctions essentielles dans leurs propres zones de responsabilités, nous expliquait plus tôt cette semaine le porte-parole de la Défense nationale, Dan Le Bouthillier.

Et «Nous encourageons les employés civils et militaires à discuter avec leur superviseur ou leur chaîne de commandement s’ils ont des inquiétudes ou des questions.», ne craignait pas d’ajouter le porte-parole de la Défense.

Mais il faut clairement établir, ce que fait le chef d’état-major dans sa lettre de vendredi, qu’il y aura un prix à payer et qu’il faut être prêt à le payer si on ne veut pas que ce soit pire encore.

La situation «a des répercussions sur notre instruction et sur de nombreuses activités institutionnelles et continuera d’en avoir, Bien que nous examinions les diverses possibilités et que nous prenions les meilleures décisions possibles sur la base d’un avis médical, nous savons que les affectations, les cours, l’instruction collective […] seront fortement perturbés», écrit le général Vance dans sa plus récente lettre aux membres de la communauté militaire.

Il semble donc que, si le désir de maintenir ses activités est un réflexe bien naturel pour n’importe quelle organisation, il faudra toutefois finir par se résigner à ce qu’elles soient perturbées.

«Il s’agit là du prix à payer pour préserver notre force et contribuer à préserver la sécurité des Canadiens et des Canadiennes», conclut le général.