COVID-19: qu’adviendra-t-il de l’opération UNIFIER en Ukraine

Un instructeur des Forces armées canadiennes explique aux membres des forces ukrainiennes les procédures de sécurité à respecter lors de l’inspection d’explosifs et de munitions, au cours de l’instruction à l’école de lutte contre les engins explosifs improvisés au centre de déminage qui se trouve à Kamyanets Podilsky, dans le cadre de l’opération UNIFIER, en Ukraine, le 19 septembre 2015. (Caméra de Combat des Forces canadiennes)
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Avec la pandémie de la COVID-19 se pose la question de l’avenir de l’opération UNIFIER et du sort des 200 soldats canadiens en Ukraine.

Dans le cadre de l’opération UNIFIER, la mission des Forces armées canadiennes (FAC) visant à soutenir les Forces de sécurité de l’Ukraine en leur offrant de l’aide en matière d’instruction sur la force de sécurité, le Canada envoie un groupe d’environ 200 membres des FAC en Ukraine chaque six mois.

Le chef d’état-major de la Défense, dans sa lettre du 13 mars, avait déjà statué que ceux et celles qui servent à l’extérieur du Canada, doivent rester en place, mais «adopter un régime et une posture de protection», ce qui signifie l’arrêt de tous les mouvements de troupes non essentiels la semaine dernière pour protéger l’armée de la COVID-19, tandis que les soldats qui participent à la mission de formation sont en confinement en raison de la pandémie.

Mais, aujourd’hui, avec la crise qui s’aggrave, les commandants sur le terrain, qui sont les mieux à même d’évaluer quelles sont les activités essentielles de chacune des missions, doivent se demander si les troupes doivent être remplacées, maintenues en place pour le moment ou retirées entièrement jusqu’à ce que la crise se calme.

Jusqu’ici, les répercussions de la COVID-19 sur les opérations des Forces armées canadiennes ont été les suivantes:

  • Tous les voyages internationaux par avion commercial ont été restreints. Cela inclut la possibilité pour le personnel de prendre congé d’une mission;
  • Les forces opérationnelles déployées ne participeront pas à des activités de formation, des exercices, des événements et des rassemblements publics qui mettraient les membres des FAC en danger ou contribueraient à la propagation de la COVID-19;
  • Certains membres des Forces armées canadiennes en opération s’isolent s’ils ont récemment voyagé ou s’ils pensent qu’ils ont pu être exposés à une personne atteinte de la COVID-19.

Jusqu’ici, aucun membre du personnel des Forces armées canadiennes en opération n’a été testé positif pour la COVID-19. Depuis plusieurs semaines maintenant, les Forces armées canadiennes ont mis en place des mesures préventives strictes sur l’ensemble de ses missions, basées sur les instructions diffusées par le Groupe des Services de santé des Forces canadiennes aux équipes déployées et sur les conseils des nations hôtes et partenaires.

Mais le cas de UNIFIER est un peu spécial: les soldats canadiens sont dans ce pays d’Europe de l’Est depuis l’été 2015, où ils donnent des formations aux forces ukrainiennes notamment pour désamorcer les engins explosifs artisanaux qui pourraient se retrouver dans l’est du pays.

Le contingent actuel est arrivé en Ukraine en octobre dernier et devait être remplacé par un nouveau groupe le mois prochain, mais ces plans sont maintenant en suspens en raison de la pandémie.

La capitaine Alexia Croizer, du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC), citée par La Presse Canadienne, a indiqué que les Forces armées canadiennes tenait compte de divers facteurs pour déterminer si on doit aller de l’avant avec la rotation — et elle communiquera bientôt sa décision aux soldats et à leurs familles.

La «pause opérationnelle» ne devait durer que trois semaines, mais dans une lettre adressée au personnel militaire la semaine dernière, Jonathan Vance a déclaré que les membres des Forces devaient «faire face à la réalité» que celle-ci pourrait durer plus longtemps pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus au sein des troupes.

L’ambassadeur d’Ukraine au Canada Andriy Shevchenko a déclaré que la mission de formation reste importante pour son pays et qu’il s’attend pour l’instant à ce que la rotation des troupes ait lieu comme prévu. L’ambassadeur cité lui aussi par l’agence de presse, anticipe tout de même des ajustements à la mission dans le contexte de la pandémie.

Les responsables ukrainiens de la santé publique ont signalé pour leur part 84 cas confirmés de la COVID-19 dans le pays mardi, et trois décès. Deux de ces cas ont été confirmés dans la ville de Lviv, dans l’ouest du pays, près de la base de certaines des troupes canadiennes.

Ailleurs dans le monde, des opérations tout aussi importantes que UNIFIER ont été suspendues ou ont réduit la voilure.

En raison de l’urgence de la COVID-19 et de la situation sécuritaire en Irak, la Mission de l’OTAN en Irak dirigée par la major-général Jennie Carignan, est de nouveau suspendue et certains membres de la mission ont été redéployés.

Et l’opération IMPACT, la contribution canadienne à la coalition antidjiadiste, a elle aussi adopté une posture défensive alors que le commandement central des États-Unis a ordonné cette semaine l’arrêt des opérations de toutes les forces déployées dans sa zone de responsabilité, qu’il s’agisse des commandements américains, ou de la coalition dirigée par les États-Unis.