Le Canada veut une stratégie mondiale pour protéger les avions de ligne dans les zones de conflit

Photo diffusée le 11 janvier 2020 par le Conseil de la défense et de la sécurité nationales Ukrainienne montrant des experts autour des débris de l'avion ukrainien abattu "par erreur" par l'Iran après son décollage de Téhéran, le 8 janvier 2020. [AFP]
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Aujourd’hui, au Sommet de l’aviation qui s’est tenu dans la capitale américaine, le ministre canadiens des Transports, Marc Garneau, a fait valoir dans l’allocution qu’il a prononcé à Washington le rôle de chef de file que joue le Canada dans le domaine de la sécurité aérienne en présentant une nouvelle stratégie mondiale sur la sécurité aérienne.

Comme l’a annoncé le premier ministre Justin Trudeau lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le mois dernier, cette nouvelle initiative vise à améliorer la sécurité aérienne au-dessus ou à proximité des zones de conflit afin de prévenir de futures tragédies.

Les personnes qui voyagent d’une partie du monde à une autre ne devraient pas avoir à se soucier des dangers qui peuvent être évités. De plus, la sécurité des civils ne devrait pas être compromise dans les zones de conflit.

Le Canada est directement interpellé par cette question depuis l’écrasement d’un appareil d’Ukraine International Airlines abattu par l’artillerie iranienne au début de janvier près de Téhéran, tuant les 176 personnes à bord, dont 57 Canadiens.

Le ministre Garneau a aussi rappelé une tragédie similaire survenue au-dessus de l’Ukraine le 17 juillet 2014, quand un avion de la compagnie Malaysia Airlines avait été abattu au-dessus de l’Est séparatiste prorusse et que l’ensemble des 298 personnes présentes à son bord, en majorité des Néerlandais, ont péri.

Deux «tragédies évitables», a dit le ministre.

Outre les Canadiens qui ont péri dans l’écrasement du Boeing d’Ukrainian , plusieurs autres ’autres avaient des liens étroits avec le Canada, qui s’est engagé à collaborer avec ses partenaires, y compris des pays et des transporteurs aériens clés ainsi que l’Organisation de l’aviation civile internationale, afin d’améliorer la sécurité dans les zones de conflits.

Alors que le Canada continue de pleurer les personnes qui ont perdu la vie, le 8 janvier 2020, lorsqu’a été abattu le vol PS 752 du transporteur Ukraine International Airlines en janvier, le pays s’est engagé à collaborer avec ses partenaires, y compris des pays et des transporteurs aériens clés ainsi que l’Organisation de l’aviation civile internationale, afin d’améliorer la sécurité dans les zones de conflits.

La stratégie sur la sécurité aérienne s’appuie sur les importants travaux réalisés par les Pays-Bas et sur les efforts déployés par l’Organisation de l’aviation civile internationale après que le vol MH 17 du transporteur Malaysian Airlines a été abattu en 2014. Cette nouvelle initiative vise à établir un ensemble commun de pratiques pour la transmission de l’information et la diffusion d’avertissements et de restrictions, ainsi qu’à améliorer les pratiques en matière de gestion des risques de l’industrie de l’aviation.

Pour atteindre ces objectifs, le Canada dirigera les efforts de collaboration entre les pays partenaires afin d’assurer une meilleure diffusion de l’information, des avertissements et des directives concernant les espaces aériens dangereux à éviter et d’améliorer les protocoles de sécurité ainsi que les pratiques opérationnelles des transporteurs aériens.

«Le Canada a été profondément touché par la tragédie du vol PS 752. Nous avons le pouvoir, en tant que collectivité mondiale, de nous assurer que cela ne se reproduise plus. L’objectif de la stratégie sur la sécurité aérienne est d’amener les pays à prendre des mesures immédiates pour réduire le risque, tout en favorisant la mise en place d’améliorations à long terme au sein du système mondial de l’aviation. Le Canada est très fier de la collaboration de longue date qu’il entretient avec ses partenaires du monde entier et du rôle qu’il joue pour contribuer à rendre ce monde meilleur et plus sécuritaire.», a déclaré le ministre canadien des Transports.

Le ministre Garneau, cité par La Presse Canadienne, a déclaré qu’à la suite de la tragédie du 8 janvier en Iran, le Canada avait déjà transmis deux avis aux transporteurs aériens afin qu’ils évitent l’espace aérien libyen et syrien. «Nous commençons déjà à mettre en pratique certaines des choses qui, selon nous, feront partie de la stratégie sur la sécurité aérienne.»

Il a également indiqué que l’initiative avait le soutien des États-Unis, où l’Administration fédérale de l’aviation exploite déjà un système conçu pour tenir les pilotes et les transporteurs américains informés des risques potentiels.