Deux avions russes interceptés par des chasseurs canadiens et américains [VIDÉO]

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Vidéo du NORAD interceptant deux avions de reconnaissance maritime Tu-142 russes entrant dans la zone d’identification de défense aérienne de l’Alaska le lundi 9 mars. [North American Aerospace Defense Command]

Deux avions militaires russes ont été escortés lundi à distance de l’Alaska par des chasseurs canadiens et américains, qui les ont suivis jusqu’à ce qu’ils sortent de la zone d’identification de la défense aérienne, a indiqué mardi la sécurité aérienne des États-Unis et du Canada (Norad).

Deux avions de reconnaissance maritime Tu-142 «ont pénétré dans la zone au nord de l’Alaska et y sont restés pendant à peu près quatre heures», a indiqué le Norad dans un communiqué.

Le Norad avait intercepté deux bombardiers Tu-95 Bear dans les zones d’identification de défense aérienne de l’Alaska et du Canada en août dernier.

Le NORAD avait également deux avions militaires russes dans la zone d’identification de défense aérienne du Canada en janvier 2020, mais des bombardiers stratégiques Tu-160 Blackjack.

Mais ce genre d’incident demeure encore relativement rare.

Des chasseurs canadiens CF-18 et des chasseurs américains F-22, appuyés par des ravitailleurs KC-135 et un avion de surveillance AWACS, les ont escortés «pendant toute la durée de leur présence dans la zone», a ajouté le commandement américano-canadien.

La zone d’identification de la défense aérienne

La zone d’identification de la défense aérienne est un périmètre dans lequel le trafic aérien est surveillé par l’armée d’un ou plusieurs pays, au-delà de son espace aérien national, pour disposer d’un temps de réaction supplémentaire en cas de manœuvre hostile.

Les États-Unis en ont établi quatre, mais une dizaine d’autres pays ont également créé les leurs.

Celle de l’Alaska s’étend jusqu’à environ 320 km des côtes.

Carte de la zone d’identification de défense aérienne du Canada (CADIZ). [NAV CANADA]

Les zones d’identification de défense aérienne (ADIZ) sont des outils utilisés par les États pour surveiller et identifier les aéronefs qui s’approchent de leur espace aérien souverain et évaluer les menaces possibles pour la sécurité nationale. Il s’agit d’une pratique courante au sein de la communauté internationale et permet de disposer d’un temps de réaction supplémentaire en cas de manœuvre hostile.

Lors de l’incident du 9 mars, les appareils russes se sont approchés à 50 milles nautiques (90 km) de la côte de l’Alaska mais ils sont restés tout le temps dans l’espace aérien international.

Le NORAD dépassé ?

«Nos adversaires continuent de jouer des muscles avec leurs systèmes d’armes à longue portée et de s’engager dans des efforts de plus en plus agressifs, incluant les approches vers les États-Unis et le Canada», avait déclaré déclaré le général Terrence J. O’Shaughnessy, commandant du NORAD, en janvier.

Alors que les Russes testent ainsi le NORAD, les dirigeants politiques canadiens semblent ignorer les nombreux avertissement de responsables militaires canadiens et américains, dont le général O’Shaughnessy lui-même, selon lesquels la technologie sur laquelle repose le système NORAD est devenue obsolète.

Les États-Unis se sont dotés pour leur part d’un bouclier anti-missiles, avec la capacité de tirer sur les missiles entrants, mais le Canada a refusé de participer à ce programme et le NORAD, lui, ne peut pas identifier et suivre les bombardiers russes à longue portée avant qu’ils ne soient suffisamment proches pour lancer des missiles sur le continent, avait déclaré en janvier le commodore canadien Jamie Clarke, directeur adjoint de la stratégie du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord.

La dernière fois que la technologie de NORAD a été sérieusement mise à niveau remonte aux années 80, avant la fin de la guerre froide.

On ne cesse de parler de la modernisation du NORAD depuis plusieurs années, un projet de plusieurs milliards de dollars, mais, jusqu’ici, on ne voit rien venir.

*Avec AFP