L’ancienne informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning a tenté de se suicider

En 2010 le soldat Manning, alors prénommé Bradley, avait fait fuiter plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d'Irak et d'Afghanistan. (AFP)
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L’ancienne informatrice américaine de WikiLeaks Chelsea Manning a tenté de se suicider mercredi, à deux jours d’une audience sur son refus l’an dernier de témoigner devant un grand jury, a indiqué son groupe de soutien.


Mise à jour 12/03/2020, 17h49

Un juge fédéral a ordonné la libération de Chelsea Manning de prison en Virginie.

Le juge Anthony Trenga a ordonné jeudi la libération de l’ex-informatrice de WikiLeaks Chelsea Manning qui, la veille, avait tenté de se suicider depuis la prison où elle était détenue en raison de son refus de témoigner devant un grand jury.

Ce grand jury ayant été dissous mercredi, «le tribunal considère que la comparution de Mme Manning n’est plus nécessaire et que son maintien en détention ne répond plus à un objectif de coercition», a décidé le juge.


«Elle a été conduite à l’hôpital et est actuellement en train de se remettre», a précisé dans un communiqué le Sparrow Project, une agence de presse et de communication proche de ses causes.

L’ex-analyste militaire « doit toujours comparaître » vendredi devant un juge d’un tribunal de l’État de Virginie pour répondre d’une accusation d’outrage à la justice.  

Chelsea Manning avait été incarcérée en mars 2019 pour avoir refusé de témoigner devant un grand jury chargé d’enquêter sur WikiLeaks et son fondateur, Julian Assange, à qui elle avait transmis en 2010 une masse de documents confidentiels.

Elle avait été brièvement libérée en mai 2019 pour une raison technique, avant d’être de nouveau incarcérée quelques jours plus tard.  

Elle reste aujourd’hui «très fermement décidée» à ne pas participer à cette procédure, «très susceptible» selon elle de conduire à des abus, a fait savoir son groupe de soutien.

«Mme Manning a indiqué précédemment qu’elle ne renierait pas ses principes, quand bien même cela devait lui porter de graves préjudices», a insisté le Sparrow Project.  

En 2010, le soldat Manning avait fait fuiter grâce à WikiLeaks plus de 700 000 documents confidentiels ayant trait aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, dont plus de 250 000 câbles diplomatiques qui avaient plongé les États-Unis dans l’embarras.

L’ex-analyste du renseignement avait été condamnée en 2013 à 35 ans de prison par une cour martiale, mais sa peine avait été commuée par le président Barack Obama.

Elle avait été libérée en mai 2017 après sept ans de prison, durant lesquels elle avait entamé sa transition vers le sexe féminin.

Chelsea Manning, née sous le prénom de Bradley, est aussi devenue une icône des personnes transgenres.