La Corée du Nord tire deux missiles balistiques de courte portée en pleine crise du coronavirus

Le leader nord-coréen Kim Jong Un assiste au tir de projectile en compagnie de ses généraux. [KCNA]
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La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques de courte portée vers la mer du Japon, également appelée la mer de l’Est, a rapporté vendredi l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, citant des sources militaires sud-coréennes.

Ces missiles ont été lancés depuis la province du Pyongan du Nord (ouest), indique l’agence, qui cite plusieurs chefs d’état-major sud-coréens.

Alors que ces tirs ont été lancés en pleine crise sanitaire, l’armée sud-coréenne a jugé les tirs « extrêmement malvenus compte tenu de la situation difficile que le monde connaît en raison du Covid-19 », la maladie causée par le nouveau coronavirus.

Début mars, en pleine impasse sur les négociations entre Washington et Pyongyang sur les programmes nucléaire et balistique nord-coréens, le pays doté de l’arme nucléaire avait fait des tirs similaires à deux reprises.

Peu avant que Yonhap évoque les tirs, l’agence de presse officielle nord-coréenne (KCNA) avait annoncé une convocation le 10 avril de son Assemblée populaire suprême, son Parlement.

La Corée du Nord a multiplié depuis novembre les essais d’armement en l’absence de progrès dans les négociations par lesquelles les États-Unis espèrent lui faire abandonner son programme nucléaire.

Selon les analystes, Pyongyang affine peu à peu ses capacités, malgré les sanctions et les condamnations.

La péninsule coréenne avait connu en 2018 une remarquable détente, illustrée par des rencontres historiques entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

Mais les négociations sur la dénucléarisation sont au point mort depuis le deuxième sommet entre les deux dirigeants, en février 2019 à Hanoï.

«Restrictions draconiennes»

La Corée du Nord n’a rapporté aucun cas de contamination sur son sol, même si en Corée du Sud, beaucoup pensent qu’il y a pu en avoir. 

Peu avant que Yonhap n’évoque les tirs, KCNA avait annoncé une convocation le 10 avril de son Assemblée populaire suprême, son Parlement.

Pour les analystes, cela supposerait de rassembler quelque 700 personnes, alors que de tels regroupements ont été interdits dans de nombreux pays pour tenter de ralentir la pandémie de coronavirus.

« La Corée du Nord ne prendrait pas le risque d’organiser un événement politique national d’une telle ampleur si le régime n’était pas sûr d’empêcher ou de contenir la propagation du virus », a déclaré à l’AFP Rachel Minyoung Lee, analyste du site spécialisé NK News.

En revanche pour Leif-Eric Easley, les « restrictions draconiennes » de Pyongyang sur les déplacements, « la campagne pour le port de masques, la punition publique des élites ‘corrompues’ enfreignant la quarantaine et la hâte mise à construire des installations médicales laissent penser que le Covid-19 a pénétré dans le pays ». 

La Corée du Nord, qui a fermé ses frontières et adopté des mesures de confinement drastiques contre l’épidémie, clame régulièrement sa détermination contre un virus qui a infecté plus de 250.000 personnes dans le monde et fait plus de 11.000 morts.

Visé par des sanctions internationales en raison de ses programmes nucléaire et balistique interdits, le pays a un système de santé notoirement défaillant, et la prévention semble pour Pyongyang le seul moyen d’éviter une hécatombe.

Début mars, la présidence de la Corée du Sud, pays alors aux prises avec le coronavirus, avait annoncé avoir reçu de Kim Jong Un un message personnel de « réconfort » adressé aux Sud-Coréens. Depuis, l’épidémie a été largement maîtrisée dans ce pays.

Selon l’agence KCNA, Kim a assisté à une « compétition d’artillerie » au sein de l’armée vendredi, des photos le montrant avec d’autres officiers et aucun d’eux ne portait de masque.

En février, le Conseil de sécurité des Nations unies s’était dit prêt à adopter des exemptions humanitaires à ses lourdes sanctions économiques contre la Corée du Nord afin d’aider ce pays à lutter contre l’épidémie de coronavirus.